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Politique

Procès attentats: Un verdict qui fera date

Par L'Economiste | Edition N°:1585 Le 22/08/2003 | Partager

. 4 condamnations à mort, 39 perpétuités… Un verdict lourd à Casablanca. Emeute au banc des accusésTreize heures dans l'antichambre de la salle d'audience n° 8 de la Cour d'appel de Casablanca… les délibérés dans les procès consécutifs aux attentats du 16 ont été exceptionnellement longs. La raison tient probablement à la volonté manifeste du juge Lehsen Tolfi d'en finir en un seul bloc avec les quatorze procédures, impliquant 87 prévenus, qui lui ont été soumises depuis le 21 juillet 2003. Le verdict a été lourd, la réaction des familles affligeante et celle des prévenus violente. Comme attendu, et à l'instar du procès du groupe de Youssef Fikri, l'émir du sang condamné à mort, les peines prononcées par le juge Tolfi ne laissent guère de doutes sur la conviction du magistrat: tous les prévenus qui lui ont été soumis ont, pour une raison ou une autre, pêché et devaient être sévèrement sanctionnés à ce titre. Le verdictAu total, 4 peines capitales et 39 perpétuités ont été prononcées. Quinze personnes ont été condamnées à 30 ans de prison ferme et autant à 20 ans. La plus faible peine a été de 10 mois de prison ferme à l'encontre de deux prévenus convaincus de recel d'une personne recherchée, Ibrahim Firdaouss, l'un des condamnés à perpétuité (voir tableau pour détail). L'extrême sévérité a donc été requise contre les trois kamikazes rescapés du 16 mai (Mohamed Omari, Rachid Jalil, Hassan Taoussi) ainsi que contre le réserviste et encadrant de cellule, Yassine Lehnech. Leurs appels à l'indulgence arguant du “repentir” n'ont pas convaincu les juges. Ces derniers se sont ralliés à la thèse du parquet, selon laquelle, “ils ont été empêchés de se faire exploser”. Les “perpétuitars” comptent aussi beaucoup de réservistes, mais également les membres d'Assirat Al Moustakim. En effet, le groupuscule intégriste a été rattrapé et épinglé par le dossier du 16 mai. Son émir, Miloudi Zakaria, partiellement blanchi en janvier 2003 par la même Cour, a été condamné à la perpétuité, soit la plus sévère des condamnations prononcées contre les théoriciens de la mouvance fanatique. En effet, Mohamed Fizazi, Omar Haddouchi et Abdelkrim Chadili ont écopé de 30 ans de prison ferme. A l'évidence, le verdict est tombé comme un couperet sur les accusés. Dès l'annonce des premières peines, des gémissements (Allahou Akbar) sporadiques se sont élevés de l'aquarium, l'isoloir en verre, de la salle n°8. L'assistance comme les accusés n'entendront pas toutes les peines à cause de la lecture succincte et rapide imposée par le juge Tolfi. Ainsi, en dehors des peines capitales et des perpétuités infligées pour la plupart aux têtes de liste des groupes poursuivis, peu d'individus avaient entendu leurs châtiments. Nerveux, durant un bref instant, ils se tournèrent vers l'assistance pour venir aux nouvelles. Tous se ruèrent vers les vitres blindées de l'aquarium: “Je suis Khalid Aboubi, combien j'ai eu”, demandait, les larmes aux yeux, ce membre d'Assirat Al Moustakim qui compte parmi les cas les plus problématiques de ce procès. En effet, au moment des attentats, il purgeait une condamnation à une année de prison où il a décroché une licence. Libéré le 18 mai, il a été arrêté 6 jours plus tard puis réinculpés par le juge d'instruction. Finalement, il a écopé de dix années de réclusion criminelle, mais il n'en saura rien dans le moment. Derrière lui, l'agitation était à son comble. Les agents de sécurité tentaient tant bien que mal de restaurer le calme dans l'aquarium quand soudain, un prévenu est monté sur son banc en scandant “Allahou Akbar”. Très vite, bras levés, le slogan deviendra collectif. . HystérieDebout, chaque prévenu gesticulait, à sa manière, sa peine-“coupez-nous la gorge, c'est préférable”-ou son fanatisme- “maintenant, vous allez voir le vrai terrorisme”. L'émeute a fait craindre le pire dans la salle d'audience bondée pour la circonstance. Le désordre s'est ainsi propagé parmi l'assistance composée d'avocats, de journalistes et de nombreux agents de police judiciaire ayant “travaillé sur le dossier”. Chacun tentait de voir au-delà du cordon de sécurité rapidement établi par la police. A l'intérieur de l'aquarium, la violence des prévenus s'est fait entendre. On renversait les bancs et l'on n'hésitait plus à frapper les vitres résistantes de l'isoloir. Dans le désordre total, les théoriciens du fanatisme semblaient perdus. Mohamed Fizazi, Omar Haddouchi et Ahmed Sebbar se sont retirés derrière l'émeute avant de trouver refuge près des agents de sécurité. Le bruit des accusés a gagné en intensité, si fort que l'ordre a été donné d'évacuer la salle. Une demi-heure plus tard, signe que la situation a été rapidement maîtrisée, le convoi vers la prison était déjà en route. Trois véhicules vides simuleront une fausse sortie pour les familles, tandis que d'autres, transportant les 87 condamnés, sortaient via la grande porte de la Cour d'appel de Casablanca en laissant derrière eux, certes, le sentiment que le verdict fera date.


La «Takia»

Nombreuses sont les interrogations qu'a suscitées la réaction violente des accusés. S'il était évident que certains manifestaient leurs peines, il était claire aussi que d'autres, en laissant éclater leur colère de la sorte, révélaient leur vrai visage. Pourtant, durant la vingtaine d'audiences du procès, jamais un incident n'a été enregistré. Selon un spécialiste en criminologie, présent dans la salle, l'explication tient en un mot: la «Takia». C'est une conduite spécifique aux mouvements fanatiques religieux qui autorise les “Moujahidines” à renier la foi (en mentant ou en partageant de l'alcool avec les impies par exemple) afin de duper (Khadiâ) les ennemies de Dieu.Adil HMAITY

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