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Pourquoi pas un plan Azur pour le 7e art...

Par L'Economiste | Edition N°:2727 Le 04/03/2008 | Partager

. Un dispositif fiscal anachronique et asphyxiant. Intégrer le cinéma dans le schéma urbain Au Maroc, le cinéma est un produit de luxe. Les recettes d’exploitation sont «taxées, entre autres, à 23%», s’indigne le président de la Chambre marocaine des salles de cinéma (CMSC), Abdelhamid Marrakechi. Il n’est pas avare de détails: «5% vont au CCM, 5% pour l’Entraide nationale (plus connue par “le droit des pauvres”), 10% pour le fonds d’aide au cinéma national, 1% pour la Palestine, les droits d’auteurs». S’ajoutent aussi les impôts communs: patente, taxe d’édilité… «La plupart des exploitants ne règlent plus le fisc parce que, financièrement, ils ne tiennent plus», poursuit-il. Pour le montant des arriérés, on ne saura rien...Les droits de douane à l’importation de matériel accentuent l’asphyxie fiscale. Ils peuvent «atteindre jusqu’à 100% pour les fauteuils». Par ailleurs, l’étude stratégique lancée par le CCM, révèle que «la TVA de 20% n’est pas récupérable pour les investissements de modernisation et d’équipement». Les «prix des billets sont exonérés de TVA» sauf que les entrées sont en chute libre depuis longtemps. Plus grave, cette législation, calquée sur la France il y a plusieurs décennies, persiste à sévir malgré la crise. Entre temps, «le législateur français a réformé les lois en octroyant même des subventions. Chez nous, on continue à taxer à mort», s’exclame Al Houssin Boudih, gérant de Cinemas del norte. La taxation est devenue donc anachronique. Et la situation est encore plus corsée pour les réalisateurs (voir p. 5). «Dans les années 80, il y avait plus de 40 millions de spectateurs par an. Fin novembre 2007, on en était à peine à 2,5 millions», rappelle le président de la CMSC. Conséquence, les salles de cinéma ne valent plus que le terrain qu’elles occupent. Les promoteurs immobiliers se frottent les mains. Certaines d’entres elles, comme le Lynx à Casablanca, réalisait un chiffre d’affaires hebdomadaire de 150.000 DH. Aujourd’hui, «il ne dépasse pas les 20.000 DH par semaine». Au Maroc, l’indice de fréquentation est plus que faible: 0,2% par habitant(1). Autrement dit: «Le cinéma ne fait plus partie des habitudes de loisirs des Marocains! Et 60% d’entre eux y vont une fois par an, voire jamais», constate l’étude du CCM. Les causes ne manquent pas. Même le sentiment d’insécurité est inclus!Les distributeurs de films n’ont pas été épargnés non plus. Sur plus d’une quarantaine de maisons de distribution, seules 4 continuent à survivre. A tel point que le Mégarama est devenu de facto distributeur. Il peut se permettre ce luxe «puisqu’il a financièrement les reins solides», explique-t-on. Evidemment, la majorité des professionnels pointent du doit le piratage, les chaînes satellitaires… Toutefois, des voix dissonantes s’élèvent. «La crise des exploitants de salle de cinéma a commencé avant le piratage. Ils ont accusé un grand retard», explique Kamal Mghazli, directeur exploitation au CCM. Ils n’ont pas pu, entre autres, anticiper la vague numérique et «la gestion des salles a été plombée par son mode rentier», analyse, pour sa part, Adil Semmar, responsable du portail Maghrebarts. Il critique aussi leur manque de réactivité commerciale: formules week-end, étudiants, familles… Et des querelles entre certains distributeurs ont fini aussi par freiner toute initiative. Pourtant, les idées ne manquent pas. «Appliquons d’abord la loi antipiratage, impliquons les fournisseurs d’accès à l’Internet pour réduire le téléchargement illégal, supprimons les taxes…», revendiquent les membres de la CMSC. En 2005, la Chambre a envoyé une lettre au Cabinet royal. Un courrier a été adressé en janvier dernier au ministre de la Communication, Khalid Naciri. Ce n’est pas la première fois. Son prédécesseur, «Nabil Ben Abdellah a fait des promesses, mais…», déclare le président de la CMSC. Seules quelques circulaires ont été signées par l’ex-ministre de la Justice. En faisant un diagnostic, l’étude stratégie 2017 du CCM l’énonce clairement: il y a un «manque de volonté politique pour repositionner le cinéma…». Résultat par exemple, même pas de salle obscure à Ouarzazate, une ville où sont pourtant implantés les grands studios du 7e art! Or, un plan de développement est valable aussi bien pour le tourisme que la culture. On peut imaginer des incitations financières pour les investisseurs, des politiques de prix ciblés, formule de fidélisation, diversifier le parc et l’offre: salles de quartiers, multiplexes, salles Art et essai… «La conception des schémas urbains doit intégrer les salles de cinéma. C’est la mixité sociale du public qui est en jeu», argumente encore Mohammed Bakrim, chargé de communication au CCM. Inutile de payer, en devises, encore une fois, des experts alors qu’une étude existe déjà: certes, elle a ses faiblesses(2), mais elle peut servir déjà de plate-forme de réflexion.F. F. ----------------------------------------------------------------(1) Les chiffres de cette étude se basent sur la période allant de 1994 à 2005 (www.ccm.ma).(2) C’est le cas pour la hiérarchisation des priorités (1 ou 2).

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