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Tribune

Profession comptable: le désordre provisoire

Par L'Economiste | Edition N°:32 Le 04/06/1992 | Partager

Par Abdelali Mseffer, expert comptable

L'Economiste dans son édition du 28 Mai 1992 page 34, fait l'écho de deux points de vue intéressants; Celui de M. Abdelaziz Oudghiri de Fès, m'a semblé pertinent parce qu'il pose la question de savoir «si le projet cherche à réglementer la profession comptable ou simplement à protéger le port du titre d'expert comptable«. Monsieur C.C. «expert comptable diplômé par l'Etat«, semble tenir au second aspect et quand il affirme que le désordre ne doit pas être légalisé, il a raison. Cependant l'ordre à instaurer doit-il nécessairement obliger les autres à «faire preuve d'humilité en composant avec l'environnement national et international qui ne laisse plus de place aux acquis de la légitimité douteuse...«? A mon avis, insulter les autres professionnels (qualifiés d'imposteurs, de poseurs d'embûches etc...) n'est pas le propre d'un cadre supérieur, à moins que la formation d'expert comptable diplômé par l'Etat reçue par Mr. C.C., ne lui ait pas servi à acquérir l'ensemble, c'est-à-dire la modération, la sagesse, la pondération, et la tranquilité dans l'acte et la parole. Il est vrai que le titre d'expert comptable est très prisé, surtout en cette période de réorganisation fiscale et commerciale mais tous ceux qui aiment le porter, ne sont pas de «faux experts qui sont légions«.

Certains le portent parce que dans leur profession, ils analysent, expertisent et contrôlent certains actes de la vie des entreprises et quand ils se disent, experts comptables, ils ne pensent pas obligatoirement au diplôme ou au titre universitaire, ils veulent simplement faire référence aux tâches qu'ils accomplissent. Lorsque le client (entreprise ou particulier), sollicite l'aide de ces entités, dont certains regrettent la prolifération, il cherche avant tout la solution à ses problèmes, et s'il est bon que son conseil soit nanti de diplômes, il est encore meilleur qu'il soit efficace, honnête et pas trop prétentieux sur les honoraires.

En ce qui concerne le fond du problème, je voudrais faire remarquer que: - les cabinets comptables existants répondent à des besoins, la preuve c'est qu'ils travaillent et souvent à des honoraires tellement faibles qu'ils feraient sourire les experts comptables diplômés par l'Etat. Ces cabinets font souvent tout pour les petites entreprises: de la déclaration C.N.S.S., au bilan, en passant par la T.V.A., l'I.G.R., etc... ils représentent leurs clients auprès des services des impôts, des banques et de toutes autres administrations. L'Etat a besoin de contribuables organisés qui paient leurs acomptes et leurs cotisations minimales à temps, qui déposent leurs déclarations dans les délais, et ceci se fait grâce à l'aide de ces cabinets qui ont une si mauvaise presse. - Bien sûr, il faut certifier les bilans et les comptes des sociétés, et c'est là, une tâche qui nécessite compétence, rigueur et honnêteté et les cabinets qui n'ont pas ces qualités disparaissent rapidement. Mais pour qui on va certifier les comptes?

Pour les associés qui sont souvent des membres de la famille du promoteur? Pour les banques, qui font plus confiance à l'individu qu'à son entreprise? C'est cela la réalité marocaine dont il est nécessaire de tenir compte dans toute tentative d'organisation de n'importe quelle profession. Au début de l'Indépendance, personne n'a été exclu: les «oukils« sont devenus avocats, les infirmiers-guérisseurs qui rendaient un service inestimable dans la prévention sanitaire ont pu exercer en tant que médecin (médecin ne veut pas dire docteur). Le même cheminement a été appliqué aux géomètres (les anciens cadres du cadastre ont été admis à exercer dans le privé). Plus près de nous, des enseignants du supérieur ont été déclarés professeurs bien qu'ils n'avaient pas de doctorat ou d'agrégation. Encore une fois, il n'est pas bon de voir dans toute réorganisation, l'exclusion obligatoire de l'autre. Ceux qui se défendent beaucoup, ont généralement peur, peur d'eux-mêmes d'abord, de l'environnement ensuite. D'ailleurs l'attachement aux titres, aux diplômes, aux appellations, cache probablement des tendances vers un esprit mandarin dépassé.

Le bon sens, commande certes d'organiser la profession d'assistance à l'entreprise (nous ne sommes pas obligés d'adopter l'appellation «expert comptable«, ni de faire référence constamment au diplôme français d'expertise comptable) Pour cela, il convient à mon avis de légaliser ce «désordre provisoire«, car ne l'oublions pas, l'assistance à l'entreprise est appréhendée sous divers angles, c'est pour cela que ceux qui conseillent les entreprises ont reçu soit une formation de comptable, de juriste, de financier, d'économiste ou sont des autodidactes, ayant fait leurs preuves dans une administration ou dans un cabinet, mais tous ont été forgés à la réalité quotidienne, qui est une école. Aujourd'hui, il y a une situation de fait et il s'agit de ménager ceux déjà installés, c'est-à-dire «régulariser« leur situation, et cela ne gênera en rien les plus diplômés. De toutes les façons, même si cette loi est adoptée, elle va protéger le port du titre d'expert comptable, et que vont devenir tous les autres? il va falloir aussi réglementer cette sous-profession (comptables agréés, assermentés etc) alors pourquoi ne pas commencer par ceux là, qui sont les plus nombreux, et les plus au fait des réalités de notre pays.

*Expert Comptable

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