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    Politique Internationale

    Petit glossaire des coups d'éclat

    Par L'Economiste | Edition N°:193 Le 17/08/1995 | Partager


    Le milieu diamantaire utilise un vocabulaire coloré dont voici quelques joyaux.
    · Brut: Diamant à l'état naturel, sortant de la mine, nettoyé mais pas encore façonné.
    · Clivage: Séparation d'une pierre brute en deux ou plusieurs morceaux. Le cliveur fait une entaille dans le diamant au moyen de l'arête vive d'un autre diamant. Il y place un couteau obtus pour sectionner la pierre d'un seul coup de marteau.
    · Sciage: Il faut scier perpendiculairement à la direction de croisement du diamant.
    · Débrutage: Opération de taille donnant au diamant brut une ceinture arrondie. Il prend alors la forme d'une toupie qui permet de le sertir et de le facetter aisément.
    · Taille: Opération consistant à donner des facettes à un diamant brut afin de lui rendre tout son éclat. Un brillant est, par exemple, un diamant brut taillé en 57 facettes.
    · Polissage: Taille destinée à former des facettes symétriques.

    · Carat: Mesure de poids ou de masse des pierres précieuses. Un carat équivaut à 0,2 gramme.
    · CSO: Central Selling Organization, centrale de vente de la De Beers, par où transite normalement toute la production mondiale de pierres brutes.
    · Vue: Assortiment de diamants bruts offert par la CSO, une dizaine de fois par an, à un nombre limité d'acheteurs, simultanément à Londres, Kimberley et Lucerne.
    · Clients privilégiés: Appelés aussi sightholders (porteurs de vues). Il s'agit des 150 diamantaires qui achètent directement à la CSO les lots présentés dans des petites enveloppes blanches fermées, lors des vues. Ensuite, ils les taillent ou les revendent aux principaux centres de taille situés à Anvers, Bombay, New York ou Tel-Aviv.
    · Valeur: La couleur, la pureté, la taille et le poids sont les quatre critères qui déterminent la valeur d'un diamant. Plus un diamant est blanc, plus il est gros, plus il est cher. Les pierres très colorées, en particulier bleues, vertes, rouges et roses, sont également très prisées.

    Une proie idéale pour tous les trafics


    L'afflux de diamants russes a fait chuter les "cours" des petites pierres et plongé l'ensemble du marché dans la déprime. Depuis un an, les autorités moscovites, à la recherche de devises, ont commencé à liquider le fameux stocks stratégique, rassemblé par l'URSS lors de la guerre froide. Il s'agit de pierres brutes de moindre qualité, à usage surtout industriel, qui engorgent un marché déjà largement excédentaire en ces années de vaches maigres.
    Un casse-tête certes, mais à considérer avec prudence. Actuellement, il n'y a pas beaucoup de diamants russes sur le marché et les prix sont très stables, assure toutefois l'European Gem Services NV, filiale anversoise de la De Beers. Ces propos volontiers apaisants cachent mal la mauvaise humeur du conglomérat sud-africain devant cette concurrence sauvage faite aux producteurs de marchandises similaires, Australie et Zaïre par exemple, qui lui ont confié la commercialisation de leur production.

    La vente à perte


    Pour tenter de couper l'herbe sous les pieds du Trésor russe, le "Syndicat" De Beers aurait pratiqué également du dumping de pierres de même qualité, accentuant ainsi la baisse des "prix". Cette saignée ne fait qu'envenimer les relations déjà difficiles entre la De Beers et le Kremlin, accusé par ailleurs de ne pas respecter l'accord exclusif de 1990 par lequel l'ex-URSS avait concédé au géant minier la commercialisation sur les marchés mondiaux de 95% de sa production. D'après certaines rumeurs, Moscou et la De Beers sont prêts à reporter l'échéance du contrat, qui expire fin 1995, d'un an. Ce fut le cas dans le passé avec le Botswana et l'Australie. Ce n'est pas un désastre de prolonger un accord en attendant la conclusion des négociations, insiste un porte-parole de la De Beers.
    Le diamant, petit, facile à négocier, a toujours été la proie idéale des criminels. Autour des mines de Yakoutie (Sibérie) grouille une armée de petits vendeurs-revendeurs liés à des réseaux de trafiquant. La Russie n'échappe pas au phénomène de la contrebande, qui a failli ruiner hier d'autres pays comme l'Angola ou le Zaïre. L'argent criminel de la mafia, russe ou autre, parviendrait à s'infiltrer au coeur du milieu diamantaire: ce cauchemar hante les responsables du marché anversois. Pas toujours à tort.

