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    Evénement

    Port de Casablanca : Quinze céréaliers en souffrance

    Par L'Economiste | Edition N°:3502 Le 06/04/2011 | Partager
    Nizar Baraka dépêche une commission d’enquête
    4,2 millions de tonnes de blé tendre consommées par an

    La congestion est de retour au port de Casablanca. Pas moins de 15 navires céréaliers sont en rade depuis deux semaines pour le plus ancien. C’est un gros navire chargé de 26.000 tonnes qui est arrivé le 22 mars dernier et attend toujours le déchargement de sa cargaison. Pour les autres, la date d’arrivée se situe entre le 25 et le 31 mars. Au total, 370.000 tonnes de céréales attendent d’être évacuées, dont l’essentiel est constitué de blé tendre. Les besoins mensuels de consommation sont estimés à 350.000 tonnes, soit environ 11 kg par habitant. Cet encombrement en rade a fait entrer en scène le ministère délégué chargé des Affaires économiques et générales. Le département de Nizar Baraka a d’ailleurs dépêché lundi dernier une commission d’enquête pour s’enquérir de la situation. Cette dernière a déjà tenu une réunion avec les comités de la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses et de l’Association nationale des fabricants d’aliments composés. Cette dernière profession étant concernée par les importations du maïs dont 2 navires, l’un jaugeant 26.155 et l’autre 27.500 tonnes attendent depuis fin mars (voir encadré). «Car l’attente des bateaux coûte cher en surestaries aux affréteurs : 20.000 dollars (170.000 DH) par jour de retard et par navire», avance la Fédération des négociants en céréales. Or, si le blé tendre bénéficie d’un système de soutien pour qu’il soit rendu à 260 DH/quintal à la minoterie, il en va autrement du maïs dont tout renchérissement sera répercuté sur le consommateur via le poulet de chair et la viande rouge.
    A quoi est dû cet encombrement alors que la fluidité règne dans les autres quais du port? Pourquoi aussi ce forcing à l’import alors qu’on se trouve à moins de 2 mois de l’arrivée du blé tendre local? Est-ce la fin de la prime de restitution prévue pour le 15 avril qui accélère les flux des importations? Autant de questions qui interpellent profession et tutelle. Selon la Fédération nationale des négociants en céréales et légumineuses (FNCL), les achats ont été effectués pour la majorité, il y a plus d’un mois, mais les perturbations du trafic maritime suite aux évènements de Libye ont retardé les livraisons. Ces achats sont intervenus alors que le marché des céréales enregistrait une accalmie sur les prix. Pour preuve, la profession avance la réduction du montant de la restitution qui est passé de 58 à moins de 50 DH/quintal. «Certains importateurs n’en ont pas bénéficié du fait qu’entre l’achat et la livraison, les prix ont été orientés à la baisse», soutient la FNCL. De plus, l’objectif de l’Office national des céréales et légumineuses est de constituer un stock couvrant au moins 2 mois de consommation, soit 700.000 tonnes. Volume qui doit être disponible la veille du démarrage des moissons. Surtout que la gel des droits de douane sur le blé tendre est prévue pour le 30 avril. Toujours est-il, affirme la profession, les attentes des navires en rade ne s’explique pas uniquement par l’importance des flux des importations. «C’est le passage obligatoire par les silos qui est à l’origine de la situation», tempète la FNCL. Depuis octobre 2009, l’autorité portuaire a accordé un monopole de fait aux silos, réduisant ainsi le nombre de postes de déchargement à 2 au lieu de 5 auparavant. Certes, est-il signalé, les nouveaux silos disposent d’une cadence relativement rapide des opérations de déchargement mais leur capacité du stockage demeure faible. C’est pourquoi les professionnels réclament l’accès aux autres quais chaque fois que l’attente des bateaux dépasse les 3 jours.

    Les chargeurs pénalisés

    Le groupe Gromic arrive en tête des importateurs ayant le plus de navires en rade. Au total, céréaliers chargés de blé tendre et dur attendent avec une cargaison globale de 91.455 tonnes. Il est suivi par Cargill Maroc avec 3 céréaliers transportant le maïs et le blé. Le volume s’élève à 79.455 tonnes. Le 3e en liste, IZDA, a 2 bateaux en rade, chacun avec plus de 27.000 tonnes de blé tendre dans les cales. Idem pour Casagrains dont 2 navires, l’un chargé de maïs et l’autre de blé tendre. Les autres cargaisons appartiennent à divers opérateurs. A l’heure où nous mettons sous presse, les délais d’attente s’étalaient entre 3 et 11 jours. A noter que le délai moyen d’attente est estimé à 3 jours.

    A. G.

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