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    Economie

    Privatisations: Vingt nouvelles entreprises entrent en ligne

    Par L'Economiste | Edition N°:59 Le 24/12/1992 | Partager

    Avec la perspective du lancement d'une partie des actions de la CIOR dans le grand public, les opérations de privatisations changeront de registre. La "signature" retenue par le Ministère et son agence conseil, Shem's Publicité, résume le changement avec la formule "soyons actionnaires du progrès".

    Moulay Zine Zahidi, ministre de l'industrie et du Commerce qui a conservé le portefeuille de la Privatisation, a reçu les 21 et 22 Décembre, les journalistes pour marquer le tournant que prend la privatisation.

    Le ministre a aussi annoncé que les prochaines opérations concerneraient la CTM-LN, six sociétés de distribution pétrolière, la SNEP, SOFAC, Général Tire, COTEF, SETAFIL et ICOZ, sept hôtels(1). Il a par la suite ajouté que les trois sucreries du Tadla seraient aussi concernées par la ou les prochaines vagues.

    Au passage, le ministre a lancé quelques petites phrases qu'il faut interpréter, suivant le cas, comme un avertissement ou une ferme invitation.

    Entre dans la catégorie des petites phrases, son souhait d'avoir des "concertations" avec la CDG, lorsque celle-ci construit des hôtels, de manière à ce que le patrimoine public en hôtel "ne se reconstitue pas au fur et à mesure". Le ministre pondère néanmoins son analyse en rappelant le rôle de gestionnaire des fonds qu'a la Caisse.

    Toujours dans la catégorie des petites phrases, le ministre indique, à propos des hôtels, qu'il "faut retourner au contrat où il est précisé que le fonds de commerce appartient au propriétaire des murs". Moulay Zine Zahidi repose néanmoins le principe de "ne pas empiéter sur les droits du gestionnaire", tout en introduisant une distinction entre le fonds de commerce du propriétaire et celui du gestionnaire. Cette question avait été soulevée par M. Alami, PDG et fondateur de la chaîne Dounia Hôtels. Les divergences d'interprétations demeurent donc en l'état bien que cinq des prochains hôtels mis en vente soient gérés par cette chaîne(2).

    Enfin, lorsque le ministre annonce que trois sucreries figureront dans les toutes prochaines vagues, il indique implicitement que le plan de remise à niveau et de libéralisation pour le secteur devra être lancé au préalable.

    Communication sur le même du progrès

    Depuis qu'il est en charge du dossier, Moulay Zine Zahidi s'astreint à des rencontres régulières avec le public, soit lors de grands dîners ou déjeuners débats, soit comme cette semaine en conférence de presse. Ces contacts directs sont l'occasion de mesurer l'évolution des attentes comme des mentalités.

    Le dernier grand débat public remonte à Janvier 1992, à l'initiative de la CGEM-Rabat(3). Depuis cette date, les pôles d'intérêt ont évolué et dans l'ensemble les informations diffusées tout au long de l'année ont bien été intégrées.

    Il y a un an, ce sont les procédures et les propriétés foncières des privatisables qui retenaient le plus l'attention. Maintenant, l'intérêt manifesté à travers les questions des journalistes, va à la participation des épargnants, surtout les petits et à l'emploi, deux aspects qui ancrent les privatisations dans un cadre social, mais conçu de manière plus moderne. Il n'est remarquable que ces aspects de modernisation et de développement social aient été présents dès 1988-1989, dans la politique de privatisation, mais ce n'étaient pas ceux-là qui d'emblée avaient capté l'attention du public. Il était au contraire de bon ton de les contester. Progressivement, les perceptions ont évolué, tandis que la confiance dans les procédures et les hommes chargés de les mettre en oeuvre s'instaurait.

    A travers les questions des journalistes, transparaît une forme de revendication à la participation aux privatisations, même s'il est admis que la gestion de l'entreprise doit aller avec la responsabilisation d'un actionnariat de référence. La création d'un noyau de référence, avant la cession dans le grand public est typiquement la méthode retenue pour la CIOR.

    La capacité globale du marché à absorber l'ensemble des cessions n'a été soulevée que deux fois seulement, une fois sous son angle brut et une autre fois sous l'angle des concurrences avec les Bons du Trésor, alors qu'il y a deux ans, ces interrogations étaient au centre des débats.

    En revanche, sept fois en deux heures est revenu le thème de la place des petits actionnaires, le plus souvent marié avec la crainte que le prix de l'action soit inaccessible à un petit épargnant. Poussé à l'extrême, ce souci est allé, par deux reprises, jusqu'à s'inquiéter de ce que les hôtels soient vendus en tant que biens immeubles, donc indivisibles en petites parts !

    Selon toutes apparences, le thème central de la communication retenu par le Ministère et l'agence Shem's va donc s'intégrer sans heurt à l'attente actuelle du public: le changement du rôle de l'Etat ne fait plus interrogation, la revendication de participation y compris pour les petits épargnants est forte et le désir de modernisation est une évidence.

    N.S.

    (1) Cf L'Economiste du 10 Décembre 1992
    (2) Cf L'Economiste du 6 Février 1992
    (3) Cf L'Economiste du 30 Janvier 1992

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