    Pour preuve, ces acheteurs des ex-pays de l'Est, voire d'Israël où d'Amérique latine, qui se présentent dans certains bureaux pour acheter cash des joyaux pour des centaines de milliers de Dollars en coupures. Ou ces bijouteries anversoises installées dans les arcades sous la voie ferrée, appartenant à des Géorgiens qui recyclent ainsi des fonds suspects.
    Anvers, filière du blanchiment? Ces insinuations souvent malveillantes affirment sans preuve que la communauté diamantaire recycle de l'argent sale, souligne Luc Lamine, au siège de la Police. Il s'agit d'un danger potentiel. Mais en pratique, les diamantaires et surtout leurs banquiers sont vigilants. Il s'agit d'un monde fermé où tout le monde se connaît, insiste Léopold Bollaerts, directeur de la Banque diamantaire anversoise, à propos de ces prétendues activités illicites qui se jouent des frontières et des contrôles.

    La lessive imaginaire


    Les législations bancaires internationale et nationale visant à combattre le recyclage d'argent sale, la diminution des transactions au comptant, la volatilité du diamant-placement, l'absence de prix de référence et la traque de la police financière sont autant d'entraves au blanchiment des narco-dollars. Le diamant, super-lessiveuse? C'est du domaine de l'imagination. Si mafia il y a, c'est d'abord en Russie où tout le système est gangrené. Pas ici!, nous glisse un diamantaire très au fait des affaires russes. Et notre interlocuteur d'ajouter: Si on vient me voir avec un million de Dollars cash et que je ne connais pas l'acheteur, je me méfie et je refuse. Cinquante mille Dollars en revanche, je ne pose pas de questions, car il s'agit d'une somme dérisoire pour les narco-trafiquants. Reste que l'argent des cartels dispose des moyens pour abuser de la vigilance des plus honnêtes courtiers...

    Une filière du blanchiment

    L'aflux de diamants russes a fait chuter les "cours" des petites pierres et plongé l'ensemble du marché dans la déprime. Depuis un an, les autorités moscovites, à la recherche de devises, ont commencé à liquider le fameux stock stratégique, rassemblé par l'URSS lors de la guerre froide. Il s'agit de pierres brutes de moindre qualité, à usage surtout industriel, qui engorgent un marché déjà largement excédentaire en ces années de vaches maigres.

    Pour tenter de couper l'herbe sous les pieds du Trésor russe, le "Syndicat" De Beers aurait pratiqué également du dumping de pierres de même qualité, accentuant ainsi la baisse des "prix". Cette saignée ne fait qu'envenimer les relations déjà difficiles entre la De Beers et le Kremlin, accusé par ailleurs de ne pas respecter l'accord exclusif de 1990 par lequel l'ex-URSS avait concédé au géant minier la commercialisation sur les marchés mondiaux de 95% de sa production.

    Le diamant, petit, facile à négocier, a toujours été la proie idéale des criminels. Autour des mines de Yakoutie (Sibérie) grouille une armée de petits vendeurs-revendeurs liés à des réseaux de trafiquant. La Russie n'échappe pas au phénomène de la contrebande, qui a failli ruiner hier d'autres pays comme l'Angola ou le Zaïre. L'argent criminel de la mafia, russe ou autre, parviendrait à s'infiltrer au coeur du milieu diamantaire: ce cauchemar hante les responsables du marché anversois. Pas toujours à tort.

    Pour preuve, ces acheteurs des ex-pays de l'Est, voire d'Israël où d'Amérique latine, qui se présentent dans certains bureaux pour acheter cash des joyaux pour des centaines de milliers de Dollars en coupures. Ou ces bijouteries anversoises installées dans les arcades sous la voie ferrée, appartenant à des Géorgiens qui recyclent ainsi des fonds suspects.

    Anvers, filière du blanchiment? Ces insinuations souvent malveillantes affirment sans preuve que la communauté diamantaire recycle de l'argent sale, souligne Luc Lamine, au siège de la Police. Il s'agit d'un danger potentiel. Mais en pratique, les diamantaires et surtout leurs banquiers sont vigilants.

    Il s'agit d'un monde fermé où tout le monde se connaît, insiste Léopold Bollaerts, directeur de la Banque diamantaire anversoise, à propos de ces prétendues activités illicites qui se jouent des frontières et des contrôles.

    Les législations bancaires internationale et nationale visant à combattre le recyclage d'argent sale, la diminution des transactions au comptant, la volatilité du diamant placement, l'absence de prix de référence et la traque de la police financière sont autant d'entraves au blanchiment des narco-dollars. Le diamant, super-lessiveuse? C'est du domaine de l'imagination. Si mafia il y a, c'est d'abord en Russie où tout le système est gangrené. Pas ici!, nous glisse un diamantaire très au fait des affaires russes. Et notre interlocuteur d'ajouter: Si on vient me voir avec un million de Dollars cash et que je ne connais pas l'acheteur, je me méfie et je refuse. Cinquante mille Dollars en revanche, je ne pose pas de questions, car il s'agit d'une somme dérisoire pour les narco-trafiquants. Reste que l'argent des cartels dispose des moyens pour abuser de la vigilance des plus honnêtes courtiers...

    Marc Rozen et Marc Vaness

    "Le Soir" (Belgique)

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