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Economie

Pour créer de noveaux centres emplisseurs et des bouteilles : Le prix du butane augmente de 10%

Par L'Economiste | Edition N°:203 Le 09/11/1995 | Partager

Le marché du butane croît chaque année de 8%. Les besoins en investissements du secteur sont de plus en plus importants (centres emplisseurs, renouvellement des bouteilles). Les pouvoirs publics augmentent les marges. Conséquence: augmentation des prix de 10%.


"L'augmentation des marges était inévitable depuis déjà dix ans", affirment les responsables de la Direction de l'Energie au Ministère de l'Energie et des Mines. "Le blocage des marges depuis 1986 est une erreur, il aurait mieux valu effectuer des hausses étalées".
Résultat: le prix du butane a augmenté de 10%. Il passe à un prix variant entre 39 et 43,44DH, selon la zone, pour la bouteille de 12kg, alors qu'il était compris entre 35,50 et 39,94DH.
La bouteille de 3 kg passe, quant à elle, d'un prix variant entre 9,15 DH et 10,26 DH à 10 DH à 11,11 DH.
Cette hausse, qui ne répond cependant pas aux attentes des professionnels, leur a été accordée, selon les responsables de la Direction de l'Energie,"pour leur donner une bouffée d'oxygène".
Cette première augmentation doit faire partie d'un train de hausses. A l'origine, les sociétés de distribution réclamaient à elles seules 14 DH de plus sur le prix de la bouteille de 12kg. "Cette augmentation est inacceptable et ne tient même pas compte des hausses de marges pour les dépositaires et les détaillants".
En effet, les investissements dans le secteur sont faibles depuis le blocage des marges, alors que le marché croît à un rythme de 8% par an. Actuellement, la consommation nationale est de 800.000 tonnes de butane.

Unification des prix


La politique de l'Etat a eu pour objectif dès le départ d'unifier au maximum les prix à travers le pays. Elle a encouragé les investissements pour la création de centres emplisseurs dans toutes les régions. Autour de chaque centre emplisseur, la zone est divisée en 4 catégories. La zone 0 où se trouve le centre se voit appliquer le prix de base. Puis ce dernier est majoré du coût du transport suivant les zones. La zone 1 se situe dans un cercle de 50 km; au-delà commence la zone 2. La zone 3 est réservée aux régions de Rachidia et de Ouarzazate.

Il existe actuellement 24 centres emplisseurs à travers le pays. Il en faudrait plus de 40 d'ici à l'an 2010, selon le Ministère de l'Energie. Une quinzaine d'autorisations sont en cours d'attribution. Chaque investissement représente en moyenne 45 à 50 millions de DH.
L'objectif est de multiplier les centres emplisseurs de manière à unifier les prix.
Hormis la création de nouveaux centres, le renouvellement des bouteilles de gaz est également problématique. Les sociétés refusent d'investir dans les bouteilles du fait du blocage des marges. Il y aurait, selon une étude des professionnels, près de 20 millions de bouteilles de gaz en circulation. La durée de vie d'une bouteille de 12 kg est de 25 ans, et celle de 3 kg de 30 ans. Avec la croissance du marché et la vétusté d'une bonne partie du parc actuel, ces investissements s'imposent pour des raisons de sécurité. Chaque société a une couleur particulière pour sa bouteille et chaque centre a sa capsule, pour permettre une meilleure responsabilisation des intervenants.

Structure du prix du butane


"La libéralisation des prix pétroliers et la politique de privatisation des sociétés du secteur vont inéluctablement entraîner une libéralisation des marges", affirment les responsables de la Direction de l'Energie. La hausse de novembre 1995 n'est pas consécutive à des variations des coûts de la matière première. "Ce n'est pas le contenu qui a augmenté, mais le contenant", soulignent ces responsables. Les besoins du pays sont pour les 3/4 importés, alors qu'en 1984 les importations n'étaient même pas de 50%. La production locale n'est actuellement plus possible dans cette proportion du fait de la saturation de la capacité des raffineries. Au niveau international, le prix fluctue principalement à cause du fret. Mais cette fois-ci, les hausses des prix visent essentiellement les marges.

La structure du prix du butane est très particulière. Celui-ci est subventionné dès son arrivée. En effet, le "prix de reprise", qui est un prix sortie raffinerie, ne tient pas compte des fluctuations des cours internationaux, par le jeu des subventions. A ce prix s'ajoutent une TIC (taxe intérieure à la consommation) symbolique de 46 DH la tonne, une provision de 50 DH la tonne pour le transport en vrac, et les marges des sociétés de distribution et des dépositaires. Les sociétés de distribution sont au nombre de 20 et les dépositaires 500. Contrairement aux autres carburants où la TIC est 100 fois plus importante, celle-ci n'a pas un rôle de ponction fiscale. Quant à la provision de 50 DH pour le transport, chaque centre doit payer cette somme à la Caisse de compensation où elle est ensuite redistribuée aux centres éloignés pour minimiser les effets du transport entre les raffineries et ces centres. Il s'agit en quelque sorte d'un fonds de péréquation.

Fatima MOSSADEQ

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