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Polémique autour de la rénovation du siège de la BMCI à Casablanca
La réponse d’Aziz Lazrak

Par L'Economiste | Edition N°:2335 Le 07/08/2006 | Partager

Je prends acte aujourd’hui qu’un journaliste généraliste, Amine Boushaba du journal L’Economiste (parution du 02 août 2006), est devenu, à l’occasion de ce qu’il nomme le «ratage» de la rénovation du siège de la BMCI, un juge, prononçant des sentences à l’encontre de «l’enlaidissement d’un des joyeux de Casablanca», sur lequel on a flanqué un marbre «criard», mais, surtout, il s’improvise expert en esthétique de la ville et de son architecture. En somme, il devient tout simplement un critique d’art, mais sans diplôme ni compétence. Comme quoi, la démocratie a du bien. Mais voilà, ce n’est plus du journalisme, ce n’est plus de l’information, c’est de la polémique qu’il s’agit. Que le goût de ce monsieur en matière de couleur ou d’esthétique ne soit pas en phase avec ce qui est réalisé pour le soubassement du siège de la BMCI  n’a pas d’importance en soi, on a le droit de ne pas avoir de goût ou d’avoir un mauvais goût . Il aurait été plus professionnel pour ce journaliste de poser des questions aux gens, peut-être aux passants, et de faire part de l’avis du public sur cette question. Au lieu de quoi, il a analysé seul, jugé seul, condamné seul et commis seul sur les colonnes de son journal. Ce journaliste et les responsables de l’association «Casamemoire», qui critiquent sévèrement la couleur verte du marbrer utilisé sur le soubassement de la BMCI, au fond le font-ils sincèrement parce que cette couleur leur déplaît et qu’ils apprécient plus la couleur beige d’avant qui n’avait plus de marbre que le nom ou, comme ils disent, parce que ça dénature une place historique qui n’a de caractère que d’avoir été mal dessinée en 1922. Je pense, en tant que professionnel avec une certaine autorité dans mon métier, que si Alexandre COURTOIS, grand architecte de son époque, avait disposé en 1950 de cette qualité de marbre et s’il avait eu le budget nécessaire pour l’utiliser, il l’aurait sans doute choisi. Rien ne s’opposait à l’époque et aucun texte ne s’oppose encore aujourd’hui à l’utilisation d’un marbre de couleur ou de n’importe quel matériau du moment qu’il s’agit d’un produit naturel.Le journaliste, mal renseigné, parle du couronnement prévu en verre et en aluminium. D’abord ceci est faux. C’est un dispositif pour la protection solaire, composé de brises-soleil en aluminium qui est prévu pour 2 raisons: d’abord pour protéger du rayonnement direct du soleil et réduire ainsi les frais de climatisation, mais aussi pour corriger le désordre des derniers étages, dont l’architecture est uniquement le résultat de règlements urbanistiques aujourd’hui obsolètes et inadéquats. Connaissant Courtois pour son sens de l’équilibre, il n’aurait pas désapprouvé cette solution élégante.Je pense qu’aujourd’hui, alors que tout indique que la ville est prête pour un lifting indispensable à sa pérennité, qu’un débat doit s’instaurer entre les différents acteurs agissant sur le bâti, pour définir ce qu’il faut faire ou ne pas faire, et surtout dépasser les réactions primaires et les arguments non-fondés des orthodoxes de la ville musée, qui veulent interdire toute intervention de la modernité, fut-elle pour rehausser certains bâtiments sans qualité sinon celle de leur âge. Il faut cesser de fétichiser n’importe quelle vieille pierre tout simplement parce que ça fait bonne impression de paraître plus attaché à l’ancien qu’au nouveau qu’on ne maîtrise pas. La mémoire d’une ville est nécessaire, indispensable, mais faut-il pour autant empêcher toute créativité, et toute initiative? De grands architectes de par le monde, Jean Nouvel avec l’Opéra de Lyon, Foster avec le Reichtag, Soler avec le ministère des Finances et bien d’autres, ont intervenu sur le très ancien avec des résultats surprenants et heureux. Ne faut-il donc pas aller dans le sens de l’histoire  et regarder ce qui se fait en dehors de nos murs? Ne faut-il pas que ceux qui prennent la parole, ou qui conseillent les autorités sur les questions de la ville soient autorisés par leur compétence à le faire. Cela nous aiderait à coups sûrs à libérer notre créativité qui se trouve aujourd’hui malmenée.


La réponse de L’Economiste

Aziz Lazrak, un des meilleurs architectes de sa génération, devait être bien mal réveillé quand il nous a envoyé ce courrier car la plupart des phrases qu’il nous accuse d’avoir écrites ne figurent pas dans l’article qu’il cite, ni ailleurs dans L’Economiste. Nous lui avons fait part de ce fait, mais il a maintenu sa demande de publication.Il aurait mieux fait de suivre nos conseils pour deux autres raisons, plus graves:- sa lettre montre une bien étrange confusion mentale: il mélange le message et le messager. Quelle idée de s’en prendre au journaliste qui rapporte l’opinion d’autres architectes, d’habitants du quartier et des autorités de la ville! Ces opinions ne sont pas nulles puisqu’elles ont eu assez de poids pour qu’une commission ait été formée afin d’étudier la réhabilitation de la BCMI! Et ce n’est pas en reprochant au journaliste d’avoir rapporté ces faits qu’un architecte, fut-il Aziz Lazrak, peut faire disparaître la commission!- sa lettre montre en quel mépris il tient l’opinion publique et la démocratie, une information que, sans doute, ses admirateurs auraient préféré ne pas connaître, quant à ses détracteurs… n’en parlons pas!

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