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    Economie

    Pêche : La côtière entame sa modernisation

    Par L'Economiste | Edition N°:272 Le 20/03/1997 | Partager

    Le plan de modernisation de la pêche côtière débute dans trois mois. 1/8 de l'enveloppe des 200 millions de DH vient d'être débloqué et doit concerner 500 bateaux. L'ONP veille avec les professionnels à en faire bon usage.


    Sur fond de résultats plutôt mauvais dans la pêche côtière, l'Office National des Pêches (ONP) entame le programme de modernisation du secteur. Celui-ci devrait permettre une mise à niveau de l'outil de production. L'enveloppe de 200 millions de DH sur 5 ans destinée à cette modernisation arrive à point nommé. Une première tranche de 25 millions de DH vient d'être débloquée.
    La mise en place du système devrait prendre un peu plus de trois mois. Un appui financier de 15 à 20% du coût global de chaque investissement est apporté par l'ONP. Cet effort de financement sera complété par l'instauration d'un système de garantie des crédits à travers la création de sociétés de cautionnement mutuel.
    La profession est directement impliquée et engagée dans l'exécution et la gestion de ce projet. «Il s'agit d'un véritable mécanisme consensuel», indique M. Toufik Ibrahimi, directeur général de l'Office. «Il fallait un interlocuteur unique pour aller vite». L'ONP vient pour cela de signer une convention avec la Confédération Nationale de la Pêche Côtière au Maroc. Ainsi, l'Office concrétise le système de cogestion Administration et privé. Pour lui, cela consacre une nouvelle ère de concertation, d'autant plus nécessaire que l'ONP s'est repositionné en tant qu'animateur de la filière.

    Garde-fous


    Outre la mise à niveau de l'outil de production, le programme vise l'introduction et l'adaptation de nouvelles technologies en matière de pêche et de construction navale. Il a aussi pour objectif l'amélioration des conditions de manutention des prises et une optimisation des conditions de travail.
    Ce programme de modernisation concerne environ 500 bateaux sur les 2.200 que compte la flotte côtière. Une sélection des unités éligibles à ce programme va être opérée selon «une démarche identique à celle d'une institution bancaire. Le choix s'effectuera selon des critères de viabilité de l'unité».
    Pour donner à ces critères toute leur objectivité, les choix sont opérés d'une manière consensuelle. «Des garde-fous seront mis en place par l'Administration», explique M. Ibrahimi.
    Ainsi, sont éligibles à ce programme les investissements portant sur les opérations de démolition et remplacement des unités âgées de plus de 15 ans et de reconversion partielle ou totale des navires âgés de plus de 15 ans. Il concerne également la reconversion des chalutiers vers d'autres types de pêche, l'équipement, l'isolation ou la réfrigération des cales, ainsi que la motorisation et l'équipement des barques.

    Mauvais résultats 1996


    EN 1996, les résultats des débarquements de la pêche côtière ont atteint 524.000 tonnes pour une valeur d'un peu plus 1,55 milliard de DH contre 728.000 tonnes et 1,66 milliard en 1995. Ils accusent ainsi une régression respectivement de 28 et 6%. A comparer à la pêche hauturière dont les débarquements se sont élevés, selon les dernières estimations du Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande, à 77.546 tonnes pour une valeur de 2,83 milliards de DH. Ce qui représente une diminution du tonnage de 15% et de la valeur de 26%.
    En revanche, les exportations des produits de la mer ont enregistré des hausses de 18,2% par rapport à 1995. Selon les statistiques encore provisoires de l'Office des Changes, elles auraient atteint un niveau record de 8,15 milliards de DH. Cette hausse est due à l'accroissement des exportations de crustacés, mollusques et coquillages (24%) et du poisson frais (24,8%).
    Ces exportations représentent 50,7% des produits agro-alimentaires et 19% des exportations totales. Par contre, les sous-produits comme la conserve et les autres dérivés (farines de poisson et huile de poisson) sont en régression, notamment de 1,7% pour la conserve.

