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Prix des produits pétroliers
Notre système est-il le bon?
Par Omar EL FETOUAKI

Par L'Economiste | Edition N°:2211 Le 10/02/2006 | Partager

Omar El Fetouaki est cadre dans l’administration. Il s’est illustré dans nos colonnes par une virulente critique des habitudes de silence qui se sont installées au sein du ministère de l’Energie et des Mines, y compris quand la sécurité des citoyens est en jeu (L’Economiste du 2 avril 2004; www.leconomiste.com)La hausse des prix intervenue hier demande de reposer les termes du problème. Le système d’indexation des prix des produits pétroliers avait été conçu pour faire profiter le consommateur final et l’économie nationale des prix compétitifs, en stimulant la concurrence entre les distributeurs et le raffineur. Il devait permettre également d’alléger la péréquation. Or, on voit clairement que c’est le contraire qui se produit. En effet, à part quelques petites diminutions opérées juste après son instauration en 1995, les prix de vente au public n’ont cessé de connaître des augmentations substantielles. En plus, le système gonfle davantage la péréquation et en fait un lourd fardeau pour le budget de l’Etat. Il étouffe le secteur de la distribution en lui faisant supporter à lui seul ce fardeau et partant, l’empêche de jouer pleinement son rôle d’investisseur. On ne le dira jamais assez: le système d’indexation a atteint ses limites. . Il faut ouvrir la concurrenceEn principe, en application de l’un des axes essentiels de la politique énergétique nationale (approvisionner le marché national au moindre coût), le pays ne devait importer qu’une partie de sa consommation en produits raffinés. Il devrait le faire quand les prix sur les marchés internationaux sont meilleurs que les prix des produits ex-Samir. Or, notre mode d’approvisionnement du pays en produits pétroliers ne peut répondre à cette exigence que dans le cas où la concurrence entre raffineur et distributeurs pouvait jouer pleinement son rôle de modérateur et de régulateur de prix. Rappelons que ce mode se caractérise, d’une part, par une capacité de réception portuaire du secteur de la distribution très limitée et d’autre part, par un outil de raffinage qui n’arrive toujours pas à adapter sa production à l’évolution de la demande nationale, obligeant ainsi le raffineur à réexporter un excédent structurel de l’équivalent d’un million de tonnes par an sous forme de fuel-oil et de naphta. . Positions inégalesEt c’est justement là où le bât blesse. Car les deux acteurs chargés de l’approvisionnement du pays en produits pétroliers n’ont pas les mêmes atouts. D’un côté, le raffineur a des infrastructures portuaires lui permettant de recevoir les quantités de pétrole brut ou des produits raffinés dont il a besoin, de l’autre côté, les distributeurs ne disposent que de modestes infrastructures portuaires dont la capacité reliée au port ne leur permet pas de procéder à des importations à grande échelle. Donc, le raffineur reste le passage obligé pour 80 à 90% environ de la consommation nationale. Même après le démantèlement total des droits de douane, les distributeurs ne pourront jamais choisir librement entre les livraisons Samir et les importations des produits raffinés. Ils resteront tributaires du raffinage national à cause de l’insuffisance de leurs capacités de stockage reliées aux différents ports du Royaume. Au moment où la Samir investit davantage pour maintenir, voire même améliorer la quantité et la qualité de ses produits et partant, asseoir davantage son monopole, les sociétés de distribution se calfeutrent et se complaisent dans leur activité de “repreneurs en raffinerie”, en se débattant dans des faux problèmes de règlement, par l’Etat, des sommes dues par la Caisse de Compensation.


L’indexation pour le seul raffineur

Contrairement à ce qu’on dit, le système d’indexation n’a jamais cessé de fonctionner. En effet, seule la partie distribution a été gelée par le gouvernement alors que la partie raffinage a continué à fonctionner depuis 1995 jusqu’à nos jours. Et c’est justement cette partie qui n’est pas maîtrisable et ne profite par conséquent qu’au raffineur. Au moment où le prix du brut dépasse  la barre de 70 dollars le baril,  la Samir n’a tout de même pas acheté un seul baril à ce prix-là!! De toute façon, le système a été conçu de manière à ce que le prix du brut acheté par la Samir ne soit connu qu’après coup, à travers les publications de l’Office des Changes. Donc, même si la Samir achète son brut à des prix compétitifs par rapport au marché international, ses raffineries continueront à bénéficier de leurs marge et “coefficient d’adéquation” et à facturer aux sociétés de distribution un “prix théorique” élaboré par le ministère de tutelle sur la base des cotations internationales des produits raffinés. Alors que c’est le budget de l’Etat qui devrait en profiter et en faire profiter le consommateur c’est en réalité à la Samir que profitent toutes les fluctuations en baisse du cours du pétrole brut. Il est évident que ce sont les raffineries qui sont vraiment approvisionnées au moindre coût!! La politique énergétique du pays se trouve alors remise en cause et violée par notre système de fixation des prix des produits pétroliers.------------------------------------------------------------------------------------------------------------NB: Le présent article a été écrit au cours de la dernière semaine de janvier 2006

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