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    Economie

    Prix industriels: La charge fiscale et foncière

    Par L'Economiste | Edition N°:30 Le 21/05/1992 | Partager

    Il annonce d'ailleurs que la deuxième phase des travaux sera consacrée à l'étude des incitations.

    Le différentiel foncier

    C'est dans le domaine du terrain industriel que le handicap marocain est le plus fort, souligne l'étude qui qualifie le coût "d'excessif". On le savait mais l'on ne connaissait pas le différentiel. Les prix marocains relevés en zones industrielles aménagées se répartissent en trois catégories. Pour Oujda et Taza, les prix observés sont de l'ordre de 300 DH/m2. A Mohammédia, Salé et Settat, ils sont de 650 DH/m2. Ailleurs ils varient entre 1.000 et 1.500 DH/m2. En Tunisie, "pays de concurrence immédiate" selon la classification de l'étude, la politique foncière permet des acquisitions à des prix sans commune mesure avec le Maroc. Les prix relevés varient de 140 à 450 DH/m2 dans les périphéries urbaines, zones sans avantages, et entre 50 et 100 DH/ m2 dans les zones où les pouvoirs publics souhaitent encourager les investissements industriels.

    Le coût des terrains est tel qu'il gouverne l'ensemble de l'investissement, remarquent les industriels. L'étude note pour sa part que le prix n'est pas le seul problème soulevé par le terrain. Elle ajoute des questions comme la disponibilité, la transparence de l'octroi et l'aménagement.

    Fiscalité pénalisante sur les salaires

    En comparant les taux d'IGR entre la Tunisie, la France et le Maroc, l'étude donne un net avantage à la Tunisie. Pour un salaire supérieur à 500.000 DH, le taux tunisien est de 21,2% contre 35,9% en France et 44,3% au Maroc, calcule l'étude. La Tunisie conserve l'avantage pour un salaire inférieur à 120.000 DH, puisque le taux est de 11,9% contre 23,2% au Maroc et 24,5% en France. Les industriels font remarquer que les niveaux de salaires des cadres en Tunisie sont "nettement inférieurs" à ceux du Maroc. Des investisseurs qui ont l'expérience des deux pays évoquent des différences qui vont du simple au double pour des qualifications et responsabilités sensiblement égales.

    La fiscalité n'explique donc qu'une partie du différentiel bien qu'il faille pousser plus avant les comparaisons afin de tenir compte des revenus hors salaires déclarés, comme les avantages et surtout les couvertures sociales.

    Les charges sociales sont l'un des domaines les moins bien cernés par l'étude en raison des fortes différences existant aussi bien au niveau des choix possibles qu'à celui des prestations comprises (et qui ne doivent donc pas être prises en compte ailleurs).

    L'étude retient un taux minimum, celui de 16% pour le Maroc, qui comprend donc une couverture maladie minimale, mais pas la CIMR. Les résultats de la Tunisie sont sensiblement les mêmes, précisent les promoteurs de l'étude. Par contre, dans trois pays de la zone de concurrence immédiate, les taux relevés sont très dispersés: 8% en Espagne, 11% au Portugal et 23,8% en France (y compris la retraite et la couverture sans plafond des soins de santé).

    On regrette que les données ne soient pas disponibles pour la Turquie, par contre l'étude indique qu'au Caire le taux relevé est inférieur à 5% et qu'en Grèce il est de 14,7%. En Corée, pays souvent cité en exemple, les charges sociales représentent 5,6% des salaires et aux Philippines 13,5%.

    Les comparaisons effectuées au niveau des crédits bancaires vont sans doute faire couler beaucoup d'encre et alimenter bien des discussions. En effet, l'étude relève que le Maroc est mieux placé que la Tunisie et l'Egypte. Le taux du marché monétaire est de 11,5% au Maroc, contre 11,8 en Tunisie et 16% en Egypte. Le coût de l'intermédiation est identique au Maroc et en Tunisie (3%). Par contre il est de 4,5% en Egypte. Ces données auraient mérité d'être rapportées au taux d'inflation et pondérées ou ventilées par types d'opérations, ce qui n'a pas été fait par l'étude.

    En contredisant les idées répandues sur le prix de l'argent, l'étude gagne cependant en crédibilité, bien qu'elle ne donne pas d'indication sur le prix de l'argent en Europe, zone à laquelle se réfèrent volontiers les industriels du Maroc.

    Nuances sur le transports

    Les données sur le tout des transports font ressortir des différences importantes, soit suivant les produits soit suivant les modes de transports.

    Le prix de base du transport routier marocain est inférieur de près de la moitié à celui de la Tunisie et ce, bien que les prix de l'énergie soient plus élevés du tiers au Maroc.

    En matière aérienne par contre, l'étude donne l'avantage à la Tunisie mais les chiffres sont relativement anciens.

    Commentaires et évaluations

    Il est plus que probable que les données de l'étude donneront lieu a d'abondants commentaires dans les semaines qui viennent. En effet, après la première tranche de baisse des droits de douane, une nouvelle baisse doit intervenir d'ici 1993.

    Or, s'il s'avère qu'il existe des surcoûts d'origine fiscale dans la formation des prix, alors les industriels seront fondés réclamer des compensations au niveau des droits de douane. En effet, ils considèrent que ces droits protégeant leur marché sont des compensations aux surcoûts.

    N.S.

    (1) Cf L'Economiste du 26 Décembre 1991

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