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Proche-Orient: Porte ouverte au chaos

Par L'Economiste | Edition N°:1731 Le 23/03/2004 | Partager

. Les Brigades armées se mobilisent après l'assassinat de Cheikh Yassine. SM le Roi condamneLe Proche-Orient est au bord d'un chaos sans précédent. Toute la zone risque de se transformer en un véritable brasier après l'assassinat de Cheikh Ahmed Yassine, chef spirituel du Hamas, un des plus influents mouvements islamistes. La mort de ce leader de 67 ans, qu'Israël qualifie de «Ben Laden» des Palestiniens, a fait sortir des milliers de personnes hier dans les rues de Gaza et de Cisjordanie, brûlant des pneus en signe de deuil. Les brigades armées des mouvements du Fatah et du Jihad Islamique ont décidé de faire cause commune. Et même le Hezbollah libanais a promis des représailles. L'aile armée du Hamas, les brigades Azzedine Al Kassam, a annoncé «un tremblement de terre». Sa vengeance promet d'être sans commune mesure avec ses attaques sanglantes après la tentative d'assassinat d'Abdelaziz Al-Rantissi, son deuxième homme fort, ou encore après l'élimination en 2003 d'un de ses fondateurs, Ismaïl Abou Chanab. Tout prête à croire que le Hamas s'oriente vers plus de radicalisation. Le mouvement s'est assuré l'appui d'autres groupes palestiniens dans le but de venger son chef. Ce qui rendrait plus discutable le projet d'Israël de se retirer de Gaza. Evidemment, ceci ne pouvait échapper aux calculs des stratèges israéliens. En ordonnant la liquidation de Cheikh Yassine, le gouvernement de Sharon savait pertinemment que cet acte nuirait à ce retrait. Et pis, plongerait toute la zone dans un bain de sang. Deux scénarios peuvent résulter de cet assassinat: soit tout le projet de retrait sera abandonné par Israël, prétextant la recrudescence de la violence; soit le retrait aura bien lieu mais avec «une victoire israélienne» sur la résistance palestinienne. Car éliminer Yassine est réellement «une victoire» pour Tel Aviv. A la tête d'un mouvement qui rivalise de popularité avec le Fatah de Yasser Arafat, Cheikh Yassine a acquis un charisme sans précédent en raison de ses positions proches des préoccupations de la rue palestinienne. Convaincu que la discussion avec Israël n'aboutira à aucun résultat, il prône la lutte armée, qui, seule, à son avis, conduira à la libération de la Palestine. Un tel discours ne peut susciter que sympathie auprès des familles désabusées et endeuillées.Le Cheikh doit aussi sa popularité aux ramifications caritatives de son mouvement (dons aux familles des «martyrs», cours du soir, crèches et colonies de vacances…). Cependant, le discours de cet ancien hôte des geôles israéliennes reste modéré par rapport à ceux d'autres fondateurs du mouvement comme Abdelaziz Al-Rantissi. Influencé par la méthode des Frères Musulmans, qu'il a longtemps côtoyés en Egypte en plein nationalisme arabe de l'après-1967, le cheikh a gardé un pragmatisme qui le conduit à modérer certaines de ses positions. Aussi n'hésite-t-il pas à accepter des trêves avec Israël au cas où ce dernier validerait l'évacuation de Gaza et de la Cisjordanie. Cette souplesse ne remet pas en cause cependant le principe de la lutte: des ripostes armées aux provocations israéliennes. Ses relations avec l'Autorité palestinienne ont été pour longtemps conflictuelles. Perçu comme un sérieux rival du mouvement Fatah, Cheikh Yassine est aussi «source de problèmes». A chaque fois que son mouvement attaque, Tel Aviv se tourne vers Yasser Arafat lui demandant des comptes. Toujours traqué par le Tsahal, il est aussi brutalisé par l'Autorité palestinienne qui l'a assigné à résidence à Gaza à deux reprises. Interdit de déplacement, il ne l'est pas de paroles. Cloué sur une chaise roulante, il accorde d'une voix fluette des interviews aux chaînes arabes et internationales et ce, depuis sa résidence, chichement meublée. Ses opinions parvenaient régulièrement au monde entier sur toute l'actualité du Proche-Orient. Depuis le déclenchement de la seconde Intifada, les relations avec le Fatah au pouvoir se sont quelque peu assouplies. Yassine est devenu intouchable. Mais ses sorties intempestives après chaque attaque israélienne l'ont rendu redoutable. Il échappe à une première tentative d'assassinat en septembre 2003. Sa liquidation a été planifiée officiellement depuis l'attentat du port d'Ashdod, qui a fait des dizaines de morts.


Colère et indignation

SM le Roi a qualifié cet assassinat «d'agression ignoble» dans un message adressé au président de l'Autorité palestinienne. Ce dernier a dénoncé «un crime barbare» et décrété trois jours de deuil dans les territoires palestiniens.Les dirigeants arabes ont été très rapides à condamner ce qu'ils ont qualifié de «crime». Hosni Moubarak, le roi Abdallah II de Jordanie, le secrétaire général de la Ligue arabe Amr Moussa, le président syrien Bachar al-Assad, le président iranien Khatami, tous ont exprimé leur indignation. Et l'Union européenne a officiellement fait savoir sa condamnation. Nadia LAMLILI

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