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    Economie Internationale

    Politique: Une Knesset haute en couleurs

    Par L'Economiste | Edition N°:510 Le 19/05/1999 | Partager

    · Parmi des députés bon teint, des personnages très divers ont été élus

    Après avoir salué l'élection de M. Barak à la tête du prochain gouvernement israélien, les observateurs essaient maintenant d'évaluer les chances de formation de ce gouvernement. Certes, les élections ont donné aux travaillistes plus de sièges qu'ils n'en avaient dans l'ancienne Knesset, mais à l'analyse le paysage politique n'est pas aussi tranché qu'il n'y paraissait dans les heures qui ont suivi le scrutin.
    En outre, comme l'a fait remarquer Mme Leila Chahid, représentante palestinienne à Paris, sur les ondes de Médi 1, M. Ehud Barak a mené une campagne en direction du centre et de la droite modérée. Ceci lui a donné des voix inespérées, mais aussi l'a contraint à faire certaines promesses (comme le statut de Jérusalem) et à ne pas en faire d'autres (notamment le calendrier de la reprise du processus de paix, les engagements de Wye Plantation, ceux d'Oslo...). La mise en oeuvre politique du succès électoral ne sera sans doute pas aussi simple qu'il n'y paraît.

    Enjeux internes


    Ensuite, la composition de la Chambre ne reflète pas totalement l'ampleur de la victoire des travaillistes, laquelle est davantage celle de l'homme, Ehud Barak. La Chambre compte 120 députés, dont un bon quart sont des nouveaux venus en politique. Y figurent aussi des personnages de la politique israélienne, voire moyen-orientale, qui ont assez de charisme pour rassembler des minorités de blocage, mais sur des points spécifiques. C'est ainsi que sont sur les bancs de la Knesset des hommes aussi différents politiquement que Ahmed Tibi, qui a été jusqu'à il y a peu conseiller de M. Arafat (et a fait campagne en Israël pour la formation immédiate de l'Etat palestinien) et que Danny Naveh, l'homme qui représentait Netanyahu dans les négociations avec les Palestiniens. Leur présence donnera sans doute des débats animés sur la question de la reprise du processus de paix.
    Mais il faut aussi noter que la politique israélienne n'est pas tout entière tournée vers cette question, au contraire.
    Les enjeux internes de société sont importants, voire plus importants que le processus de paix.
    C'est ainsi que la question de l'intégration des Juifs de Russie est à l'ordre du jour en permanence, mais elle a un tour très différent de celle de l'intégration des Juifs maghrébins, il y a vingt ans. En effet, des immigrants de Russie ont apporté avec eux des liaisons fâcheuses avec la mafia russe, une mafia montante dans le monde et réputée pour son extrême violence. Un «parti russe» existe maintenant en Israël, parti qui a toutes les difficultés pour clarifier ses rapports avec l'ensemble de la communauté russe locale. Du point de vue de la police, Israël est ciblé pour devenir une plate-forme de la mafia russe, en raison de la multiplicité des liens que ce pays a avec les Etats-Unis. Aux USA, les mafias russes sont devenues un problème d'ordre public.
    L'autre grand problème de société est la montée de l'intégrisme juif et du poids qu'il fait peser sur la Justice. A terme, c'est la modification des comportements sociaux et individuels qui est visée. Des députés ont été élus sur la base d'un programme destiné à mettre la Justice à l'abri des pressions des intégristes. Inversement, le parti intégriste le plus dur a accru son score à la Knesset et espère ainsi se faire inclure dans le gouvernement de M. Barak.
    Enfin et sans épuiser les caractéristiques de la nouvelle donne politique, les observateurs spéculent sur l'avenir du Likoud. Les élus de ce parti reprochent à leur ex-leader Netanyahu d'avoir conduit le parti à sa perte en prônant une stratégie trop dure vis-à-vis de la question palestinienne. Leur nouveau leader, M. Sharon, avait laissé échapper, durant la campagne, l'expression «gouvernement d'Union nationale», qui alimente aujourd'hui de nouvelles spéculations...

    Nadia SALAH


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