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Courrier des Lecteurs

Quatre sociétés de bourse dévoilent leurs prévisions 1999

Par L'Economiste | Edition N°:461 Le 11/03/1999 | Partager

· CFG, BMCI-Bourse, Upline Securities et Safabourse nuancent le climat d'attentisme

· Fourchette de performance 1999 de 14 à 18%

· Avis très partagés sur les meilleurs secteurs

· L'Economiste: La place est actuellement en phase d'attentisme. A côté de l'annonce des résultats des sociétés cotées, quels sont les facteurs susceptibles d'inverser la tendance actuelle?
-BMCI Bourse: Je dirais éventuellement les prochaines privatisations, les nouvelles introductions avec Maghreb Oxygène, Bimo, Cristalstrass, RMA... A cela s'ajoutent l'annonce de projets d'investissements, de développement et le lancement de nouveaux produits.
A mon avis, l'annonce des résultats 1998 des sociétés cotées n'aura pas d'impact significatif sur la place du fait qu'ils sont déjà anticipés et donc intégrés dans les cours.
L'arrivée des résultats aura pour effet de soulager les épargnants et ramener la place à sa tendance haussière normale. Ce qui peut jouer sur l'environnement boursier, ce sont les éléments exceptionnels, à savoir les augmentations de capital, les rumeurs de fusion, de rapprochements, de rachat...
En parallèle, il faut que la confiance reprenne entre investisseurs.
L'épargnant national s'est habitué aux périodes euphoriques de 1996 et 1997. Face à l'environnement volatile, il a perdu confiance.
-CFG: Tout d'abord, il faut préciser que le climat d'attentisme n'est pas général. L'attentisme règne sur certaines valeurs seulement de la cote. En témoignent les variations hebdomadaires de l'indice CFG 25 et les volumes relativement importants. Ceci signifie qu'il existe actuellement des arbitrages.
Concernant les résultats, il existe deux scénarios. Le premier: les résultats correspondent aux attentes. Et là, il n'y aura pas d'effets notoires. Dans le cas contraire, les cours devraient s'ajuster à la hausse ou à la baisse, suivant l'ampleur de la bonne ou mauvaise surprise.
-Upline Securities: L'attentisme a toujours caractérisé cette période de l'année avant l'annonce des résultats des sociétés cotées. Cependant, il ne faut pas oublier que les niveaux des cours actuels traduisent déjà les résultats. Ce qu'on observera lors de la publication des résultats ne sera qu'une réaction du marché face aux anticipations. L'élément qui peut bousculer cet attentisme est nécessairement l'offre de papier intéressant. A ce moment, il y aura des arbitrages opérés sur le marché. Une bonne introduction réalise une plus-value de 15 à 30% sur un horizon très court. Dans une perspective de +14% de performance du marché sur l'année, l'apport est important.
-Safabourse: La morosité de la place que nous connaissons depuis plusieurs mois déjà est due à trois principales raisons:
·Les crises asiatique et russe qui ont provoqué le départ des étrangers suite à un manque de confiance dans les places émergentes.
· La cherté de la place de Casablanca et le niveau de valorisation élevé des sociétés.
· La révision à la baisse des résultats annuels après la publication des résultats semestriels 98.
Maintenant, en ce qui concerne l'impact de la publication des résultats 1998, si l'on reste dans les prévisions, l'effet sera bénéfique pour la place.
S'agissant des facteurs d'inversement de tendance. Ils sont nécessairement liés aux introductions de qualité. En ce moment même, il existe une multitude de sociétés en phase de préparation.

Le processus de privatisation à relancer


Parallèlement, le processus de privatisation doit être relancé.
S'y ajoute la préparation d'un plan de communication de grande envergure de la place.

- Dans le contexte actuel, quels sont vos prévisions de la performance en 1999?
-BMCI Bourse: En tenant compte de la volatilité du marché et des analyses empiriques effectuées, nous tablons sur une performance aux alentours de 17-18%.
-CFG: Nous restons prudents concernant la performance 1999, sachant que nous anticipons un net ralentissement de la croissance bénéficiaire.
-Upline Securities: Dans le contexte macro-économique global (croissance du PIB, déficit budgétaire, inflation...), les perspectives d'évolution de la performance de la place se situent autour de 14% en 1999.
-Safabourse: En tenant compte des prévisions macro-économiques, nous tablons sur une performance autour de 15% en 1999.

