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Economie Internationale

Professions juridiques: La fin des avocats à la papa?

Par L'Economiste | Edition N°:504 Le 11/05/1999 | Partager

· Des cabinets de 1.000 avocats: Multinationales du droit?
· Paris se plaint de l'offensive des cabinets britanniques
· Les salaires explosent pour les meilleurs juristes

Le barreau de Paris se dit préoccupé face à la montée en puissance des cabinets anglais sur le territoire français. Pour l'instant, le Maroc n'est pas concerné, mais les grands avocats de la place aiment à envoyer leurs enfants, et héritiers, travailler dans ces grands cabinets anglais qui s'installent à Paris... Est-ce le premier pas?
L'implantation à Paris des membres de ce "magic circle", qui regroupe des multinationales du droit alignant parfois plus de 1.000 avocats, ne date pas d'hier. Mais les ambitions anglaises ont décuplé avec une certaine saturation du marché britannique et l'accélération des fusions-acquisitions en France et en Europe continentale. "Comme nos clients, nous devons être globaux", disent les avocats anglais. Et pour être global, il faut être partout incontournable.. "De 10 avocats, tous anglais, confie Stephen Denyer, responsable du Développement Européen d'Allen&Overy, nous sommes aujourd'hui 28 dont la moitié sont des Français." Pêchés ici ou là et surtout au sein des grands cabinets français qui en ont assez qu'on les prenne pour "des écoles de formation". Le plus atteint, car aussi le plus grand avec ses 300 avocats (dont 66 associés et un chiffre d'affaires de 600 millions de francs), est Gide-Loyrette-Nouel.Une rumeur évoque un golden hello (prime de débauchage ou de bienvenue) à 10 millions de Francs. Une autre rumeur dit que les Anglais offriraient aux avocats associés ayant sept ou huit ans d'expérience entre 2,5 et 3 millions de Francs de revenu par an quand, dans les bons cabinets français, les sommes tournent autour de 1 ou 1,5 million de Francs.

Juristes rentables


"Ils ne viennent pas pour l'argent, mais pour l'intérêt du boulot et les perspectives que nos cabinets leur offrent", rétorque Stephen Denyer.
De fait, les Français ne nient pas que leurs collègues anglais, issus pour la plupart du notariat, soient mieux structurés, plus méthodiques, plus puissants et surtout plus profitables. "Les Anglo-Saxons n'ont pas de cabinet, ils ont des entreprises", précise Charles-Henri de Pardieu. Si la productivité par avocat dans ces cabinets est plus forte, c'est, disent les Français, "parce qu'ils font beaucoup d'actes standardisés quand nous, les Français, faisons du sur-mesure et ce, en facturant le même montant d'honoraires, soit 2.000F l'heure." Selon Xavier de Roux, "la fiscalité plus favorable en Grande-Bretagne qui a consolidé le socle des sociétés anglaises ferait le reste." Résultat?, "il n'y a plus aujourd'hui que trois cabinets français traditionnels comparables en termes d'effectifs aux 200 premiers cabinets anglais", constate le Conseil de l'Ordre des Avocats à la Cour de Paris.
Et demain?
"Il faut être aussi rentable qu'eux", dit-on tant chez Jeantet que chez Gide-Loyrette-Nouel. La restructuration est en marche. "On a fermé tous nos bureaux en Europe de l'Est. Nous allons nous recentrer sur les places fortes, dont New York, Londres et quelques domaines privilégiés: contentieux, fusion-acquisition (qui rapporte beaucoup d'argent, NDLR), ingénierie juridique et fiscale (à forte valeur ajoutée, NDLR)." Gide-Loyrette-Nouel réfléchit à la riposte, inquiet si l'on ne fait rien qu'à terme "la règle de droit anglo-saxonne l'emporte partout".
La contre-attaque passera forcément par des partenariats ou des mariages entre cabinets, français et étrangers. On ne voit pas comment ce secteur, dont le métier est de fusionner les entreprises, échapperait seul à la mode. L'arroseur finit toujours par être arrosé.

Nicole PENICAUT
Syndication L'Economiste-Libération/France

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