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Produit interieur brut ou… de bonheur?

Par L'Economiste | Edition N°:2383 Le 16/10/2006 | Partager

. Accumulation de richesses ne signifie pas qualité de vie. Pr Benmakhlouf: «L’être humain ne doit pas être réduit à un tube digestif»LE cycle de conférences philosophiques est proposé par la fondation ONA, pour animer les nuits ramadanesques à Casablanca. Il est conduit par Ali Benmakhlouf, professeur des universités au département de philosophie de l’université de Nice/Sophia-Antipolis et membre de l’Institut international de philosophie. «La qualité de vie», thème du débat de vendredi dernier, a rassemblé un parterre de journalistes, d’étudiants et diverses personnalités animées par une curiosité intellectuelle. Il a proposé une interrogation générale sur le devenir individuel et collectif, un débat sur le qualitatif, dans un domaine où «le chiffre» est généralement privilégié. D’emblée, le conférencier s’en prend à la mainmise du quantitatif sur le qualitatif. «La réalité s’est faite mesure » constatera-t-il. La science, d’après Benmakhlouf, a considéré que le contenu de la qualité est plus éprouvé et en calcule les effets. Une notion, qui d’après lui, a montré ses limites. Il s’est proposé, de lever cette difficulté. Pour ce faire, il a insisté sur la différence entre les conditions d’existence et les conditions de la qualité de vie: «les éléments de richesses -quantitatifs- et l’amélioration de la qualité de vie ne vont pas toujours ensemble». En effet, il n’existe pas de relation immédiate entre l’acquisition de richesses, l’accumulation du capital ou la croissance du PIB et la qualité de vie. Mais alors de quoi dépend celle-ci? Benmakhlouf fait de l’entrée dans la société du savoir la clé de voûte de l’émergence de la qualité. Il en veut pour preuve les effets de la mondialisation et de la nouvelle économie qui poussent de plus en plus les pays développés vers des sociétés de l’immatériel, où la marchandise essentielle est l’information. Et de déplorer la grande suspicion qu’ont pu avoir certains régimes, particulièrement dans les pays pauvres, à l’égard des milieux producteurs de savoirs. «Produire devient concevoir et prescrire, la fabrication est de plus en plus dévolue aux pays pauvres», les deux bouts de la chaîne demeurant accaparés par les pays riches. Les pays dits émergents devraient, selon le conférencier, mettre tout les bénéfices au services de l’éducation et de la santé. «La conversion des premiers biens de l’économie aux besoins de l’éducation et de la santé sont primordiaux pour certains pays». Il insiste aussi sur le monde rural, qu’il faut traiter par l’appropriation de la technologie. Un tableau noir certes, mais relativisé par quelques lueurs d’espoir. La démographie mondiale est en nette régression et se stabiliserait en 2050 à près de 9 milliards de personnes. Cela se traduira par une amélioration des conditions de la femme. Cette condition étant un vecteur important de développement. Le conférencier met ainsi la femme au cœur de l’amélioration de la qualité de la vie. Nécessité donc de mettre l’accent sur l’éducation, car, dit-il, la formulation du besoin même passe par l’éducation; «une personne non éduquée est plus sujette à l’intimidation». Cela concerne particulièrement les femmes. Et l’éducation mène à l’espoir d’atteindre la qualité de vie. Le savoir permet donc l’accès aux droits fondamentaux, lesquels donneraient aux individus la capacité d’initiatives propres. Car si le conférencier mesure l’importance des droits formels (biens premiers, comme se vêtir, se nourrir…), il n’en demeure pas moins que ceux-ci restent très insuffisants: «On ne peut pas résumer l’être humain à un tube digestif». Benmakhlouf estime qu’il est du devoir de l’Etat de faciliter la bonne vie que tout un chacun peut choisir en élargissant la capacité d’initiative qui est en relation avec l’éducation et l’entrée dans la société du savoir.


Novembre, un mois philosophique

Le mois de novembre vivra une intense actualité philosophique. Plusieurs séminaires et débats sont programmés. La fondation Ibn-Abdelaziz organise deux colloques, le premier sur le lien social, tandis que le second fera un parallèle entre les travaux d’Ibn Khaldoun et ceux de Michel Foucault, intitulé «Une méthode pour les sciences humaines». Pars ailleurs, la ville de Marrakech abritera les Journées mondiales de la philosophie, une manifestation internationale plurielle, organisée par l’Unesco les 15, 16 et 17 novembre. Amine BOUSHABA

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