- Quels sont les secteurs-phares en 1999?
-BMCI Bourse: Le secteur des cimenteries garde son attrait en 1999 vu le fort potentiel de développement et la solidité de son actionnariat. Il est considéré actuellement comme l'un des secteurs blue-ships de la place.
A côté, il y a les sociétés financières. Vu les bons fondamentaux de ces sociétés, nous les considérons comme l'un des secteurs-phares pour cette année. En outre, des
opérations de rapprochement de certaines de ces sociétés verront certainement le jour dans les années à venir vu la concurrence acerbe. L'impact de ce type d'opérations serait bénéfique sur les cours. Pour les bancaires, nous sommes actuellement neutres. C'est un secteur qui arrive actuellement à saturation.
Les valeurs qui font grise mine actuellement au niveau des bancaires sont CIH et BNDE. Cependant, nous pensons qu'à long terme CIH est une valeur qui devrait superformer le marché. BNDE est, elle, une valeur qui se redresse progressivement. Nous pensons qu'il devrait y avoir probablement un preneur cette année. L'avenir dans ce secteur est aux métiers nouveaux, parabancaires, peu consommateurs en fonds propres et rémunérateurs. Dans l'agro-alimentaire, nous sommes aussi optimistes, le cas de Brasseries du Maroc, de Centrale Laitière par exemple.
Pour le cas de Cosumar et de Lesieur, les perspectives restent tributaires du parachèvement du processus de libéralisation.
-CFG: Les sociétés de crédit à la consommation présentent un potentiel de croissance intéressant mais au risque relativement élevé.
il pourrait y avoir un ralentissement assez net dans les conglomérats pour des raisons conjoncturelles.
Pour les banques, elles devraient faire plus ou moins comme le marché en 1999. Le secteur devrait continuer à subir la détérioration des marges d'intermédiation.
-Upline Securities: Nous conseillons à nos clients les sociétés qui se traitent à des multiples proches de leur valeur comptable. En cas de correction du marché, ces valeurs sont les moins touchées. Maintenant par secteur, nous sommes très confiants dans les sociétés de crédit à la consommation et les banques. Les holdings disposent aussi de bons potentiels de croissance.
Le secteur du raffinage est un secteur très prometteur avec d'importantes perspectives de développement.
-Safabourse: Parmi les secteurs-phares en 1999, celui des sociétés de financement. Liées directement à la consommation des ménages, elle-même tributaire de la croissance en général, ces sociétés ont de bonnes perspectives de croissance. Deuxième secteur à fort potentiel, les cimenteries. Après la quasi-stagnation des ventes de ciment en 1998, le redémarrage du programme des 200.000 logements. Les efforts entrepris en ce début de 1999 pour relancer les OST (organismes sous tutelle) et les rappeler à leur objectif initial, ainsi que les paiements des arriérés de l'Etat pourraient donner un nouveau souffle au secteur. En ce qui concerne les banques, elles gardent tout leur attrait en 1999 dans la mesure où elles ont entamé leur diversification dans les métiers rémunérateurs. Avec toutes les opérations qui devraient avoir lieu, en termes de fusions, acquisitions, le secteur demeure conseillé mais dans une mesure moindre que les sociétés financières et les cimenteries.

- Comment se comporte l'investisseur marocain au-jourd'hui. A-t-il atteint le stade de la maturité ou reste-t-il simple spéculateur?
-BMCI Bourse: La maturité s'installe petit à petit auprès des petits porteurs. Après les corrections du second semestre 98, l'épargnant a compris que son arbitrage à lui seul ne suffisait pas. Actuellement, les petits porteurs se renseignent avant d'investir, demandent de plus en plus conseil auprès des professionnels.
-CFG: Pour analyser le comportement des investisseurs, il faut d'abord les diviser en deux catégories: celle des institutionnels qui sont déjà professionnalisés et celle des petits épargnants. Pour ces derniers, je pense qu'il subsiste encore un déficit d'information et de pédagogie de la part des professionnels. Ce déficit peut amener parfois à observer des comportements irrationnels. Pour accompagner cette maturité, il faudra alléger le déficit en matière de communication. Le road-show était une bonne expérience. Il faut maintenant récidiver en lançant périodiquement des mini road-shows par exemple.
-Upline Securities: Le petit épargnant reste en général le moins averti du marché. Je pense qu'il devrait déléguer davantage son épargne à des professionnels. S'agissant de la spéculation, il ne faut pas oublier que c'est un élément important pour alimenter la liquidité du marché.
-Safabourse: Les investisseurs sont de plus en plus mûrs. Au niveau des départements analyses et recherches, les clients sont constamment en quête d'informations pertinentes et de qualité.
La maturité s'est installée d'elle-même. Après les corrections subies lors des années 1997 et 1998, l'épargnant a compris que l'on ne peut pas toujours gagner en bourse.
La maturité se confirme par le montant des encours gérés par les OPCVM et la croissance du nombre de mandats de gestion. Ceci signifie que les épargnants confient de plus en plus la gestion de leur épargne à des professionnels.

- Quels sont les facteurs qui jouent en défaveur de l'efficience de la place?
-BMCI Bourse: Ce n'est pas seulement le manque de papier qui joue actuellement en défaveur de la maturité de la place. Autre élément important: la valorisation des sociétés introduites.
Société de bourse
tierce

A ce niveau, nous pensons que le CDVM devrait soit nommer une société de bourse tierce pour effectuer une contre-expertise de l'évaluation, soit permettre aux différents analystes des sociétés de bourse d'accéder aux comptes pour l'évaluation de la société en question bien avant son introduction.
Autre facteur nuisible, le manque de liquidité de certaines valeurs. Par ailleurs, l'existence d'un second marché opérationnel aurait un effet bénéfique sur la place. A ne pas négliger aussi un plan marketing de taille pour ramener plus de capitaux étrangers.
-CFG: L'élément le plus important est la cherté de la place. En effet, le niveau de valorisation important par rapport aux places voisines constitue un facteur négatif vis-à-vis des investisseurs étrangers.
A cela s'ajoutent le manque de papier et la faiblesse du capital flottant en bourse. Il est impératif que tous les professionnels, organismes de conseils et SBVC inclus, entreprennent des actions de communication continue auprès des émetteurs pour encourager les introductions en bourse. Dans le même ordre d'idées, il faut rappeler la place que pourrait jouer le deuxième compartiment plus incitatif.
-Upline Securities: A mon avis il existe encore une contradiction de taille. D'un côté, l'offre potentielle sur le marché des capitaux est significative et devrait progresser dans une perspective de baisse des taux d'intérêt à court terme. D'un autre côté, la demande existe.
Seulement, le lien entre les deux parties demeure difficile à établir.
En ce qui concerne les sociétés cotées, il faut souligner que la publication du bilan n'est pas suffisante. Parallèlement, ces sociétés doivent aussi publier leur compte de résultat et les autres états complémentaires. Objectif: mieux juger ces sociétés.
A cela s'ajoute le niveau élevé de la valeur nominale des actions des entreprises cotées. La révision à la baisse de cette dernière aura un impact significatif sur la liquidité de la place.
Autre anomalie du marché, les variations importantes des cours sur le marché central pour des paquets très réduits. Je pense qu'il faut instaurer sur ce compartiment un système de bloc minimum au-dessous duquel la transaction n'a pas lieu.
-Safabourse: Le problème de liquidité reste le talon d'Achille de la place. Avec les introductions programmées pour cette année, la problématique sera atténuée. Ce qu'il faut voir aussi, c'est le déficit de communication dont souffre la place, d'abord vers les émetteurs ensuite vers les investisseurs.
A ne pas négliger les efforts entrepris jusque-là. Outre l'arsenal technique et juridique mis en place, la Bourse de Casablanca présente une forte rentabilité. Donc, il y a matière à vendre.

Propos recueillis
par Yousra MAHFOUD

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