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Pharmacovigilance : Les médicaments sous haute surveillance

Par L'Economiste | Edition N°:14 Le 30/01/1992 | Partager

TOUT médicament, dont les effets récessifs deviennent apparents, peut être retiré du marché. Les constatations et les premiers retraits d'un produit de la consommation sont généralement initiés à l'étranger, où la pharmacovigilance est bien assise. Au Maroc, deux centres de pharmacovigilance surveillent les médicaments commercialisés. Le Centre Anti-Poisons et de Pharmacovigilance au sein de l'Institut National d'Hygiène à Rabat, et le Département de Pharmacovigilance situé à la faculté de pharmacie de Casablanca sont des créations récentes. En effet sur le plan local, la pharmacovigilance en est encore à ses débuts. Les médecins, ayant constaté la toxicité d'un produit, peuvent saisir le Centre de pharmacovigilance.

La pharmacovigilance

En 1985, la sensibilisation à la pharmacovigilance a été lancée à la faculté de médecine et de pharmacie à Casablanca. En 1989, le centre de Pharmacovigilance a été créé à Rabat, après la réorganisation du Centre Anti Poisons, lequel est dirigé par un pharmacologue, le Dr R. Soulaymani Bencheikh. En dehors des interventions des Centres Anti-Poisons et de Pharmacovigilance dans la chaîne alimentaire directe ou latérale (sur les plans microbiologique, parasitologique, toxicologique, des effets des produits sur le consommateur et de la fraude), ces autorités interviennent en cas de litige et pour le retrait de médicaments du circuit de la consommation. N'importe quel médicament, dont les effets récessifs deviennent apparents, peut être retiré du marché.
Le Dr R. Benkirane souligne que "le surdosage en médicament relève des activités du Centre Anti Poisons, de la toxicologie. La pharmacovigilance considère les médicaments pris aux doses thérapeutiques habituelles et les effets qu'ils induisent". Selon les experts, 1/5.000 et 1/10.000 molécule, dans le monde, aboutit sur le marché, après avoir prouvé son efficacité lors des essais thérapeutiques "in vitro", sur les animaux et sur l'homme. Au terme des essais, l'effet thérapeutique de la molécule doit l'emporter sur sa toxicité. Certains produits ne révèlent leur toxicité qu'après quelques années.

En matière de toxicité, les experts distinguent deux formes: la toxicité aiguë, celle dont les effets secondaires sont immédiats et, la toxicité chronique où les lésions s'opèrent à long terme après cumul. Tout médicament commercialisé, exige donc une surveillance constante. Celle-ci sera d'autant plus importante que des facteurs potentialisants (alimentation et épices) peuvent favoriser le champs d'action des effets négatifs d'un médicament. La nécessité d'un suivi médical par un "médecin de famille", doublé par un centre pharmacovigilance centralisant toutes les données à l'échelle locale sont les outils-clé pour la lutte contre les produits toxiques. La régularité des visites médicales, et la fréquence de "médecins de famille", pratique peu courante au Maroc, ont montré leur efficacité à maintes reprises. A l'échelle mondiale, la Direction des Médicaments, au sein de l'OMS informe, par le biais des bulletins qu'elle édite et expédie jusqu'aux endroits les plus reculés du monde, les praticiens de l'arrêt d'exploitation de tout produit.
Les médicaments sont divisés en deux catégories distinctes: les spécialités et les préparations. Les "spécialités" sont fabriquées sous licence. La composition du produit fabriqué localement doit être conforme à celle d'origine. D'ailleurs, le fabricant s'engage auprès de la maison d'origine, à envoyer des échantillons de sa production. De plus, 95% des maisons-mères, ayant mis au point la molécule, envoient sur place des inspecteurs.
Il est donc impossible d'abuser le consommateur sur un produit quelconque, ni sur sa qualité. En ce qui concerne les préparations, s'agissant d'utilisation de matières premières classées de notoriété publique, leur dossier doit être certifié par un expert en pharmacologie. Quant à la péremption des médicaments, à l'approche de la date de celle-ci, les médicaments sont retournés au grossiste qui les renvoie au fabricant chargé de leur destruction en présence des services municipaux. Les opérations de collecte de médicaments non utilisables permettent de les enrayer définitivement de la circulation.
C'est d'ailleurs la raison pour laquelle les services d'hygiène et de santé recommandent de déposer les médicaments auprès de la pharmacie la plus proche au lieu de les jeter dans les toilettes ou au milieu des ordures ménagères.

Le cas Glifanan

CET antalgique, prescrit principalement par les dentistes, a été retiré de la vente en Belgique en 1991. En France, depuis le début de l'année, le ministère de la Santé l'a provisoirement suspendu. L'intolérance digestive, les réactions allergiques dont l'hypotension, pouvant aboutir au choc anaphylactique figure parmi les effets secondaires reprochés au produit. En France, trois cas de décès, de personnes ayant absorbé régulièrement ce produit, ont été enregistrés en l'espace d'un an rappelle Dr. Benkirane. Automatiquement, les ventes ont été arrêtées. Juridiquement il est "suspendu" en attente du "retrait" au sens strict qui lui, débouche sur la destruction des stocks. En Tunisie, la même mesure a déjà été appliquée. Quant au Maroc, le Glifanan sera prochainement retiré des officines estime le Centre Anti-poison. Ce retrait est d'autant plus aisé que le Doliprane, produit anodin selon les médecins, existe sur le marché. Il pourrait couvrir certains des besoins couverts par Glifanan.

Nadia ELASRI

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