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Quand les routes se transforment en couloirs de la mort

Par L'Economiste | Edition N°:515 Le 26/05/1999 | Partager

· Plus de 3.000 tués tous les ans

· Coût des accidents à la Collectivité: 2% du PIB

· En cause: Application laxiste de la loi entre autres


Le terrible accident de la circulation intervenu dimanche dernier à Casablanca a cruellement rappelé combien les routes marocaines étaient parmi les plus meurtrières au monde. En moyenne, plus de 3.000 personnes y trouvent la mort chaque année, soit à peu près l'équivalent d'une petite ville. Et la tendance ne faiblit pas. Bien au contraire: Les chiffres les plus récents, ceux de 1998 sont tout aussi alarmants: 3.242 personnes ont été tuées dans les 41.500 accidents de circulation recensés l'an dernier. Un bilan en hausse de 5,2% par rapport à 1997. A Rabat, la tutelle se fixe l'objectif de réduire le nombre de morts sur les routes d'un quart dans les cinq prochaines années. Il faut espérer qu'il s'en donnera les moyens.
Au delà des drames humains, ces accidents représentent une lourde charge pour la collectivité nationale. A en croire les évaluations du Ministère du Transport et de la Marine Marchande, les accidents de la route coûtent à la Nation 8 milliards de DH par an, soit l'équivalent de 2% du Produit Intérieur Brut. L'onde de choc de l'émotion provoquée par la mort de douze jeunes enfants dans l'accident d'il y a cinq jours est arrivée jusqu'au Parlement. Les élus ont d'ailleurs interpellé le ministre des Transports et de la Marine Marchande, M. Mustapha Mansouri, sur les circonstances de cette tragédie. D'abord, un terrible constat: sur les trois véhicules impliqués dans la collusion, un seul était équipé du chronotachygraphe. Certes, cela n'aurait peut-être pas évité l'accident, mais les enquêteurs auraient disposé d'éléments essentiels pour leurs investigations. Il faut noter au passage que l'obligation d'installer le tachygraphe sur les véhicules de plus de 3,5 tonnes est obligatoire depuis trois ans. Hormis quelques entreprises organisées, la grande majorité des véhicules de transport de marchandises et les autocars de voyageurs ignorent impunément la loi. Enfin, tant qu'on peut "acheter" la route...

Coïncidence ou pas, toujours est-il que, c'est hier mercredi 26 mai, la Commission spéciale chargée par le ministre du Transport d'étudier l'opportunité de généraliser le chronotachygraphe sur les petits camions de transport public de marchandises a rendu publiques ses conclusions.
Devant l'émotion suscitée par l'accident de Nouaceur, tout indique en effet que le gouvernement n'accédera à aucune des exigences de petits opérateurs de transport qui réclamaient l'abandon du mouchard. Dans l'immédiat, il a été décidé que tous les camions et véhicules neufs seront dorénavant équipés d'un chronotachygraphe. Par ailleurs, sous peine d'être accusé de laxisme par une opinion encore sous le choc, le gouvernement ne peut donner suite à la demande de tolérer la surcharge que pratiquent de petits transporteurs. D'ores et déjà, depuis avant hier mardi, les équipes de contrôleurs du Ministère sont positionnées dans les gares routières du pays et procèdent à des vérifications inopinées et "rigoureuses" sur les véhicules. Aucun transporteur ne prendra la route si son véhicule présente le moindre défaut. Si ce dispositif marche, ce sera tout simplement pas moins de la moitié du parc des cars qui serait cloué au parking. A Rabat, on jure que l'opération était prévue de longue date en prévision de la densification de la circulation en cette période de l'année et qu'elle n'a rien à voir avec le tragique accident de dimanche dernier.

Le combat contre ce qu'un haut cadre du Ministère qualifie de "guerre" ne peut aboutir qu'à condition de toiletter de fond en comble le fonctionnement et l'organisation du secteur d'une part et de faire appliquer enfin la loi, d'autre part. Le permis de conduire d'abord. Dans un passé récent, n'importe qui pouvait le décrocher comme on va acheter du pain sur le rayon "pâtisserie" d'une grande surface. Les taux de réussite dans les auto-écoles frisaient les 100%. Depuis l'an dernier, au grand dam des gérants des auto-écoles, le système d'examen d'obtention du permis a été durci. Du coup, la moyenne nationale d'admission est retombée à 70%, selon le Ministère des Transports. Ce qui a provoqué des remous dans la profession des formateurs.
Quel que soit l'état des routes, la manière, dont la prévention a été conduite jusqu'à présent, montre plus que jamais des limites. L'heure est peut-être venue d'évaluer "objectivement" l'action, les structures et le fonctionnement du fameux Comité National de Prévention des Accidents de la Circulation (CNPAC). Son seul et unique mérite, est de pouvoir réunir les différents intervenants intéressés par la sécurité routière, pour qu'elle ne soit plus confondue avec l'insécurité routière.

Abashi SHAMAMBA



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