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Economie

Présidence de la CGEM
La vision du candidat Elalamy

Par L'Economiste | Edition N°:2267 Le 03/05/2006 | Partager

. Apaiser et clarifier les relations avec le pouvoir. Reprendre les dossiers fiscaux. Défendre les entreprises contre les agressions déloyalesMoulay Hafid Elalamy est donc candidat à la présidence de la CGEM. Il est le premier à se déclarer, c’était attendu (cf. L’Economiste du vendredi 28 avril). Bouchaïb Benhamida, président de la fédération des BTP, très fortement sollicité, devrait également annoncer sa candidature dans les prochains jours. D’autres candidatures sont espérées, mais sont toujours en attente de la décision des principaux intéressés, c’est-à-dire les candidats eux-mêmes. En tout cas, personne n’attend les procédures pour faire campagne pour le candidat de son choix… ce qui augure bien de la campagne et de la vivacité du débat. Etant le premier à avoir déclaré sa candidature, il est donc le premier à exposer, dans les colonnes de L’Economiste, sa vision et son projet pour la CGEM.. L’Economiste: Vous avez dit que vous ne vouliez pas vous présenter, qu’est-ce qui vous a fait changer d’avis?- Moulay Hafid Elalamy: La CGEM, une maison que j’ai servie pendant quelques années en tant que président de la Fédération du commerce et des services, sous le mandat du président Lahjouji. Cette période fut difficile puisque nous avons eu à faire face à la campagne d’assainissement. Pour notre économie, un bien mauvais moment auquel nous avons mis fin par la négociation du fameux «gentlemen agreement». L’économie était complètement à l’arrêt, il nous incombait de la faire redémarrer. J’ai eu le sentiment, par la suite, que notre Confédération avait tendance à faire plus de politique que de se concentrer sur sa mission  première: promouvoir l’entreprise. Je me suis progressivement désengagé pour me consacrer pleinement au développement de mon groupe, Saham.. Et vous êtes revenu…- J’ai pris du temps pour changer d’avis. Ce qui m’a interpellé, c’est la déclaration du président de la CGEM, M. Chami, expliquant qu’en l’absence de candidats, la présidence de la Confédération serait assurée par intérim par une personne désignée par le tribunal de commerce! Cela m’a fortement secoué. Je me suis dit qu’on n’avait pas le droit de se désintéresser de la CGEM à ce point. Nous tous, opérateurs économiques, devons assumer nos responsabilités et redonner à notre Confédération sa pleine dimension. J’aurais souhaité que des hommes comme Saad Kettani (ancien président du groupe Wafa), ou encore Ahmed Chami (actuellement dans le groupe Saham et ancien patron de Microsoft Asie du Sud-Est), et quelques autres se portent candidats…. Quel rapport la CGEM doit-elle avoir avec le pouvoir?- Vous faites bien d’aborder ce sujet! Il me semble que nous nous sommes créés une nouvelle démonologie et il est temps d’y mettre fin. Soyons sérieux: sous quels cieux un entrepreneur gagne-t-il à être en mauvais termes avec les pouvoirs publics? Certes, ce jeu de rôle est tout à fait possible, mais oh combien contre-productif pour les entreprises. La CGEM n’est pas un parti politique avec pour vocation de conquérir des électeurs, c’est une instance en charge de la défense des intérêts des entreprises qui la composent, et de contribuer à promouvoir l’ensemble de l’économie. La Confédération a donc tout intérêt à créer et à faire appel à tous les canaux de communication possibles, afin de faire évoluer les projets et de régler tous les conflits qui peuvent entraver cette évolution. Nous devrions travailler de façon plus concertée avec les pouvoirs publics, à l’instar de l’élaboration des contrats-programmes sectoriels. Les résultats du secteur touristique militent dans ce sens. En un mot, la CGEM doit œuvrer pour établir une relation sereine et mâture avec le pouvoir.. Quelle est votre vision du libéralisme économique?- Le processus engagé est prometteur, mais soyons conscients que les étapes les plus délicates sont encore à franchir. La mondialisation s’accompagne inéluctablement de fortes perturbations. Toutefois, certaines de nos entreprises sont déjà bien positionnées pour faire face à cette globalisation. En effet, plusieurs fédérations sectorielles se sont pleinement investies et ont réussi à aider ces entreprises à appréhender les changements et à les intégrer. Nous devons monter d’un cran en impliquant la Confédération de façon systématique dans ce travail d’anticipation et d’accompagnement. . Quelle importance accordez-vous au volet fiscal?- Ce sujet est au cœur des débats et mérite à mon sens une approche méthodologique différente. Il est essentiel, pour un sujet aussi important que la fiscalité, d’y accorder tout le temps nécessaire pour préparer les projets, le plus en amont possible, et en concertation avec les fédérations et les instances fiscales. Le challenge consiste à alléger le poids fiscal qui pèse sur nos entreprises, tout en assurant à notre économie des recettes fiscales croissantes.Une des options que nous proposerons serait l’encouragement de la croissance économique en instaurant un système d’incitations fiscales plus volontaristes et plus ciblées.. Les ressources et les structures de la CGEM conviennent-elles à vos ambitions?- Des améliorations évidentes sont à apporter. Une instance telle que la CGEM exige un renforcement des ressources humaines et financières. La Confédération fonctionne uniquement avec les cotisations de ses membres; elle devrait multiplier ses sources de revenus en mobilisant des donateurs. Notre mission à la CGEM serait d’offrir aux entreprises adhérentes un service efficace, allant de l’anticipation de l’évolution de leur environnement, à la négociation avec les pouvoirs publics, en passant par l’accompagnement des mutations qu’elles auraient à entreprendre. La CGEM se doit aussi de défendre ses adhérents lorsqu’ils sont agressés de façon déloyale…. Pouvez-vous préciser «de façon déloyale»?- La concurrence loyale, l’évolution des marchés et de la demande, les changements technologiques… sont des agressions normales que doit affronter l’entreprise. En revanche, la concurrence déloyale, la contrebande, la contrefaçon, les blocages administratifs, sont autant de freins à l’évolution de notre économie. Il faudrait étudier et débattre de ces sujets dans la plus grande sérénité, et résoudre sans précipitation les entraves à la croissance que nous sommes tous impatients de vivre. C’est à ces niveaux que la Confédération devrait intervenir.


