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Economie

Pétrole, monopole ou pas?

Par L'Economiste | Edition N°:1594 Le 04/09/2003 | Partager

. Dix mois après l'incendie de la Samir, faut-il rétablir les droits de douane?. Les distributeurs veulent le statu quo. Pressions et lobbying pour 600 millions de DH/anEst-ce que la Samir va retrouver son monopole ou pas? Une bataille feutrée est engagée à haut niveau: si les droits d'importation sont rétablis, le raffineur reprend son monopole, s'ils ne le sont pas, il continuera de partager avec deux des distributeurs la capacité d'importer des produits raffinés. La bataille n'est pas mince pour la Samir: 600 millions de DH.L'histoire remonte à avant la privatisation: celle-ci s'était faite sous la houlette de Abderrahman Saaïdi, à l'époque ministre de la Privatisation, devenu depuis directeur général de la Samir. A ce moment, l'Etat cède le contrôle des deux raffineries, la grande Samir et la petite SCP, au groupe saoudo-suédois, Corral. Ce dernier, promet en échange d'encore 5 ans de normes inchangées et de protection douanière, de transformer l'appareil de raffinage pour le mettre aux standards européens. Cinq ans passent, pas de transformation. . Les stocks et l'approvisionnement étaient en dangerPar contre, beaucoup de pression pour qu'en juillet 2002 le gouvernement renonce encore une fois à changer les normes. Ce que Youssoufi refuse, à la dernière minute: les normes devront être mises à niveau. La Samir promet encore une fois de faire les investissements nécessaires et prépare un plan dans ce sens. Elle essuie aussi des critiques vigoureuses dans l'opinion publique, mais les met sur le compte de ses clients, les distributeurs, qui avaient formé un consortium pour racheter la raffinerie, mais n'avaient pas obtenu le marché.L'affaire en est là quand, soudain, l'inondation du 25 novembre, suivie d'un incendie spectaculaire, viennent rappeler deux autres faiblesses du monopole: les stockages ne sont pas à l'abri des inondations et l'importation par un seul point, le port de Mohammédia, mettent le pays sous le risque de rupture d'approvisionnement.Les équipements de la Samir sont en partie détruits, et les stocks inaccessibles. Fort heureusement, Total et le groupe Akwa (Afriquia), qui avaient parié -un peu tôt- sur la libéralisation, s'étaient associés pour installer à Jorf Lasfar des capacités de stockage et d'importations. Ces installations, de 100 millions de DH, peuvent assurer environ 15% de la consommation annuelle, à raison de 50.000 tonnes/mois. Ces installations ont été sollicitées à un niveau plus élevé durant la crise: sans elles, il y aurait eu un vrai problème d'approvisionnement.Mais pour que les distributeurs fassent ce travail, le gouvernement a suspendu les droits de douane qui protégeaient la production de la Samir. Maintenant, la Samir a presque fini de réparer et de reconstruire ses installations. Ces travaux lui auront coûté environ 1,5 milliard de DH. Ce qui rendra la reprise du projet de mise à niveau un peu plus difficile.. Dépendance de la LibyeElle réclame un retour à la situation antérieure, celle des droits de douane à 15%, le niveau qu'ils avaient en juillet 2002. Notons que sans l'inondation et l'incendie de novembre, ces droits auraient dû descendre à 13,5% en juillet 2003. «Rien ne s'oppose plus au rétablissement de la situation«, expliquent les responsables de la Samir, qui font du lobbying auprès des pouvoirs publics. «Rien ne devrait nous ramener à la situation de risque aggravé telle que nous l'avons vécue en novembre«, répondent les distributeurs, qui eux aussi font du lobbying.Le gouvernement est divisé: le ministre de l'Energie n'apprécie pas, semble-t-il, une situation de risque dû au monopole, tandis que le ministre chargé de la mise à niveau, pencherait pour le retour au contrat tel qu'il a été passé avec Corral. Jettou, en bon commerçant, n'a dit ni oui ni non, mais a organisé un comité pour y voir plus clair. Le directeur de l'énergie, Benchekroun, responsable du bon approvisionnement mais aussi administrateur à la Samir, n'a pas pu être joint par L'Economiste.Les distributeurs, Total et Afriquia, qui sont particulièrement concernés puisqu'ils exploitent le terminal de Jorf (et reversent 2,5% à la Samir), expliquent que le retour des