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    Publicité comparative : La Justice interdit la campagne des 3 Suisses contre La Redoute

    Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager


    Le verdict est tombé. Le tribunal de Lille (France) a condamné, mercredi 9 août, les 3 Suisses à annuler l'ensemble de sa campagne de publicité comparant leur nouveau service de livraison gratuite en 24 heures à celui, en 48 heures, de La Redoute. L'ordonnance prise par le tribunal exige "la cessation immédiate de ladite publicité par voie de presse, par voie d'affichage panneau ou tout autre support de publicité, à peine d'une astreinte de 500.000 FF par jour de retard et par infraction". Les 3 Suisses est également condamné à verser 20.000 FF de dommages et intérêts à son concurrent. Décision très sévère, estime la direction des 3 Suisses qui a interjeté appel.
    Ce cas, qui pourrait faire jurisprudence, relance le débat sur la publicité comparative autorisée, en France, par la loi Neiertz du 20 janvier 1992 sur la protection du consommateur. Comme toute publicité, elle ne doit pas être déloyale et trompeuse, et nécessite l'accord du concurrent avec lequel la comparaison est effectuée. Les 3 Suisses avait ainsi soumis son projet à La Redoute, mais ont passé outre l'opposition de cette dernière. Après plusieurs réunions de conciliation sans succès, La Redoute a porté l'affaire en justice. Motif invoqué: la comparaison ne porte pas sur le même service, la livraison annoncée par des 3 Suisses n'offrant pas de garantie de délai, contrairement à son propre système.

    Conçues par l'agence de publicité BDDP, les affiches sont formées d'un premier encart sur fond bleu nuit indiquant: "1984, La Redoute inventait les 48 heures chrono", tandis qu'un second annonce sur fond rouge: "1995, 3 Suisses invente le 24 heures gratuit".
    Selon une bonne partie de la presse française, le jugement a essentiellement repris l'argument de La Redoute. Le tribunal estime en effet que la publicité litigieuse comporte "l'existence d'un dommage imminent et d'un trouble illicite de nature à entraîner un préjudice important pour La Redoute ainsi dévalorisée par une campagne publicitaire agressive". De l'avis du juge, dont l'appréciation porte sur le coloris et le temps, La Redoute est présentée comme une société désuète par opposition à son concurrent qui bénéficie d'une image résolument moderne et dynamique.
    Les responsables des 3 Suisses considèrent que la décision du tribunal va "rendre impraticable la loi Neiertz et pénaliser les entreprises challengers, pour lesquelles elle peut être bonne, tout en assurant une rente de situation aux sociétés les plus fortes."

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