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    Economie

    Pêche : La stratégie du secteur revisitée par les économistes

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    L'Union des Economistes du Maroc a organisé une table ronde pour faire le point un an après la signature de l'accord de pêche. La mise à niveau dans le secteur et la faiblesse de la consommation locale de poissons ont largement été évoquées.


    «La création prochaine des Chambres de Pêches Maritimes montre l'importance que revêt ce secteur dans l'économie du pays». M. Mostapha Sahel, ministre des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande, s'est exprimé en ces termes lors de la table ronde organisée le 13 mars par l'Association des Economistes du Maroc. Le sujet de cette rencontre portait sur l'avenir du secteur de la pêche au Maroc. Le choix du thème a dû être justifié par M. Hassan Sebbar, animateur de la table ronde: «il s'agit de faire une évaluation objective et faire l'éclairage sur les problèmes de pêche après une année de mise en application de l'accord. La rencontre de Mme Layola de Palacio, ministre espagnol de l'Agriculture et de la Pêche, avec ses homologues marocains a également pesé dans ce choix».
    M. Sebbar a précisé que 90% de la flotte communautaire opérant dans les eaux marocaines dans le cadre de cet accord est espagnole. Cette introduction a permis à M. Sahel de poser les jalons de la stratégie de son département. Interactive, cette stratégie repose sur trois piliers majeurs. Outre la sécurité alimentaire, le ministre a évoqué l'importance du secteur dans le commerce extérieur puisqu'il draine 900 millions de Dollars, soit 60% des exportations agro-alimentaires. Le troisième pilier est l'emploi: près de 400.000 personnes vivent indirectement de la pêche.

    Villages pour pêcheurs


    La stratégie du Ministère s'intègre également dans le développement du monde rural avec la mise en place d'un plan d'aménagement et d'implantation de 17 villages dont 5 dans le Sud. Cette opération vise à améliorer les conditions de vie des petits pêcheurs. C'est l'une des actions du plan de développement et de modernisation de la pêche côtière. Ce volet comporte un plan de revalorisation de l'outil de production en vue d'améliorer la qualité des captures et permettre un redéploiement de la flotte en dehors des zones sensibles. D'ailleurs, la Fédération Nationale de la Pêche Côtière a signé une convention de partenariat avec l'Office National des Pêches qui prévoit une enveloppe de 200 millions de DH au titre des mécanismes d'incitation à la modernisation de la pêche côtière (voir ci-contre), l'objectif étant d'assurer une meilleure rentabilité des investissements, la régularisation des approvisionnements et l'amélioration de la compétitivité de l'industrie de transformation, a indiqué M. Sebbar.

    Pour le ministre, la mise à niveau du secteur nécessite plusieurs actions combinées, dont l'une consiste à éliminer les bateaux ayant plus de 15 ans d'âge en les remplaçant par de nouveaux. L'autre concerne les unités ayant moins de 15 ans. Pour ces bateaux, une reconversion est indispensable afin de préserver la qualité à bord. «Lorsque les senners réfrigérés arrivent aux ports, plus de 80% des captures sont bonnes pour la fabrication de farine de poisson», précise M. Sahel. «Nous voulons inverser la tendance pour aboutir à ce qu'au moins 75% des captures soient écoulées sur le marché. Le reste pourra aller alors sans problème pour la fabrication de la farine», ajoute-t-il. La sécurité, la couverture sociale baptisée Addaman Al Bahri (voir ci-contre) destinée aux marins-pêcheurs ont également été abordées.
    Outre la qualité et la maintenance, le ministre a évoqué d'autres actions qui concernent l'environnement global et la concertation ayant permis le regroupement de plusieurs associations.
    La consommation de poisson a également été abordée par le ministre qui a reconnu sa faiblesse: 7,5 kg par habitant et par an. L'infime part du poisson dans les dépenses des ménages s'explique par plusieurs raisons. La première a trait à la concurrence que se livrent les demandes interne et externe. La vente à l'étranger est plus convoitée que l'écoulement sur les marchés intérieurs. En outre, M. Sahel a cité la précarité des moyens de transport et de la structure de commercialisation.
    Le ministre a estimé que les investis-sements doivent s'orienter vers la création de produits nouveaux.

    Mohamed CHAOUI

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