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Politique

Quand le PJD fait son «cinéma»

Par L'Economiste | Edition N°:2426 Le 20/12/2006 | Partager

. Pour El Otmani, rien ne va plus au Maroc . Banques islamiques, formation… le programme du parti. Toutes les circonscriptions couvertes en 2007 DIMANCHE 17 décembre, le cinéma «Empire» de Fès s’est transformé en une véritable salle de prière. «Près de mille personnes» s’y sont rendues pour rencontrer les leaders du parti «islamiste». Pour la petite histoire, les organisateurs ont veillé à ne pas mélanger hommes et femmes. Bref, chacun de son côté pour ce rendez-vous donné par le bureau régional du Parti de la justice et du développement (PJD) de Fès. Ce dernier a pourtant oublié un petit détail: c’est que le lieu de la rencontre n’était pas «aussi saint». Combien de scènes de sexe, de violences et de films indiens (principale spécialité de l’Empire) ont été présentés dans cet endroit. Toutefois, ce jour-là, la salle était totalement «religieuse», chants et musiques sacrés accueillant les visiteurs. Les animateurs de la rencontre, Saâd Eddine El Otmani, le secrétaire général du PJD, et Lahcen Daoudi, membre du secrétariat général du PJD, ont démarré leur show à 11 h. Pour le premier, «rien ne va plus au Maroc». De fait, El Otmani dit qu’il n’arrive toujours pas à comprendre «comment au Maroc, le coût de la vie augmente et la pauvreté diminue, alors que les salaires restent figés». Sur un autre registre, «nous constatons ces derniers temps, indique-t-il, que le gouvernement est déstabilisé. Et ceci n’est que le fruit du mode de scrutin adopté en 2002. Donc, pour évoluer, nous appelons les citoyens à participer massivement lors des prochaines élections». C’est clair. Le PJD a démarre sa campagne électorale. Pour cela, il use de tous les moyens pour «convaincre». «Le zéro siège que nous avons eu lors des élections du tiers de la 2e Chambre des conseillers, nous le considérons comme un 20/20 pour notre transparence et notre crédibilité», souligne El Otmani. Et d’ajouter que «la majorité des membres exécutifs du Parti habitent dans des maisons en location. Ils resteront dans ces maisons et seront en permanence en contact avec leurs électeurs. Nous ne serons jamais des extraterrestres comme le sont devenus ceux qui occupent les postes de responsabilité aujourd’hui». Mais la plus forte révélation dans ce cinéma est celle relative au Premier ministre. Selon le SG du PJD, «Driss Jettou aurait affirmé, lors de son dernier déplacement en France, que la composition du gouvernement restera la même en 2007». «De quelle démocratie parle-t-on, si les résultats du scrutin sont connus d’avance?», s’interroge El Otmani. De son côté, Daoudi a préféré le langage des chiffres. En tant qu’économiste, le vice-président du PJD a noté que le déficit entre les exportations et les importations du Maroc est passé de 26,5% en 1997 à plus de 47% aujourd’hui. Daoudi dira, par ailleurs, que les projets INDH sont seulement à 14% de leur réalisation et qu’il y a une liquidité de 180 milliards de DH dans les banques marocaines. C’est dire qu’il y a trop de chiffres à retenir et le discours choisi est axé sur des problématiques qui dépassent le niveau intellectuel de l’auditoire. . Programme «chargé»Daoudi le sait et pour qu’il soit plus clair, il a annoncé «qu’au Maroc la démocratie est en danger et que l’heure est pour la dénonciation (tahyah). Il y a des «Escobar» qui ont intégré la politique. Ils détiennent le pays et ce serait très difficile de les éliminer, mais nous pouvons relever ce défi». Ainsi, Daoudi annonce que son parti a décidé d’investir toutes les circonscriptions du pays lors des prochaines élections. Côté programme, le PJD compte «d’abord créer des banques islamiques, encourager les investissements, lutter contre le pourrissement et généraliser la formation». Mais pour bon nombre d’observateurs, si un congrès d’un parti est l’occasion rare de décrypter son discours politique et le dessein de ses leaders, celui du PJD à Fès est l’illustration concrète d’abord d’un cérémonial dépourvu, dans une large mesure, d’innocence. Tout y est: conditionnement de l’individu par la religion, séparation des sexes, vêtements typiques et chants de «guerre». Quant au discours, il vise fondamentalement les populations en proie aux difficultés de la vie. En clair, les classes socioprofessionnelles modestes.Jihad RIZK

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