    Les pêcheurs ont leur assurance


    Laissé pour compte jusqu'à présent désormais le secteur de la pêche côtière aura son système d'assurance et de prévoyance sociale.
    L'Office National des Pêches et la Confédération Nationale de la Pêche Côtière nouvellement constituée viennent d'élaborer, en collaboration avec la Compagnie Nord-Africaine et Intercontinentale d'Assurances (CNIA) et la Caisse Nationale de Retraite et d'Assurance «Addamane Al Bahri», un système de protection sociale.
    L'Office est chargé de la gestion administrative de ce système qui organise la collecte des cotisations au profit des compagnies d'assurances et assure le suivi administratif des dossiers. L'objectif est de veiller aux intérêts des professionnels. La gestion technique et financière reste du ressort des assureurs.
    Concernant l'assurance corps de pêche, et avec l'accord de la CNIA, la collecte des primes correspondantes s'effectue par les voies de recouvrement classiques.

    Un comité de suivi, composé des représentants du Ministère des Pêches Maritimes et de la Marine Marchande, de l'ONP, des assureurs, des armateurs et des marins, veille au bon fonctionnement du système et à sa généralisation à l'ensemble des armateurs et marins de la pêche côtière.
    «Addamane Al Bahri» prévoit un régime de prévoyance sociale au profit des marins et armateurs. Parmi les prestations fournies figurent également les assurances couverture prêts et corps de pêche.
    L'assurance couverture de prêts garantit en cas de décès ou d'invalidité permanente et totale avant l'âge de 60 ans le remboursement à l'organisme de crédit du reliquat du prêt.
    L'assurance corps de pêche comprend trois types de couvertures: l'assurance perte totale et délaissement, l'assurance franc avaries particuliers et l'assurance tous risques.
    L'affiliation est accordée moyennant une cotisation mensuelle minimale de 50 DH pour la couverture des marins et des armateurs.
    Pour les assurances, des primes sont prévues. Elles sont soit uniques, forfaitaires et définitives pour la couverture des prêts, soit variables selon la garantie choisie pour le corps de pêche.
    Le financement est assuré par l'armateur et les marins sous forme de prélèvement de 2% sur la valeur des ventes brutes en ce qui concerne les assurances de personnes. Pour les autres assurances, il provient des contributions des propriétaires de navires. Cette couverture sociale vise environ 50.000 personnes. Son coût est estimé à 30 millions de DH.

    Sardines: Les recommandations de la Banque Mondiale


    Les captures de pélagiques représentent en volume 90% des captures totales de la pêche côtière et 50% en valeur. Cette pêcherie constitue en conséquence l'une des principales activités de la filière. Une note d'orientation de la Banque Mondiale analyse, sur la base des rapports de 1996, les contraintes et la stratégie à adopter pour le secteur de la pêche aux petits pélagiques. Le développement de cette branche d'activité souffre essentiellement de six maux en amont:
    - la surexploitation des stocks pélagiques;
    - les distorsions dans la fixation des prix de la matière première et la concurrence entre conserveurs et fariniers qui en résulte;
    - la mauvaise intégration de la filière;
    - la faible croissance du marché mondial de la conserve de sardine; - des déficiences dans la gestion des ports de pêche;
    - la complexité de l'environnement institutionnel et la faible implication des usagers professionnels.
    En aval, l'industrie de la conserve manque d'agressivité. Elle est restée traditionnelle. Afin de mettre fin à ce déclin, la Banque Mondiale préconise «un effort de restructuration de ce secteur, selon deux axes principaux». D'abord, il s'agit d'améliorer leur compétitivité tout en limitant les interventions des pouvoirs publics, ensuite de préserver l'emploi. Cela ne peut se faire que dans un cadre consensuel. Le Maroc l'a d'ailleurs compris. La signature de la convention entre l'ONP et la Confédération Nationale Côtière pour la modernisation du secteur l'atteste.

    «Le désengagement de l'Etat au profit des professionnels et d'une interprofession forte et solidaire, dans des domaines aussi essentiels que la formation des prix, le programme de développement des infrastructures ou la gestion de la qualité, est au centre des recommandations qui sont faites». L'ONP, dans son nouveau rôle, est appelé à jouer un rôle «capital dans l'animation des filières».
    La Banque Mondiale émet trois recommandations pour la mise en oeuvre d'une stratégie de développement du secteur de la pêche aux petits pélagiques:
    - Les ressources halieutiques doivent être exploitées rationnellement.
    - La filière doit se développer en recherchant une meilleure intégration, une plus grande spécialisation et une modernisation de la flotte. La restructuration du secteur passe ainsi par l'appui aux PME.
    - Le cadre incitatif et institutionnel doit être réformé.
    La mise en place de cette stratégie implique l'adhésion de tous les intervenants du secteur, est-il indiqué.

    Fatima MOSSADEQ

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