Entreprise citoyenne

«L’entreprise citoyenne» est sans doute le concept qui a été le plus utilisé ces dernières années, mais son contenu est variable, voire versatile. Pour le candidat à la présidence de la CGEM, respecter la loi, payer intégralement ses impôts et ses charges sociales, ne pas polluer sont des conditions de base, mais insuffisantes . Selon Elalamy, il n’est nul besoin d’obtenir illégalement ce qui est un droit légal; autrement dit: pas de corruption pour obtenir son droit! «La Fédération et la Confédération sont là pour imposer le respect des lois lorsqu’elles sont transgressées: elles ont le devoir de faire tout ce qui est en leur pouvoir pour que les entreprises adhérentes puissent travailler l’esprit libre».


Agma? J’en veux mille pour le Maroc!

“Libérons-nous du complexe de l’argent gagné par les entreprises», dit Elalamy, «j’ai gagné de l’argent avec Agma, comme mes co-actionnaires et comme les employés de ce courtier». Le candidat veut réhabiliter le gain qui, souligne-t-il, enrichit tout le pays. Il faut «promouvoir le développement de ce chiffre d’affaires global du Maroc». Il explique qu’il est difficile de convaincre des étrangers d’y investir si le Maroc conserve une vision régressive de l’activité économique. «Ne nous leurrons pas, personne n’investit s’il n’y a pas de perspectives de gains». Elalamy ne se plaint plus de ce que dans chaque interview «les journalistes lui ressortent Agma». Il estime que cette affaire a contribué à décomplexer les investisseurs: «Aujourd’hui, dix Agma ne feraient plus jaser personne, car on considère qu’il est sain qu’une affaire gagne de l’argent et surtout le fasse avec la transparence exigée dans les société cotées en Bourse, qui payent les impôts dus et réinvestissent». «S’il y avait mille Agma au Maroc, tout le monde s’en féliciterait, moi le premier!». «Avouez, lance Elalamy, que c’est mieux que d’investir dans un terrain, qui ne rapporte qu’à l’investisseur, au lieu de créer des emplois, des revenus, des produits, des impôts et des dividendes».«Fils d’un directeur de banque marrakchi, Moulay Hafid Elalamy a 46 ans; il avait commencé sa carrière au Canada (il est diplômé ingénieur en informatique de l’université de Sherbrooke) en tant qu’assureur, là où l’ONA était allé le débaucher en 1986 pour lui confier sa filiale récemment acquise, la Compagnie africaine d’assurance. Il convainc le groupe de s’investir dans toute la filière, assurance et courtage. Il entraîne aussi le groupe Benjelloun qui, à cette époque, avait déjà la SNI en commun avec l’ONA. Agma ne valait qu’une grosse bouchée de pain lorsque les trois partenaires la rachètent, tandis que Elalamy quitte le secrétariat général de l’ONA pour cause de conflit d’intérêt. L’Agma est redressée en un tour de main puis mise en Bourse où le cours explose… tout comme le scandale: beaucoup d’argent si vite venu! Personne n’a rien prouvé de délictueux à ce jour, mais le nom est resté emblématique du scandale qui mêlerait pouvoir et argent. Conséquence ou simple coïncidence ou encore signe avant-coureur: les relations entre Benjelloun et Filali se tendent, entraînant la chute de ce dernier. Mais la victoire du premier n’en est pas une, puisque du fait de Mourad Chérif (qui succède à Fouad Filali), Benjelloun perd son ticket à la SNI. Un vrai roman d’action… Pendant longtemps, qu’on se louât ou qu’on regrettât tout ce remue-ménage, c’est le nom de Moulay Hafid Elalamy qui y était attaché. Elalamy a alors évité les lumières de la rampe, s’attachant à monter, avec l’argent gagné chez Agma (il n’aurait pas dû vendre: aujourd’hui le cours est à 3.470DH) son propre groupe, Saham. A l’intérieur, figurent des entreprises de NTI, des centres d’appels, de l’immobilier, y compris de location, et la dernière acquisition, la compagnie d’assurances CNIA. Il se murmure que Saham serait intéressée à reprendre Axa, qui n’est autre que l’ancienne CAA! Un retour aux sources, que Elalamy ne confirme, ni n’infirme«Propos recueillis par Nadia SALAH

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