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    Privatisée prochainement par le biais de la Bourse : Eqdom: Activité en recul, mais rentabilité en hausse

    Par L'Economiste | Edition N°:133 Le 09/06/1994 | Partager

    Eqdom sera cédée en bourse prochainement. L'analyse de ses documents comptables laisse apparaître un recul de l'activité, une politique prudente et une rentabilité satisfaisante.

    La part de la CDG dans le capital de la société d'équipement domestique et ménager (Eqdom) sera mise en bourse incessamment. Le paquet de 244.000 actions représente 22,03% du capital de la privatisable. S'agissant d'une société connue, dont le titre est déjà coté en bourse, l'opération de communication ne devrait pas avoir plus d'envergure que celle précédant la mise en vente des actions SOFAC.

    D'ailleurs les deux sociétés présentent beaucoup de caractéristiques communes: équilibre financier, rentabilité, gestion prudente des provisionnements et augmentation régulière des fonds propres.

    Structure des crédits

    S'agissant d'établissements de crédit, cette dernière est dictée autant par les règles prudentielles régissant le secteur que par les politiques de développement: le renchérissement des crédits bancaires, en terme de coût d'opportunité, incite au renforcement des fonds propres.

    La mesure de l'activité de Eqdom est fournie par le poste en "cours acheteur" de son bilan. Ce poste loge les crédits-achats accordés. Après une augmentation de 6,85% en 1992 par rapport à 1991, celui-ci a enregistré un recul assez net en 1993. Il s'est établi à 721 millions dont 17 d'encours impayés non provisionnés. La baisse est importante; elle est de l'ordre de 24% par rapport à 1992 où l'encours acheteurs était de 951 millions.

    Cette baisse n'a eu aucun effet négatif sur le compte d'exploitation de l'entreprise. Les produits (les intérêts prévus sur crédit) sont passés de 140 millions de DH en 1992 à 165 millions en 1993, soit une augmentation de 17,85% contre une progression de 259 entre 1992 et 1991.

    Les produits recouvrent essentiellement les intérêts échus au cours de l'année et qui ne sont pas nécessairement dus au titre de crédits accordés la même année. La baisse de l'activité n'aura d'incidence que lors de l'exercice 1994, à moins qu'elle ne soit compensée par une variation à la hausse des taux d'intérêt ou des crédits accordés en 1994.

    La structure des crédits laisse apparaître un équilibre entre les prêts à moins d'un an et ceux supérieurs à cette échéance. La proportion en 1993 était de 56/44 en faveur des premiers. Cette structure du portefeuille est induite par l'activité d'Eqdom: celle-ci finance les acquisitions d'équipements domestiques et par extension les vélomoteurs.

    Provisions à 85%

    Le bénéfice net comptable a atteint, en 1993, 28 millions de DH contre 25 millions en 1992 et autant en 1991, soit 12% d'augmentation. Mais la hausse du bénéfice net est à apprécier en fonction de la politique de provisionnement choisie.

    Les dotations aux provisions sont passées de 14 millions de DH en 1991 à 28 millions en 1992 et à 43 millions en 1993, soit une augmentation annuelle de l'ordre de 50%. Cette politique tient compte des règles prudentielles, mais surtout laisse entendre une gestion très rigoureuse du risque "impayés".

    En 1993, l'encours dossiers impayés(1) était de 126 millions de DH, provisionné à hauteur de 108 millions, soit 85,71%.

    Le bénéfice d'exploitation se maintient: 45 millions de DH en 1991, 44 millions en 1992 et 49 millions en 1993, et ce malgré l'augmentation des dotations aux provisions. La maîtrise des charges et la hausse du volume des produits expliquent cette "performance".

    Le poste "Frais Financiers" est le poste de charge le plus important. A 44 millions de DH il représente 56% des charges d'exploitation hors provisions.

    Il faut cependant noter que le recul des prêts n'a pas entraîné un recul de l'endettement à court terme qui les finance. Celui-ci a augmenté de 40 millions de DH en 1993. Il totalisait 489 millions dont 213 millions en billets de mobilisation.

    L'endettement à long terme est essentiellement constitué par un compte courant associé de 72 millions de DH. Quant aux fonds propres, ils sont en hausse régulière grâce au maintien en partie des bénéfices au sein de la société. La réserve extraordinaire atteignait en 1993 25 millions de DH, les autres réserves disponibles 7 millions et le report à nouveau 5 millions. Les fonds propres atteignaient 160 millions pour un total bilan de 790 millions, soit 20,25%.

    J.B.

    Points saillants

    Une provision pour construction de logements pour le personnel de 3 millions de DH figure au passif d'Eqdom à fin 1993. Il s'agit donc d'un engagement de l'entreprise de construire des logements pour ses employés. Cet aspect social devra être pris en considération lors de l'opération de privatisation, même si la vente de la part CDG ne changera pas radicalement le conseil d'administration et pourrait ne se traduire par aucun changement au niveau de la direction.

    Le crédit Eqdom a une fonction sociale et économique très précise. C'est le seul établissement de crédit ouvert aux petits revenus. Ce faisant, il a permis à des centaines de milliers de foyers de s'équiper en appareils domestiques variés, en vélomoteurs... Ceci a eu pour effet d'élargir le marché pour ces produits car sans Eqdom ces "consommateurs" n'auraient pas pu y accéder. Le hic c'est que souvent le crédit Eqdom est utilisé comme moyen de trésorerie. L'appareil acheté par ce biais est revendu à perte pour renflouer les caisses familiales... ou payer des dettes.

    Eqdom est l'une des signatures privilégiées pour les billets de mobilisation. Au 31 décembre 1993 la société avait mobilisé 213 millions de DH par ce moyen; or, à cette date, ce mode de financement avait perdu de son attrait... pour les banques.

    Le titre Eqdom est très peu liquide. Les transactions en bourse le concernant ont atteint 194.136DH sur le marché officiel et 9.775.806DH sur le marché des cessions directes. Le cours de l'action a suivi la tendance générale à la hausse. En une année, il est passé de 170 à 350DH l'action, soit plus de 100% d'augmentation.

    Les frais de dossiers et d'annulation ont rapporté à Eqdom 7,8 millions de DH en 1993. Il s'agit de "menus frais" facturés aux clients au moment de l'étude de la demande ou de l'annulation d'un dossier.

    Dans le bilan Eqdom ils représentent 15 fois plus que les produits financiers (0,5 millions de DH) et 5% des produits de financement. Dans l'euphorie de l'accès au crédit, les clients ne sont pas regardants sur les à-côtés et il n'y a pas de petits profits.

    (1) Les paiements se font par prélèvements par l'employeur sur le salaire. Une échéance impayée signifie que le client débiteur a quitté son emploi. D'où faible chance de recouvrement et provision.

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