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    Economie Internationale

    Politique: Prodi, le nouveau président de la Commission Européenne

    Par L'Economiste | Edition N°:501 Le 06/05/1999 | Partager

    · Un bon vivant qui aime la sauce bolonaise

    · Mais aussi une grosse tête qui rêve d'une Fédération européenne

    · A coups d'impôts il a entraîné l'Italie dans l'Euro, mais elle ne le regrette pas


    Le nouveau patron de la Commission de Bruxelles vient d'être investi au Parlement européen. Romano Prodi, «il Professore» comme l'appellent affectueusement ses proches et ses partisans, aime afficher une simplicité bonhomme qui tranche sur le style des autres hommes politiques italiens. Petit et plutôt enrobé, c'est un bon vivant amateur de «ragù» -sauce bolonaise à la viande-, d'âcres cigares «toscani» et de grandes courses en bicyclette comme la plupart des natifs de la riche et très laborieuse Emilie-Romagne. Si Romano Prodi, 59 ans, catholique de toujours, homme de gauche et professeur d'économie à l'Université de Bologne, aime la chose publique, comme en témoigne son passé de grand commis de l'Etat, l'ancien président du Conseil italien se définit volontiers comme «un technicien prêté à la politique». Désormais, c'est pour l'Europe dont ce vieil ami de Jacques Delors est un partisan convaincu. Et il se réjouit de la marche, pour lui inéluctable, vers une Fédération européenne. «Le choix a été fait avec la monnaie unique qui a représenté une décision fondamentale sur le plan politique.

    Romano Prodi est un pragmatique formé dans la mouvance catholique proche de la gauche de la Démocratie Chrétienne, pépinière de grandes figures de la politique italienne, comme le fut Aldo Moro. Il sait d'ailleurs très bien naviguer dans le jeu politique. Ce brillant lauréat de la London School of Economics, «visiting professor» à Harvard, ancien ministre de l'Industrie dans un gouvernement de Giulio Andreotti en 1978, fut par deux fois président de l'IRI, la grande holding publique italienne, dont il rétablit les comptes au prix de dizaines de milliers de suppressions d'emploi. Mais il a aussi des convictions bien ancrées qui l'ont amené à être en première ligne dans le grand chambardement lancé par les opérations «main propre» des juges milanais qui, entre 1992 et 1995, balayèrent les vieux partis et permirent des réformes électorales: «C'était une vraie révolution, même si elle ne fut pas sanglante» Il s'était engagé à porter l'Italie dans l'Euro, ce qui alors semblait une gageure. Il tint parole au prix d'impôts spéciaux acceptés de pas trop mauvais gré par une opinion publique et des partenaires sociaux bien convaincus qu'il n'y a d'autre avenir pour leur pays que dans la monnaie unique.


    Porté par ses meilleurs ennemis


    J'ai toujours voulu m'adresser au cerveau des Italiens, à un pays de 57 millions d'habitants et non pas à une société segmentée entre les ouvriers, les petits patrons, les ménagères...», soulignait Romano Prodi. En octobre dernier, il fut renversé à une voix près, à cause de la défection des communistes. Massimo d'Alema, ancien communiste, s'installait à la Présidence du Conseil, avec un gouvernement élargi à une partie des néo-communistes. Dénonçant un retour en arrière vers la «partitocratie» et une trahison du choix des électeurs, Prodi n'est pas revenu à ses chères études. Il rêvait de créer un parti démocrate à l'américaine. Il s'est lancé dans la bataille des européennes. Mais les avatars de la Commission en ont décidé autrement. Ce qui fait aussi l'affaire de ses meilleurs ennemis, les ex-communiste italiens redoutant de perdre des voix contre lui. D'où l'engagement de D'Alema pour que Prodi obtienne la Présidence de la Commission et quitte l'arène électorale italienne...

    Marc SEMO
    Syndication L'Economiste-Libération/France



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