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Courrier des Lecteurs

Pourquoi la Bourse a du mal à redécoller

Par L'Economiste | Edition N°:615 Le 13/10/1999 | Partager



· La méfiance des investisseurs bloque les placements
· Les petites habitudes rompues, les analystes n'arrivent plus à se prononcer
· De plus en plus mûr, le petit porteur a appris à interpréter
les résultats des sociétés cotées



Décidément, l'année 1999 aura marqué l'histoire de la Bourse des Valeurs de Casablanca. Pour la première fois, la place a rompu avec un rythme cyclique qui s'était installé depuis quelques années: montée des cours au premier trimestre suivie d'un essoufflement qui précède la reprise à la rentrée des affaires. Les recherches des analystes, les recommandations des sociétés de bourse et même les orientations de placements des investisseurs étaient jusque-là basées sur cette périodicité.
La première déception de l'année a été l'annonce de résultats annuels 1998 grevés par la contribution libératoire. Le marché commençait à peine à se ressaisir lorsqu'a démarré une vague de repositionnements stratégiques. Les volumes ont alors explosé, mais largement sur le marché de blocs et pas sur le marché central.

La dernière carte


Les cours, eux, sont devenus très volatiles. Dépassé par les événements, le petit porteur est devenu de plus en plus méfiant devant cette bourse qui ne progresse plus comme autrefois.
Face à cet imbroglio, les analystes jouaient leur dernière carte, celle des résultats semestriels. Surprise, même l'annonce de performances exceptionnelles (allant jusqu'à 300%) n'a pas sorti le marché de sa léthargie. L'indice continuait à tâtonner et les volumes étaient toujours plats sur le marché central. Pendant ce temps, les opérations stratégiques des grands groupes étant terminées, le marché de blocs est devenu lui aussi plat.
Comment expliquer donc ce manque de réactivité de la place? Un petit sondage auprès de spécialistes a montré que l'investisseur marocain, petit porteur notamment, a mûri. "Il a appris à lire entre les lignes et à interpréter chaque poste du bilan", explique M. Omar Amine, directeur associé d'Eurobourse. Un avis que partagent les analystes de BMCI Bourse: "L'investisseur sait désormais distinguer entre un résultat exceptionnel dopé par les plus-values et un résultat d'exploitation". Trois types de résultats ont caractérisé les chiffres des sociétés cotées à fin juin. Une grande partie des performances annoncées étaient gonflées par des plus-values de cession. C'est le cas par exemple de la BNDE, la BMCE (cession de participations dans Crédit du Maroc), la Cior. La deuxième catégorie de résultats est celle dite "changement de méthodes".
Cette dernière correspond aux deux sociétés, l'ONA et la Samir. La holding a en effet changé son périmètre de consolidation par la mise en équivalence des résultats de la SNI. Pour ce qui est de la raffinerie de Mohammédia, la fusion avec la SCP a été à effet rétroactif.

En attendant le déclic


Enfin, les progressions méritées reviennent à une partie relativement restreinte de la cote. Ces progressions ont plus trait aux projets de développement et à la visibilité stratégique des sociétés. Les deux filiales d'Afriquia en sont le meilleur exemple. Introduites il y a quelques mois, l'une a respecté à la lettre son plan de développement (Afriquia Gaz) et l'autre a ramené à zéro son endettement (Maghreb Oxygène). Par ailleurs, le résultat affiché par Imiter est intéressant dans la mesure où la société a provisionné 39 millions de DH pour reconstitution de gisement. Ce qui est très important, sachant que "les deux éléments déterminants dans la valorisation d'une mine sont sa durée de vie et ses réserves", explique un analyste. Mais la bonne surprise du semestre a été Oulmès qui a réussi son pari et affiché des résultats en ligne avec les prévisions. Les cimentières n'ont pas déçu. Malgré une activité cyclique, les cimenteries ont affiché de bons indicateurs: désendettement important, investissements lourds,...
A plus de deux mois de la fin de l'année, la communauté financière est incapable d'émettre une prévision quant à la performance de la place d'ici la fin de l'année. Les plus optimistes continuent à croire au miracle. Les plus réservés tels que Sogebourse affirment qu'"en l'absence d'effet d'annonce, l'accalmie boursière devrait se poursuivre". D'autres, plus réalistes, avouent que "le retournement de tendance reste tributaire d'un déclic qui n'arrive toujours pas".


Où investir


Le temps où les recommandations de placement se faisaient par secteur est révolu. Désormais, les analystes préfèrent y aller par valeur et au cas par cas. Les valeurs qui se dégagent du lot sont l'ONA, la BMCE, Wafabank, Ciments du Maroc, Cior, Lafarge, Afriquia Gaz et Maghreb Oxygène.
D'autres valeurs disposent d'un potentiel jugé important, à condition que l'environnement dans lequel elles évoluent présente une meilleure visibilité. C'est le cas de Cosumar, Lesieur, Centrale Laitière, Brasseries du Maroc, Branoma et SMI.
Le point commun entre ces sociétés est leur endettement nul avec tout ce que cela suppose comme capacité d'investissement.
Les canards boiteux de la cote sont: Longométal, Papelera de Tetuan (dépendance dans les prix de la pâte à papier), General Tire (la société semble peiner à mettre en place un plan de restructuration).


Les cimenteries, vedettes du marché


Les cimentières raflent la vedette aux autres valeurs de la cote. Les analystes sont unanimes: le secteur cimentier est un secteur d'avenir.
Il présente des opportunités de développement importantes (projets d'infrastructure, logement social...). Avec comme point fort: un actionnariat solide adossé à de grands groupes internationaux. Ceci intervient au moment où les autres secteurs ne connaissent pas d'évolution remarquable: Le bancaire est quasi saturé, les assurances sont tributaires des seuls mouvements de rapprochement et le crédit à la consommation se trouve de plus en plus "étouffé" par la baisse continue du TEG (Taux Effectif Global).
A en croire les analystes de la place, toutes les sociétés cimentières inscrites à la cote présentent un bon potentiel (gestion optimale de la structure financière, investissement, capacité d'endettement importante). Dans le cas de la Cior, sa structure financière saine lui permet de participer aux grands projets. Pendant plusieurs semaines, son cours a profité des spéculations autour de l'ouverture des frontières maroco-algériennes et de développement de projets communs. Lafarge a annoncé un résultat net en baisse de 9% sous l'effet des travaux entamés dans l'usine du Nord. A noter cependant que le bilan à fin juin fait ressortir un indicateur très important: l'endettement a été réduit à hauteur de 94% par rapport à juin 1998. L'événement du semestre a été la concrétisation de la fusion Cimar/ Asmar qui est maintenant sur les rails. Ce qui permettra au groupe international Italcementi d'élargir son périmètre géographique.
Ce n'est donc pas par hasard que la SNI a misé gros sur ce pôle. Elle est présente dans les tours de table de Lafarge Maroc, de Ciments du Maroc et d'Asmar.

Hanaa FOULANI & Youssra MAHFOUD

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