droits de douane entraînerait immédiatement l'arrêt de leur équipement à Jorf: pas rentable avec des droits. «Nous pouvons doubler nos capacités sur place, mais nous avons besoin de savoir ce que l'Etat compte faire«, disent-ils.Les distributeurs sont prudents en s'exprimant: ils disent redouter des représailles: la Samir est leur principal et peut-être à nouveau l'unique fournisseur, mais il n'y a pas eu jusqu'ici d'incident signalé qui tendrait à montrer que la Samir exerce des pressions.Les distributeurs prônent l'équilibre des sources d'approvisionnement du marché entre l'importation et le raffinage: «Il ne faut plus un seul point d'entrée à Mohammédia«. «Des solutions structurelles devraient être trouvées de manière à ce que les distributeurs assurent leur part et la Samir la sienne«, poursuivent-ils. De même que la concentration de l'essentiel de l'import sur la Libye est, selon des importateurs, pénalisante: «Cela induit un surcoût pour le Maroc. La Libye sait très bien que le Maroc dépend d'elle«. Résultat, les prix ont augmenté en décembre dernier. Pour l'instant, aucune date n'a encore été avancée pour le rétablissement des droits d'importation, ce que la Samir n'apprécie pas du tout. Elle a scrupuleusement annoncé chacune des remises en service et valeur aujourd'hui, la Samir indique qu'elle est à 10% au-dessus de sa production de l'année dernière, avant l'incendie.. Déséquilibre de productionsPas du tout! rétorquent des distributeurs: il reste encore des distillations à rétablir. De plus, soulignent-ils, la Samir n'a toujours pas de possibilités de transformation et de conversion. En clair, il s'agit d'équipements qui permettent de produire moins de fuel et plus de gasoil, pour être en phase avec le marché. La preuve? La Samir doit exporter du fuel, excédentaire, alors qu'il faut importer du gasoil, s'exclament les distributeurs. Par ailleurs, bien que la capacité soit devenue supérieure, il n'en demeure pas moins que des déficits persistent, font valoir les distributeurs pour maintenir l'option d'une importation directe et complémentaire. Selon des estimations, le déficit actuel tournerait autour de 300 à 350.000 tonnes. Il faudrait un hydracker (ou hydrocracker) qui fait le «cracking«, pour pourvoir obtenir plus de gasoil. Pour la raffinerie, le rétablissement des droits est urgentissime: la reprise du programme d'investissement pour la mise à niveau en dépend directement. Ce programme a déjà perdu un an, du fait des réparations dûes à l'incendie. L'échéance de 2005 sera-t-elle tenue? Il s'agit de la modernisation et la mise en conformité du raffineur avec les normes européennes de qualité. Cette norme sera pour le gasoil «propre« à 50 PPM (parties pour mille), contre 10.000 actuellement pour l'essentiel de la production, plus 400.000 tonnes à 350 PPM, livrés dans environ 200 stations à travers le pays, et d'ailleurs fortement concurrencées par la contrebande en provenance d'Algérie. L'incident de novembre dernier a eu un grand impact, ce qui a fortement bousculé les données, au niveau des délais comme au niveau des capacités financières. Déjà, la formule des prix de l'année dernière avait réduit la marge de protection qui est passée de 6,5 à 2,5%, en plus des droits de douane.Ainsi, au lieu d'avoir bon an mal an 900 millions à 1 milliard de DH de marge supplémentaire avant impôts, la recette de la Samir est tombée à 400 millions de DH. «Certes, avec cette marge, Samir ne peut pas financer son programme de modernisation«, reconnaît un distributeur, qui se hâte d'ajouter que «la Samir a eu déjà cinq années pour se mettre à niveau, sans l'avoir fait«. Le non-rétablissement des droits signerait en réalité l'arrêt de mort de la raffinerie. La Samir explique que cette façon de calculer la marge est fausse et qu'elle n'a pas eu ces recettes pour lancer son programme. De plus, clame la raffinerie, la disparition du raffinage sur le sol marocain, mettrait le pays dans un risque stratégique grave: sans un raffineur national, le Maroc deviendrait dépendant du marché des produits raffinés et perdrait le savoir-faire acquis dans ce domaine.Option stratégique contre option stratégique, dans une affaire, qui a le don de ressurgir des cartons une fois par an...Amin RBOUB & Adil HMAITY

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