×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Prix: Projet de semi-désencadrement pour l'huile, le sucre et les céréales

    Par L'Economiste | Edition N°:56 Le 03/12/1992 | Partager

    L'année 1992 se terminera certainement sur une croissance de l'indice du coût delà vie aux alentours de 5,5%, contre 8,2 % en 1991. La Direction des Prix au Ministère des Affaires Economiques et Sociales, table sur un nouveau score à 5% l'année prochaine.

    La décélération des prix est regardée comme une "bonne performance" compte tenu de tous les changements de structures intervenus cette année Le Ministère des Affaires Economiques et Sociales, qui comprend maintenant la Direction de la Statistique comme les Services du Plan, en tire argument pour la poursuite de la dérégulation.

    Les trois gros morceaux à venir concernent les céréales (1), les oléagineux et le sucre. La libération proprement dite n'est pas de mise pour les prix de ces produits. Il s'agit plutôt d'un assouplissement des grilles et des procédures. M. Faïk, Directeur des Prix, précise qu'il n'y a pas encore de calendrier d'application, mais l'on s'attend à ce que les mécanismes nouveaux entrent en application au cours de l'année 1993. Deux éléments militent pour l'introduction des mécanismes dès les premiers mois de 1993: les mesures d'accompagnement de la nouvelle Loi sur le Commerce Extérieur et la reprise en main des programmes sucre et huile comme l'état d'avancement des libéralisations sur les marchés céréaliers.

    Cependant, les professionnels des filières du sucre et de l'huile souhaitent que les concertations commencent au plutôt de manière "à préparer l'entrée dans le nouveau système". Du côté administratif, les divers départements impliqués se disent prêts aux concertations, mais le feu vert politique n'est pas encore venu. Plusieurs échéances consécutives sont invoquées pour expliquer les délais: changement de gouvernement, élections, installation du nouveau Ministre de l'Agriculture, Budget.

    La loi sur le commerce extérieur, qui vient d'être promulguée, prévoit que cinq catégories de produits bénéficient de protections spécifiques : les céréales, le lait, les sucres, les oléagineux et les viandes. Des prix de référence ou des " équivalents tarifaires " doivent être mis en place.

    Actuellement aucune décision n'est prise. Un principe se dégage cependant pour interpréter le texte de manière ouverte en ce qui concerne la concurrence. Deux points sont à tenir pour acquis: il ne devra pas y avoir de phénomène de concentration et il n'y aura pas d'appels d'offres. Si la suppression du système d'appel d'offre est d'application évidemment aisée en revanche le principe de concurrence, ou de non-concentration, reste encore sur le plan du principe. "L'administration restera vigilante", assurent les divers départements impliqués tout en expliquant que l'importation sera ouverte à tout négociant.

    L'exercice de la surveillance pourrait se faire à travers un organisme interministériel, avec ou sous des représentants des professionnels. Cet organisme, quelquefois invoqué sous le nom d'observatoire, devrait suivre les circuits d'importation et de commercialisation tout comme il devrait veiller à l'existence des stocks de sécurité.

    Au niveau de la formation des prix se posent les questions les plus ardues. Les administrations reconnaissent quasi-toutes que le nouveau système ne pourrait se concevoir sans qu'au préalable soit définitivement réglée la question des marges des industriels et des paiements de la Caisse de Compensation: "si on introduit des incitations d'efficacité commerciale ou industrielle, il est évident que la Caisse ne pourra plus s'autoriser des retards de paiement", admettent la Direction des Prix et l'Administration de l'Industrie.

    Le calcul du prix d'entrée pose la seconde série de problèmes complexes. Chacun a parfaitement conscience que le niveau de prix retenu aura des effets immédiats sur les exploitations agricoles, mais les difficultés sont mises, plutôt, sur le volet technique de montage du mécanisme et ce, bien qu'il soit entendu que le prix d'entrée sera révisé une fois l'an seulement.

    Les travaux s'acheminent vers une moyenne des prix internationaux, sur une très longue période (10 à 15 ans, avec des déflateurs), pondérée des niveaux d'inflation locale et des coûts des facteurs.

    Trois catégories sont prévues pour chacune des familles de produits: la matière première, les semi-finis et le produit à distribuer. Sur chacun des trois standards devraient, toujours en principe, s'appliquer des différentiels de qualité. Quelques tests déjà conduits ont fait apparaître que le sucre marocain se situe "grosso modo" dans la fourchette des prix internationaux. En revanche, pour les huiles, la production nationale est entre 15 et 30% au-dessus et pour les céréales, l'amplitude va de 30 à 100 % ( le plafond est évidemment atteint dés que l'on intègre le montant des subventions d'exportations existant chez les principaux producteurs mondiaux, USA et France ). En ce qui concerne la partie industrielle, nettement mieux maîtrisée que la formation des coûts agricoles, on estime de sources concordantes "qu'un producteur sur quatre devra faire des efforts de mise à niveau". pour passer au-dessous de la barre du prix d'entrée du concurrent importé. Trois catégories d'industriels sont particulièrement exposées : les petits producteurs semi-artisanaux (sauf s'ils parviennent à différencier commercialement leurs produits, ce qui est jugé improbable), les unités ayant du matériel d'anciennes générations (surtout du point de vue énergie) et les producteurs ayant un interland ou un réseau d'approvisionnement insuffisant.

    N.S.

    (1) Sont concernés par le projet de semi-désencadrement, le blé tendre et le maïs, l'orge et le blé dur sont déjà libres sur le marché intérieur et soumis à autorisation à l'import.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc