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Politique sociale: Alioua abat ses cartes

Par L'Economiste | Edition N°:512 Le 21/05/1999 | Partager

· Cotisations patronales: Des concessions, mais à des conditions
· Emploi/compétitivité: Le taux de rotation de la main-d'oeuvre au Maroc est jugé élevé


L'assurance-maladie obligatoire ne sera pas l'unique dossier chaud de M. Khalid Alioua. Le ministre du Développement Social, de la Solidarité, de l'Emploi et de la Formation professionnelle en est conscient. Il n'en fait même pas mystère. "Il faut sans doute s'attendre à d'autres polémiques. Tant mieux, car nous allons ouvrir des dossiers tout aussi importants que l'assurance-maladie obligatoire", a déclaré M. Alioua au cours de la réunion organisée le 20 mai dernier par la Chambre Française de commerce et d'Industrie du Maroc (CFCIM). La rencontre qui avait pour thème "Les nouvelles formes de rapports entre les travailleurs et l'entreprise" a fait salle comble.
Face à la kyrielles de mesures sociales annoncées par le gouvernement au cours de ces derniers mois, les chefs d'entreprise s'attendaient sans doute à ce que le ministre dissipent les inquiétudes.
D'abord, sur le niveau des charges sociales, M. Alioua se dit prêt à faire des concessions, mais à des conditions. «Si c'est au bénéfice de programmes ciblées, nous pourrons discuter des marges que nous pourrions gagner de la réduction des charges patronales». Le ministre a reproché aux entreprises de ne pas suffisamment exploiter le levier fiscal. «Les syndicats et le patronat préfèrent des allégements aveugles du coût du travail sans que cela apporte nécessairement des améliorations des conditions sociales», a-t-il déclaré citant à ce niveau la mesure inscrite dans l'actuelle Loi de Finances et portant sur le relèvement du niveau d'exonération de l'IGR pour les bas salaires de 18.000 à 24.000 DH (montants annuels bruts). Celle-ci doit coûter au Budget de l'Etat près de 480 millions de DH.
Intervenant ensuite sur le couple emploi/compétitivité, M. Alioua est là aussi convaincu que la course vers la productivité ne doit pas se faire au détriment de la cohésion sociale. D'abord, le degré de flexibilité n'est pas aussi mauvais qu'on le pense. Le taux de rotation de la main-d'oeuvre au Maroc est jugé élevé. Il est de 31% contre à peine 22 à 23% en France par exemple. «Il existe même des secteurs qui affichent des pointes de 45%». Par ailleurs, la flexibilité ne se mesure pas qu'à travers la durée du travail mais aussi à travers le salaire. "Au Maroc, le SMIG est horaire et non mensuel. Ce qui donne à l'entreprise suffisamment de marge pour employer temporairement".
Concernant l'aménagement du temps de travail, le Code du travail doit permettre d'ouvrir le débat "pas seulement en termes, de réduction mais aussi de partage des opportunités du travail". Il est, entre autre, question de mesures relatives au travail temporaire et intérimaire et d'amélioration sur la durée de CDD (contrats à durée déterminée).


Le Code du travail, «minimum» de la politique sociale de M. Alioua


Le ministre qui a fait, à l'occasion de la réunion de la CFCIM, le point sur l'état d'avancement du dossier, a indiqué qu'un consensus a été obtenu sur 468 articles (sur un total de 574). Les 6 points qui restent portent sur des questions sensibles, notamment sur la prévention, le traitement et les conséquences des licenciements. Il s'agira notamment de réglementer les licenciements collectifs et les termes des plans sociaux. D'autres mesures portent sur l'usage de la cessation de travail (ou grève). Les négociations entre le gouvernement, les syndicats et le patronat doivent permettre de définir les voies de recours en cas de litige et les procédures de conciliation (Selon M. Alioua, les syndicats sembleraient manifester quelques résistances). Le Code du travail reste «le minimum» de la politique sociale de M. Alioua. Il y a aussi la question des conventions collectives. Il y a quelques semaines, le gouvernement avait pour la première fois convoqué le Conseil supérieur des conventions collectives.

Mohamed BENABID

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