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    Economie

    Programme des 200000 logements : 200000 Dirhams pour être logé décemment

    Par L'Economiste | Edition N°:152 Le 03/11/1994 | Partager

    Le programme des 200.000 logements concerne une population à faible revenu. Il s'agit de logements décents dont le prix n'excède pas les 200.000 Dirhams et dont la superficie est au minimum de 70m2. Une stratégie a été élaborée par le Ministère de l'Habitat pour concilier pris et qualité.

    Le contour du programme des 200.000 logements se dessine enfin. Le Ministère de Habitat a défini la population cible pouvant accéder aux logements sociaux. Une grille des venus a été déterminée avec la part affectée au remboursement. Une aide substantielle des pouvoirs publics est prévue, avec des relations contractuelles sur 25 ans avec les acquéreurs. "Ce qui permet de verrouiller le système et l'éviter le glissement des logements d'une catégorie sociale à l'autre", souligne M . Mohammed A. Benhaddou, directeur des Affaires techniques au Ministère de l'Habitat. En fait, cela évite purement et simplement le phénomène de spéculation après acquisition.

    Le programme prévoit des habitations décentes à 200.000 Dirhams et d'une superficie de plus 70m2. Pour M. Benhaddou, "il fallait avant tout mettre en place les mécanismes de l'engagement de cette politique de logements sociaux".

    Le Ministère de l'Habitat a ainsi adopté les mécanismes nécessaires pour rendre le projet itératif.

    Afin de respecter les "Hautes Directives de Sa Majesté le Roi Hassan II, précise M. Benhaddou, le logement social doit être avant tout un logement décent". C'est pourquoi il faut concilier prix et qualité. Le travail a été effectué an collaboration avec les bureaux d'étude et les concepteurs pour élaborer une stratégie recensant les différentes économies envisageables tout en respectant les normes de qualité minimale. Ces différentes réflexions permettront de réaliser des économies sur le gros oeuvre. Cette partie concerne prés de 65% du coût du logement. " Une économie de 10% sur le gros oeuvre équivaut à une réduction de 6,5% du coût global du projet", fait remarquer M. Benhaddou. Il rappelle toutefois qu'économie ne signifie pas diminution de quantité des matériaux, mais dialogue avec les différents intervenants sur les moyens à mettre en oeuvre pour respecter cette politique.

    Quant au second oeuvre, dans le cadre du Salon International du Bâtiment, le Ministère de l'Habitat a tenu à sensibiliser le large panel de fournisseurs potentiels en matériaux de construction sur leur apport éventuel dans le cadre du programme des 200.000 logements. "Les producteurs de matériaux doivent imaginer des matériaux originaux à des prix intéressants pour contribuer à minimiser les coûts de la construction", souligne-t-il.

    La pratique de tels prix implique nécessairement la réalisation de grands programmes, afin de minimiser les coûts. Cette politique des grands programmes exclut la création de "ghettos mono-couche".

    Si le logement social demeure prioritaire, d'autres types de logements sont prévus. L'orientation s'effectue vers la création de villes nouvelles. "Cette stratégie se situe à mi chemin entre l'urbanisme en tant que gestion de l'espace par les pouvoirs publics et l'urbanisme en tant qu'ouverture d'espace très important dans le cadre de l'habitat", précise M. Benhaddou.

    Résorption des bidonvilles

    La première tranche de 100.000 logements devrait figurer dans la prochaine Loi de Finances. Prés de 6.000 hectares ont été prévus pour cette première tranche du programme. Environ 15 sites importants répartis dans toutes les grandes villes ont été choisis.

    Parmi les critères de choix adoptés figurent notamment les besoins de la ville, les conditions d'accessibilité au logement de la population, et la disponibilité des terrains pour la construction, leur proximité par rapport à l'infrastructure, ainsi que l'existence des documents d'urbanisme. A cela s'ajoute la faisabilité du projet à très court terme.

    Ce programme de 200.000 logements va contribuer à relancer le secteur du bâtiment. "Son rôle moteur est indéniable. 200.000 logements, c'est tout de suite 5,25 millions de tonnes de ciments. Gros producteur d'emploi, il est aussi générateur de plus-values," affirme M. Benhaddou.

    A côté de ce projet des 200.000 logements, le Ministère de l'Habitat continue la réalisation de 100.000 logements annuellement. Sa politique de résorption des bidonvilles a permis de faire passer la proportion de la population vivant dans ces zones de 13% en 1982 à 7% en 1992, selon une enquête sur la consommation des ménages effectuée par la Direction des Statistiques. Jusqu'alors, cette stratégie a favorisé l'attribution de terrains équipés pour la construction de logements. Elle a permis de mobiliser la petite épargne et de contribuer à une dynamique du secteur locatif. "A chaque fois qu'un terrain est attribué, c'est 2,5 logements qui sont construits."

    Fatima MOSSADEQ

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