×
  • L'Editorial
  • Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2020 Prix de L'Economiste 2019 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie Internationale

    Pesticides périmés: La FAO tire la sonnette d'alarme

    Par L'Economiste | Edition N°:518 Le 31/05/1999 | Partager

    · Situation particulièrement dangereuse en Pologne et en Ukraine
    · Coût de destruction d'une tonne: Entre 3.500 et 4.000 Dollars

    L'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO) monte encore une fois au créneau. Elle vient d'adresser une nouvelle mise en garde contre les pesticides périmés.
    «Véritables bombes à retardement», des stocks importants périmés ou obsolètes continueront à menacer la santé et l'environnement au cours des trente prochaines années si les fonds alloués pour leur élimination restent à leur niveau actuel. La FAO a ainsi tiré la sonnette d'alarme lors de la réunion, les 24 et 25 mai derniers, de donateurs axés sur ce produit.
    Chaque année, les ventes mondiales de pesticides augmentent «considérablement, en particulier dans les pays en développement».
    En 1996, elles s'établissaient à environ 33 milliards de Dollars.
    De leur côté, les stocks de pesticides périmés ou obsolètes dans le monde sont actuellement estimés à plusieurs centaines de milliers de tonnes, dont plus de 100.000 dans les pays en développement. Quelque 20.000 tonnes se trouvent en Afrique. Mais la situation est «particulièrement dangereuse» en Pologne (65.000 tonnes) et en Ukraine (plus de 23.000 tonnes).
    Selon un expert de la FAO, «souvent les barils sont abandonnés en plein air, à proximité de points de stockage ou de vente de produits alimentaires, ou pire, à la portée des enfants. Hautement toxiques, ces produits chimiques contaminent notamment l'eau potable, les eaux d'irrigation et les nappes phréatiques. La quasi-totalité des pays en développement est affectée».
    La situation est donc alarmante. Depuis 1994, quelque 3.000 tonnes ont été déposées dans 14 pays d'Afrique et deux pays du Moyen-Orient.
    «La destruction des stocks de pesticides obsolètes dans ces deux régions nécessitera au moins une trentaine d'années à moins que le processus d'élimination actuel ne s'accélère. Mais il faudra beaucoup plus de temps pour régénérer les sols contaminés», affirme l'expert de la FAO.
    Cette dernière indique que jusqu'ici, 24,4 millions de Dollars ont été dépensés pour l'élimination de ces pesticides en Afrique et au Moyen-Orient, et ce, grâce principalement au financement de la Hollande, de la Suède, de l'Allemagne, de l'Afrique du Sud, de l'Agence américaine pour le Développement International (USAID) et de la FAO. Or, l'élimination de tous les stocks en Afrique nécessite entre 80 et 100 millions de Dollars, le coût de destruction d'une tonne variant entre 3.500 et 4.000 Dollars.
    La meilleure manière d'éliminer les pesticides, estime la FAO, est de les incinérer à haute température. «Les pays en développement n'ont pas, pour la plupart, les installations adéquates pour éliminer les pesticides sans danger pour les humains et l'environnement». L'appui du secteur agrochimique est alors «crucial, car les agences de coopération des pays donateurs ne peuvent pas couvrir tous les coûts à elles seules», souligne la FAO.

    Meriem OUDGHIRI

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc