×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Economie

Pouvoir d’achat, inflation, compensation
Les dilemmes de Nizar Baraka

Par L'Economiste | Edition N°:2736 Le 17/03/2008 | Partager

. «L’effort de subvention a permis de contenir l’inflation». Pétrole: 1 dollar de plus génère un surcoût de 450 millions de DHPour un coup de promo et du parti et de l’action du gouvernement d’Abbas El Fassi, c’est bien réussi. Tout en usant de sa casquette de ministre délégué chargé des Affaires économiques et générales, Nizar Baraka n’a pas hésité à puiser son argumentaire dans le propre référentiel du parti de l’Istiqlal. Tout d’abord, le thème est on ne peut plus vendeur: Préserver le pouvoir d’achat, quelle politique? Ensuite, la conjoncture s’y prête à merveille. En effet, la table ronde de la section Sidi Belyout du Parti de l’Istiqlal, qu’animait jeudi dernier Nizar Baraka intervient à deux jours de la célébration de la Journée mondiale de la consommation. Et l’anniversaire a été scellé dans la mesure où le premier intervenant de la table-ronde n’est autre que le président de la toute jeune Association de l’observatoire national de la consommation. Sans verser dans le sujet, ce dernier n’a fait que regretter la longue gestation dans laquelle sommeille toujours le Code de protection du consommateur. En revanche, le ministre délégué se voulait rassurant en insistant sur «la volonté inébranlable du gouvernement à sauvegarder le pouvoir d’achat des couches défavorisées». Mais aussi globalisant en déclinant les objectifs du «nouveau contrat social», cher au Premier ministre et chef de file des istiqlaliens. Par ces temps marqués par un trend haussier des produits pétroliers, des matières premières et autres denrées alimentaires de base, Nizar Baraka est catégorique: «Aucune hausse ne sera répercutée sur les produits subventionnés». Discours anesthésiant? Ou signe avant coureur d’un redéploiement de l’actuelle loi de Finances? Car les faits sont là. Le budget réservé à la compensation des produits pétroliers, soit 13 milliards de DH, sera épuisé d’ici juin prochain. Peut-être bien avant, si le rythme de la flambée du brut s’annonce soutenu. Or, toute répercussion à la pompe attiserait ipso facto une spirale des hausses aussi bien à la production qu’à la consommation. Nizar Baraka en est conscient. Seulement, il se refuse à dévoiler les pistes qui seront explorées pour renflouer la Caisse de compensation, en cas de tarissement. Ceci s’entend! Tout au plus, il tient à souligner «que les pouvoirs publics disposent de plusieurs moyens pour subvenir aux besoins de la Caisse». Lesquels? Point de précision. «Toujours est-il que la tendance haussière peut à tout moment se renverser», tranche le ministre. Pourtant, le tribut est lourd à supporter. «Lorsque le prix du brut augmente d’un dollar, la Caisse de compensation doit débourser 450 millions de DH», reconnaît Baraka. Et le manque à gagner au niveau de l’investissement est considérable. En 2002, le budget dédié à la compensation se situait juste aux alentours de 4 milliards de DH. Il a été multiplié par 5 en 2007, du fait qu’on a dû l’augmenter de quelque six milliards de DH, à mi-parcours de l’exercice, pour cumuler à 20 milliards. Sans compter bien sûr le manque à gagner pour le Trésor au titre de la suspension des droits de douane en faveur des blés, aliments de bétail et produits laitiers. Abstraction faite aussi des subventions octroyées à ces derniers produits qui relèvent de l’Office national interprofessionnel des céréales et légumineuses. En tout, les estimations les plus optimistes tablent sur un montant de 30 milliards. Autrement dit, environ 30% de l’enveloppe globale des investissements publics retenue pour l’exercice en cours. Or, rien que les 6 milliards, injectés en plus en 2007, représentent, selon Baraka, l’équivalent de 6.600 km de routes rurales ou encore le coût de réalisation de 222 dispensaires. Qu’importe! «L’effort de subvention, tous produits confondus, a permis de limiter le taux d’inflation à 2,1%». A défaut, le cap de 5% aurait été largement dépassé, révèle le ministre délégué. Et pour cause! L’équilibre observé entre l’évolution des prix et des revenus durant la période 2001-2006 a été subitement rompu en 2007, sous la pression inflationniste enregistrée à l’international. En cinq ans, les revenus avaient augmenté de 36% et les prix d’à peine 30%. Cette évolution positive assurait la sauvegarde du pouvoir d’achat. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les prix augmentent plus rapidement que les revenus. Et les solutions résident plutôt dans l’accélération du processus de création d’emplois, convient Baraka. (voir article page 6). «En attendant, le gouvernement fera tout pour maîtriser la flambée des prix», tranche Baraka. A coups de subventions mais aussi par un contrôle suivi et ciblé. Il n’empêche qu’une infime partie des subventions, soit 15%, profite réellement aux couches défavorisées. Renverser la donne, c’est tout l’objectif recherché à travers la réforme de la compensation.A. G.

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc