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Tribune

Pour une réhabilitation et une consécration de la PMI/PME

Par Tayebi GUEMOURIA*

Par L'Economiste | Edition N°:613 Le 11/10/1999 | Partager


· Recul dans les textes législatifs
· Ce sont les petites entreprises qui font la force et le bonheur des grands groupes industriels qui sous-traitent partout dans le monde


Ce n'est pas un hasard si la Banque Mondiale s'intéresse à la PMI/PME, aujourd'hui seulement et pas hier. Elle doit peut-être tabler sur elle pour mieux comprendre et surveiller son comportement afin d'ajuster sa stratégie au Maroc à la veille du 3ème millénaire. Une PMI/PME dynamique est-elle la clé de cette grande porte qui donne sur le monde libre des affaires et des échanges qui, sans elle, la Banque Mondiale deviendrait comme un film que l'on projette dans une salle vide de spectateurs, ou est-ce seulement une structure qui disloque l'économie et travaille à la limite de l'informel? Est-elle aussi capable d'évoluer dans un contexte concurrentiel et placide et résister aux secousses des marchés de plus en plus déréglementés ou bien restera-t-elle tout ou plus cet outil qui a besoin de respiration artificielle pour survivre et qui finira dans tous les cas par rendre l'âme un jour ou l'autre?
Les projecteurs qui seront braqués aujourd'hui vendredi sur elle grâce au colloque organisé par sa Fédération Nationale affiliée à la CGEM permettraient peut-être de répondre à ces questions.
Ce forum devra sortir avec un ensemble de recommandations applicables et capables de l'insérer dans la dynamique macro-économique pour jouer pleinement le rôle de moteur de développement qui lui est dévolu.

Plusieurs chantiers à mettre en oeuvre


La problématique est beaucoup plus complexe que l'on imagine et plusieurs chantiers sont à mettre en oeuvre pour répondre aux attentes des entrepreneurs ayant réalisé leurs projets ou qui sont en cours de le faire.
On ne va pas s'attarder sur les retombées immédiates de la jeune entreprise en matière de création d'emplois et de lutte contre le chômage ou son adaptation souple et facile aux mutations économiques qui la guettent ni à la concurrence qu'elle provoque dans les marchés, mais nous voulons surtout faire allusion aux multiples handicaps qui freinent son maintien en vie et étouffent sa croissance.
D'abord, les pays les plus développés comme le Japon, la France ou l'Allemagne disposent d'agences étatiques qui sont son "tuteur légal" et veillent au petit soin à sa bonne santé morale et matérielle. Elle n'est donc pas abandonnée à son propre sort et trouve auprès de ces départements un interlocuteur de proximité qui comprend ses difficultés et partage avec elle ses déboires. Chez nous par contre, une PME/PMI est traitée comme tout un chacun sans distinction aucune avec une grosse entreprise en mesure de défendre ses intérêts et parfois imposer ses lois. Si elle cherche un terrain, elle doit le négocier au prix du marché; si elle demande un crédit, elle doit présenter les garanties nécessaires et suffisantes; et si elle veut obtenir les autorisations administratives, elle doit se perdre dans les labyrinthes des services publics et s'armer de patience et de courage, ou bien renoncer et voir ses rêves se perdre dans la nuit des temps!
Bien pis, on assiste à un recul dans les textes législatifs qui, autre fois au moins, lui réservaient une définition juridique dans le code des investissements industriels de 1983 et bénéficiait d'une reconnaissance de droit. Mais avec l'avènement de la charte des investissements de 1996 les avantages auxquels elle aspirait sont devenus inscrits dans le droit commun et son statut abrogé.
Alors, pour un pays qui prétend que son tissu économique est composé à plus de 90% de PME/PMI, une telle indifférence cache-t-elle un intérêt tout particulier pour d'autres entités alternatives ou s'agit-il tout simplement de mesures prises dans la précipitation et le besoin de lâcher les plus démunis pour ne traiter qu'avec les plus forts en mesure de se "mettre à niveau" et de jouer le jeu de la compétition internationale et de l'ouverture à outrance de nos marchés. Dans tous les cas, il est urgent et impératif de revoir cette approche pour la bonne raison que même les grandes entreprises ne peuvent pas résister à la tempête du commerce international libre si elles ne sont pas relayées et accompagnées par des jeunes entreprises performantes qui leur fournissent à bas prix les biens intermédiaires dont elles ont besoin ou les services qu'elles nécessitent. Autrement dit, le destin des uns et des autres est organiquement lié au risque d'assister à leur mort lente et douloureuse.

Pacte de solidarité


Ce n'est plus un secret pour personne d'ailleurs que ce sont les petites entreprises qui font la force et le bonheur des grands groupes industriels qui sous-traitent partout dans le monde et fidélisent "les petits prodiges" par tous les moyens dont ils disposent. Un véritable pacte de solidarité et de coopération est scellé entre les deux partenaires comme au Japon où les liens professionnels deviennent si denses que les uns se confondent dans les autres et chacun s'identifie à l'autre.
On doit aussi comprendre que ces grandes et puissantes entreprises, dont on a tant besoin et rares encore chez nous au demeurant, ont souvent été à l'origine familiales et ont pu acquérir la dimension internationale grâce certes au génie de leurs maîtres mais aussi aux appuis de l'Etat et sa sollicitude. Par conséquent, une démission vis-à-vis de ces entités est inexplicable et induit des conséquences graves. Alors que nos entrepreneurs se débattent pour s'inscrire au Registre de Commerce pour obtenir les autorisations appropriées, en Union Européenne, des milliers voient le jour en même temps et font tourner l'économie à une vitesse vertigineuse.

* Directeur de la CCIS/M, l'auteur de cet article parle à titre personnel.


Une assurance-garantie sur les crédits

Il est temps de clarifier les statuts de la PME-PMI et celui de la grande entreprise en apportant au niveau de la charte d'investissement les aménagements nécessaires à cette catégorisation en termes de mesures incitatives de nature fiscale ou douanière et élargir la définition aux secteurs d'activités sans distinction aucune entre l'industrie et l'artisanat, les mines et le tourisme, le commerce et l'agriculture et les services, car ils sont tous pourvoyeurs d'emplois et de richesses.
Il est également souhaitable de mettre en place une assurance garantie sur les crédits sollicités par les PME-PMI cautionnés par les collectivités locales et les chambres professionnelles pour activer auprès des banques l'agrément des dossiers de crédit, comme il est aussi raisonnable d'étendre la loi qui régit les projets des jeunes promoteurs à tout projet PME-PMI et considérer son titulaire comme étant aussi un jeune promoteur abstraction faite des diplômés de la formation professionnelle. C'est là une limite à la création d'entreprises injustifiée et en contradiction avec l'esprit de la charte d'investissement qui a rapidement dévoilé ses imperfections et appelle à sa refonte et à sa révision en intégrant dans son giron et en réhabilitant à juste raison la PME-PMI...

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