×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière

Economie

Pression fiscale: Les CCI montent au créneau

Par L'Economiste | Edition N°:112 Le 13/01/1994 | Partager

M. Abdellah Azmani, président de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie, a organisé un point de presse autour de la Loi de Finances. Pression fiscale, ouverture du marché local, droits de douane et financement seraient, selon lui, les principaux handicaps pour l'entreprise marocaine.

La Fédération des CCI s'est exprimée sur le projet de la Loi de Finances. Il s'agit d'une première et M. Azmani, président de la Fédération, a promis d'en faire une tradition. Le jeu des questions-réponses a permis de dépasser le cadre du Budget lui-même pour dresser un panorama de l'entreprise locale, vue par l'un de ses canaux représentatifs.

Pour ce qui est de la Loi de Finances, M. Azmani a estimé que ce projet était en rupture avec les dernières lois de finances sur certains points. La relance des investissements, l'augmentation des budgets alloués aux secteurs sociaux et la relance des recrutements étatiques sont les principaux éléments nouveaux qu'il a répertoriés. "Ce sont des objectifs qui vont dans le bon sens", a-t-il affirmé. L'allégement fiscal inscrit dans le projet de Loi est estimé insuffisant par rapport aux pays à production concurrente.

Certaines dispositions ont été ouvertement critiquées par le président de la Fédération des CCI. L'augmentation du PFI "va affaiblir la compétitivité de l'industrie locale". Cette augmentation va toucher les matières premières et produits intermédiaires importés. Les secteurs d'activité exposés seraient donc parmi les plus vulnérables, car fortement concurrencés, contrairement à ceux qui valorisent des ressources locales. Le PFI apparaît à M. Azmani comme un frein à l'investissement puisque "dans d'autres pays, il n'y a aucun droit de douane sur le matériel d'équipement". La taxe sur le café aurait des relents inflationnistes et gênerait l'évolution des torréfacteurs.

L'amnistie fiscale écartée

Le financement de l'entreprise a occupé une place centrale dans les débats. "A l'endettement public prévu, il faudra sans doute ajouter le gap de 5 milliards"; le président des CCI a fait remarquer que l'option amnistie fiscale étant écartée, ce gap serait probablement financé par appel à l'épargne publique, diminuant d'autant les ressources à la disposition des entreprises. Les taux appliqués aux bons du Trésor et le volume des ponctions sur l'épargne opérées parle Trésor "tirent les taux débiteurs vers le haut". M. Azmani a estimé que les taux bancaires actuels n'étaient pas viables, que même l'appui aux exportateurs n'était plus que théorique. Les restrictions sur les préfinancements à l'export et l'augmentation des taux "constituent des handicaps pour les sociétés exportatrices déjà en butte à la fermeture des marchés".

L'administration a reçu de la part de l'ancien ministre du Commerce une véritable "volée de bois vert". "Les changements qualitatifs attendus n'ont pas eu lieu". Les procédures sont jugées fort contraignantes et compliquées. Les hommes aussi sont en question. M. Azmani réfute le discours généralisant: "ce ne sont pas les ministres qui touchent les pots-de-vin ou font faire aux usagers d'interminables allers-retours". Il plaide pour une action éducative de longue haleine, pour un développement de l'esprit civique. "S'il y a corrompu, c'est qu'il y a un corrupteur". Les lois en vigueur seraient bonnes, mais leur application pose problème du fait des fonctionnaires.

Evasion fiscale

L'entreprise fait aussi son mea-culpa sur deux sujets: autofinancement et évasion fiscale. "Les entreprises sont sous-capitalisées, ce qui les rend vulnérables en période d'assèchement des ressources bancaires". Il faudrait donc que les entrepreneurs "mettent la main au portefeuille" en même temps que le développement d'autres instruments: capital-risque et marché boursier sont évoqués. Quant à l'évasion fiscale, M. Azmani plaide là aussi pour l'esprit civique mais fait remarquer que la lutte contre la contrebande n'est pas efficace et que c'est la première source d'évasion fiscale. En outre, il rappelle que si les centres de gestion étaient mis en place, ils permettraient une certaine moralisation.

Les voeux de l'entreprise sont clairement exprimés: limite de la pression fiscale à 35% des bénéfices tout impôt compris, ouverture "maîtrisée" du marché local, amélioration de "l'environnement" général. L'objectif est de réduire le coût des facteurs de production. Mais fin politique, M. Azmani rassure les salariés: il n'est pas question de liberté "sauvage" de licenciements. Bien au contraire, il réclame pour les salariés une réduction de l'IGR pour atteindre l'équité fiscale. Le message de la Fédération des Chambres de Commerce et d'Industrie ne se distingue pas sur le fond de celui de la CGEM. Mais la représentativité institutionnelle des Chambres de Commerce (élus au Parlement) risque de donner plus d'échos au discours.

J.B.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc