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Economie

Poulpes: La filière rebondit après une sévère cure de minceur

Par L'Economiste | Edition N°:2832 Le 01/08/2008 | Partager

Entretien avec le directeur général de l’Office national des pêches. Le plan d’aménagement de 2003 a remis à flot l’activité . Débarquements en hausse et amélioration des revenus des pêcheurs. Sans être totalement étanche, le dispositif anti fraude marque des pointsAprès cinq ans d’une restructuration drastique, la filière du poulpe, l’une des plus convoitées et les plus rémunératrices dans le secteur des pêches, a de nouveau le vent en poupe. Cette prospérité tient à deux facteurs: la reconstitution de la ressource et la réduction de la voilure de la flotte. Majid El Ghaib, directeur général de l’Office national des pêches, explique ce renouveau.- L’Economiste: Quelle évaluation faites-vous du plan d’aménagement poulpier? Il avait soulevé des controverses à son lancement.- Majid El Ghaib: La filière a été complètement relancée comme l’attestent les débarquements ainsi que les campagnes de prospection de l’Institut national de la recherche halieutique (INRH). Si le chiffre d’affaires global de la pêche artisanale et côtière (2,3 milliards de DH) enregistre une croissance spectaculaire de 37% au premier semestre, cela tient essentiellement à la progression des débarquements du poulpe. Au niveau de la première vente, le chiffre d’affaires de la filière a plus que doublé pour atteindre 927 millions de dir-hams. La crise des années 2003 et 2004 est donc loin derrière. Il faut également signaler que d’importants efforts d’investissement ont été consentis afin d’assurer le suivi et la réussite de ce plan. En 2008, lors de la campagne d’hiver, qui a démarré en janvier, un quota global de 35.000 tonnes a été alloué aux trois segments de pêche au poulpe. La campagne d’été, qui a démarré en juillet, a bénéficié d’un quota de 16.000 tonnes. C’est donc un total annuel de 51.000 tonnes qui a été alloué aux trois segments de la pêcherie poulpière. Nous sommes donc arrivés au niveau d’exploitation recommandé par l’INRH au début des années 2000. - Avez-vous réussi à endiguer la fraude qui gangrenait la filière?- Le plan d’aménagement était assorti d’une procédure de traçabilité qui, aujourd’hui, a permis de réduire presque à la marge les pratiques frauduleuses. Les chiffres le montrent clairement: en 2003-2004, l’écart entre les débarquements et les exportations était considérable du fait de l’existence de l’informel. Aujourd’hui, cet écart a été considérablement réduit pour se situer en dessous de la barre des 10%. Les contrôles ont gagné en efficacité grâce à l’amélioration de systèmes d’information et à une meilleure coordination de différents intervenants sur la chaîne. - L’objectif de reconversion partielle des collecteurs de poulpe a-t-il été atteint? - Il faudrait tout d’abord rappeler que l’un des objectifs stratégiques de la matrice du plan d’aménagement a été la réduction de l’effort de pêche artisanale active au niveau de Dakhla. En 2004, plus de 6.000 barques exerçaient la pêche au poulpe au large de cette région. Ce qui constitue un effort de pêche dépassant largement les capacités de renouvellement de cette pêcherie. Cette surpêche a été, en partie, à l’origine de la crise vécue en 2003 et 2004. L’une des recommandations de la «matrice» a été la réduction du nombre de barques opérant au niveau des trois sites de pêche relevant de Dakhla à 2.500 unités.Aujourd’hui, quelque 3.200 barques opèrent au niveau de Dakhla. Ce qui constitue une flotte relativement acceptable et qui a contribué, de manière notoire, à l’allègement de la pression exercée sur la ressource poulpière. Ce résultat a été le fruit d’un effort collectif regroupant l’Administration et les professionnels. En effet, le principe qui a été adopté est celui du financement du retrait des barques par les professionnels qui exploitent cette pêcherie à travers l’instauration d’un prélèvement de 2 DH sur chaque kilo de poulpe pêché. Cette disposition a permis d’indemniser, à hauteur de 40.000 dirhams par barque, les armateurs qui veulent se retirer.Ce mécanisme mis en place par le ministère de la Pêche maritime, l’ONP et les professionnels a permis de retirer, à fin juin 2008, quelque 3.337 barques de pêche artisanale au poulpe pour un montant de 122 millions de dirhams. L’opération est toujours en cours et devrait être achevée avant la fin de l’année. Il nous reste encore un peu d’argent. Le budget initial alloué était de 157 millions de dirhams. - Où en est le projet d’extension des attributions de l’ONP à la gestion des ports de pêche?- Le projet va se concrétiser très rapidement. Les pouvoirs publics ont fait le choix de confier directement la gestion des ports de pêche à l’ONP afin d’assurer une gestion intégrée du secteur de la pêche. Ce processus se fera dans le cadre d’une concession de la part de l’Agence nationale des ports. (ANP). Le Conseil d’administration de janvier dernier nous a donné le feu vert pour engager des négociations avec l’Agence nationale des ports afin de transférer, dans un premier temps, la gestion de trois grands ports de pêche, à savoir Casablanca, Agadir et Laâyoune ainsi que le village de pêche de Souiria Kdima. Ce processus se généralisera, par la suite, à l’ensemble des ports de pêche du Maroc.- L’inspection de l’Union européenne en 2005 n’était pas concluante sur les conditions de salubrité dans les ports de pêche. Qu’est-ce qui a été fait depuis?- Tout d’abord, je voudrais rectifier en précisant que cet audit s’est révélé positif. Il a permis de montrer que le Maroc dispose d’infrastructures de débarquement et de commercialisation permettant l’exportation des produits de la mer vers l’Union européenne dans des conditions d’hygiène et de salubrité acceptables. Toutefois, dans la pratique quotidienne, des dysfonctionnements persistent, ils sont liés au libre accès d’un trop grand nombre de non-professionnels aux ports de pêche. Cela ne permet pas de maintenir les infrastructures de débarquement et de commercialisation au niveau d’hygiène et de salubrité requis.Depuis 2005, des mesures correctives ont été prises dans le sens de la résorption de ces zones d’ombre. Au niveau de Casablanca par exemple, pour libérer le port des contraintes imposées par la deuxième vente qui s’opère au niveau des quais, un marché de gros au poisson a été construit à Sidi Othman. Il est fin prêt et entrera en service la troisième semaine du mois d’août 2008.


2,6 milliards de DH à l’export

La campagne de poulpe d’hiver a été exceptionnelle. Elle est de loin la meilleure de ces cinq dernières années. Hormis le tonnage qualifié d’exceptionnel par le directeur général de l’ONP, le prix moyen du poulpe a dépassé 50 dirhams le kilo avec un impact immédiat sur les revenus des armateurs, tous segments confondus. Cette amélioration de la situation financière peut expliquer l’absence des opérateurs de la filière de la dernière campagne contre la hausse du prix des carburants. En 2007, le Maroc a exporté 45.568 tonnes de poulpe, pour une valeur de 2,6 milliards de dirhams, dont 80% vers l’Europe et 20% vers l’Asie.Il semble que cette embellie devrait se poursuivre. A en croire la direction générale de l’ONP, la campagne d’été qui a commencé le premier juillet devrait confirmer la consolidation de la reprise de la pêcherie poulpière. La crise des années 2003 et 2004 est un vieux souvenir. A l’époque, elle avait, en tout cas, mis en lumière l’étroite dépendance de l’économie de la région de Dakhla du poulpe. Ce qui avait au passage accéléré le plan de restructuration. Les pouvoirs publics se sont efforcés de diversifier l’économie locale en misant sur la valorisation du poulpe mais également sur d’autres espèces dont le poisson pélagique afin de diminuer la pression sur la ressource. C’est ainsi que le plan d’aménagement de la pêcherie poulpière avait notamment préconisé la reconversion d’une partie des unités de congélation spécialisées dans le traitement du poulpe en unités de traitement du pélagique. Avec la reconstitution de la ressource et un programme de diversification des activités de pêche, Dakhla réalise un chiffre d’affaires annuel à la première vente, toutes espèces confondues, d’un milliard de dirhams. La région est le premier centre de commercialisation des produits halieutiques du Maroc.Propos recueillis par Abashi SHAMAMBA

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