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    Dossiers

    Programmes, langues, profs L'avis des parents

    Par L'Economiste | Edition N°:295 Le 11/09/1997 | Partager

    Plus de la moitié des parents d'élèves jugent l'éducation satisfaisante. Ils n'hésitent pas à reconnaître leur rôle dans la formation. Toutefois, une part non négligeable des parents souhaitent l'introduction de matièresnouvelles afin de diversifier le programme. Rappel de l'avis des parents sur l'éducation de leurs enfants, révélé par une récente enquête de L'Economiste


    La scolarisation de la petite fille, le choix des langues d'enseignement, l'éloignement de l'école, l'âge d'accès à l'en-seignement, le contenu des programmes, la qualité des enseignants, la surpopulation des classes; tels étaient les points saillants relevés par l'enquête de L'Economiste et Sunergia réalisée en avril dernier. Rappelons que cette enquête a touché une population composée de 1.080 ménages, y compris ceux dont les chefs de famille sont illettrés. Afin de garantir la représentativité de l'étude, les enquêteurs ont atteint des régions reculées du monde rural et ont touché toutes les grandes villes du Royaume.
    Il ressort de cette étude que les parents d'élèves ne sont pas tout à fait déçus du système de l'éducation. En effet, 58% des sondés trouvent que l'éducation est correcte ou plutôt correcte dans son ensemble. Pour eux, les enfants jouent un rôle important dans la réussite du système. Et derrière les enfants, il y a bien sûr les parents. Ces derniers doivent donc être de «bons profs» afin de faciliter la tâche aux enseignants de l'école. 54% des ménages défendent cette idée. Les enseignants, quant à eux, sont jugés compétents ou très compétents par 51% de la population. 24% des cas pensent que les enseignants sont «moyens». Les parents voudraient toutefois juger les instituteurs au cas par cas, ce que ne permettait pas le questionnaire.

    Mythe à enterrer


    Il est à signaler par ailleurs que beaucoup de contacts ont lieu entre les parents d'élèves et les enseignants. Ces contacts sont effectués à travers les bureaux de parents d'élèves dans les écoles, mais aussi par le biais de visites directes. Ce dernier cas représente 68% des sondés. Ce sont en général les parents les moins jeunes qui rendent le plus de visites aux enseignants de leurs enfants.
    L'éloignement des écoles ne constitue plus d'obstacle. A peine 3% des familles le signalent encore. Pour le reste de la population «c'est un mythe à enterrer». 68% des sondés habitent à moins de 15 mn de l'école.
    Les enfants de 32% des urbains et 25% des ruraux mettent entre un quart d'heure et une demi-heure pour se déplacer jusqu'à leur école.
    Par ailleurs, 31% de l'échantillon questionné conteste le système. Les sondés souhaitent que le nombre d'élèves par classe soit ramené à 20. Dans l'ensemble, les propositions varient entre 10 et 50 élèves par classe, et ce pour le fondamental. Il existe même des parents qui ont proposé 80 élèves par classe. De quoi se retrouver dans de petits amphis.

    Sport omis


    Concernant le programme enseigné, les réponses n'étaient pas tout à fait précises, puisque les sondés (surtout ceux dont le niveau d'instruction est faible), n'avaient aucun critère de comparaison. A peine 12,7% des familles trouvent que le programme est adapté aux besoins de leurs enfants. Les sans-réponses sont 36,7%, tandis que les ménages ayant affirmé que le programme est moyennement adapté représentent 34,4%. La partie qui juge que le programme n'est pas du tout adapté ne constitue que 16,2% de l'échantillon. Il apparaît que l'insatisfaction croît avec l'élévation du niveau de vie.
    Au niveau de la langue d'enseignement, et pour 94% des parents questionnés, l'époque de l'arabisation est révolue. C'est désormais le français et l'anglais qui sont les mieux cotées. Ce sont les langues d'avenir. 75,2% des sondés jugent que le français est une langue indispensable et 52% la choisissent comme une langue d'enseignement et non pas comme une simple langue étrangère. Les parents veulent aussi que cette langue soit enseignée à l'âge d'entrée à l'école qui est de 7 ans. La langue anglaise a eu également un bon classement. Elle vient en troisième position après le français et l'arabe. Elle est choisie surtout pour son universalité. Viennent après le tamazirt, l'espagnol, l'allemand, l'italien... et à la surprise de tous le russe.

    Côté matières scolaires, là encore les parents ne savent pas vraiment ce qu'il faut pour leurs enfants. L'informatique, la musique, l'éducation religieuse, la formation professionnelle ou les bonnes manières sont des disciplines qui reviennent dans la bouche des parents. L'informatique vient à la tête des matières demandées dans le programme pour un petit pourcentage de 11,1%. Ceux qui optent pour la musique et le dessin représentent respective-ment 5,8 et 4,8%. Ce sont surtout les parents ayant un bon niveau d'étude qui ont l'attrait pour ces activités. Les illettrés, quant à eux, ne sont pas tout à fait branchés pour ces disciplines. Pour preuve, à peine 0,5% de cette population plaide pour l'ordinateur.
    Si certains parents veulent l'intégration de nouvelles matières, d'autres sont pour la suppression de certaines disciplines du programme scolaire. Les matières que certains parents (représentant un très faible taux) veulent enlever sont la technologie, les matières scientifiques, l'éducation religieuse, Echakl et l'histoire de France.
    Pourtant importantes, certaines disciplines ont été omises par les parents. Il s'agit par exemple du sport ayant récolté un score médiocre (2% des familles l'ont proposé) et le théâtre qui n'a retenu aucun intérêt de la part des chefs de famille.

    La petite fille et l'école


    Les petites filles ne vont pas toutes à l'école. Pour cause: «il faut aider sa maman aux travaux de la maison». 25% des parents donnent cette réponse pour leurs filles ayant moins de 16 ans. 20% des filles arrêtent leurs études avant 12 ans pour la raison citée. Après, c'est le mariage qui les empêche à poursuivre leur scolarisation. Mais pour 18% des cas, c'est la grande fille qui ne veut plus aller à l'école. En fait, ce sont les chefs de famille illettrés (32% de l'échantillon) qui affirment des réticences à l'envoi de leurs fillettes à l'école.
    Dans l'ensemble de l'échan-tillon, 86% des parents scolarisent leurs petites filles âgées entre 7 et 12 ans. A comparer avec les garçons, la proportion monte à 94%. Par ailleurs, l'enquête a relevé 6 cas seulement de parents qui refusent d'envoyer leurs filles à l'école, pour des raisons religieuses. o

    Hicham RAÏQ

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