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    Politique Internationale

    Présentée par "2M" le 19 février : "Sayyed le boy" : 8 ans à l'affiche en Egypte

    Par L'Economiste | Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

    "El Ouad Sayyed Ech-charal" sera présentée en 2 parties par 2M. Cette pièce a battu un record: elle est restée pendant 8 ans à l'affiche. Les traditions du théâtre égyptien, l'excellente mise en scène et surtout la prestation de Adil Imam expliquent ce succès inhabituel.

    2M International programme pour ce mois de Ramadan une pièce théâtrale intitulée "El Ouad Sayyed Ech-charal" qu'on peut traduire par "Sayyed le boy". La première partie est programmée pour le samedi l9 février, la seconde le 26 février. Cette exclusivité a une particularité: la pièce date de 1985. Son producteur a refusé tout enregistrement tant que les représentations duraient. Or celles-ci ont tenu 8 années consécutives. Record absolu.

    Une telle réussite populaire ne peut être fortuite, et le casting, avec Adil Imam en tête d'affiche, n'explique pas tout. Comédie de moeurs, légère, l'intrigue n'a rien de sensationnel. Une famille riche recrute un "boy", Sayyed, pour aider le majordome qui se trouve être son oncle. Sayyed, naïf en apparence, mais doté d'un solide bon sens paysan, multiplie les "gags". La fille aînée de la famille est mariée à un amateur de divorces en série. Après 3 répudiations il est obligé d'envisager un remariage de sa dulcinée, avant de reprendre la série. L'époux éphémère est tout trouvé: Sayyed, du moins c'est ce que pensait la famille.

    Car Sayyed, après le mariage, refuse de rendre à l'habitué des "mazoun" sa femme.

    La suite est une joyeuse comédie humaine que les téléspectateurs pourront découvrir. Les sentiments, l'argent, le pouvoir font l'objet de clins d'oeil appuyés. Mais sans jamais tomber dans les clichés ni dans le théâtre-tribune.

    La tradition du théâtre égyptien

    L'une des constantes du théâtre égyptien est qu'il s'est toujours confiné dans "le spectacle". Le rôle éducatif - supposé - du plus vieux des arts est subordonné aux bords du Nil au divertissement. Même les sujets les plus corrosifs: la corruption, "l'ouverture" économique de Sadate et sa cohorte d'opportunistes sont traités de la même manière. Un humour populaire sans être vulgaire est de mise.

    Le théâtre en Egypte, contrairement à celui de la majorité des pays arabes, est une institution. Il date de la fin du 19ème siècle. La sortie en famille, au théâtre, est l'un des passe-temps, quasi oublié des couches moyennes égyptiennes. Si les salles sont combles, si les pièces comptent leurs représentations en milliers, c'est que le produit théâtre a un marché, une clientèle. L'existence de ce marché a évité la dérive "élitiste"; le théâtre d'avant-garde, euphémisme recouvrant en général les élucubrations d'intellectuels en mal d'Agora, n'a jamais eu de prise réelle sur les planches égyptiennes.

    Les salaires versés aux acteurs feraient saliver nos artistes en mal d'activité régulière. Le public y trouve son compte et le montre en se présentant assidûment aux guichets. La sanction n'est pas "médiatique" on intellectuelle, c'est celle du marché. Les pièces les plus réussies "tiennent" assez longtemps pour amortir les charges et laisser des bénéfices avant de faire le bonheur des commerces de K7. Les autres, rapidement retirées, laissent un trou au producteur.

    Adil Imam: Le monstre des planches

    Pour en revenir à "Sayyed le boy" il faut espérer que la version présentée par 2M ne soit pas celle de la pièce stricto-sensu. Car les K7 qui circulent montrent des versions très différentes. L'improvisation pimente la comédie plaisante par elle-même. Adil Imam, qui n'est jamais aussi à l'aise que sur les planches, y donne toute la mesure de son art. Taquinant le public, jouant avec les nerfs de ses partenaires, il donne un véritable récital improvisé.

    La "noukta", légendaire caractéristique égyptienne est mise en exergue. Le sens de la répartie n'est pas monopolisé par les acteurs et les échanges avec la salle sont croustillants. Au point qu'a certains moments, les acteurs paralysés par le rire s'arrêtent de jouer. Une telle symbiose s'explique par la simplicité des dialogues et la crédibilité des situations. Le public s'y reconnaissant facilement adhère et devient partie prenante de la comédie en représentation.

    Les films d'Adil Imam n'auront pas laissé des souvenirs impérissables, même si "L'Avocato" avait soulevé un tollé de l'Ordre des avocats. Par contre trois de ses pièces comptent parmi les classiques du théâtre populaire: "L'école des cancres", "Le témoin qui n'a rien vu" et "Sayyed le boy". S'il est le n°1 au box-office du cinéma égyptien, c'est essentiellement en raison de ses succès au théâtre. "Sayyed le boy" permettra aux téléspectateurs marocains de passer deux bonnes soirées, en attendant que la production nationale atteigne ce degré de perfection.

    J. B.

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