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    Economie

    Pêche hauturière : Le plan d'assainissement est en phase d'approbation

    Par L'Economiste | Edition N°:58 Le 17/12/1992 | Partager

    Deux phénomènes se conjuguent pour la crise de la pêche hauturière: la raréfaction des ressources halieutiques et la crise des cours suite à un déséquilibre de l'offre et de la demande inter-nationales. Un plan d'assainissement a été élaboré par une commission interministérielle comprenant l'APAPHAM.

    La crise du secteur de la pêche hauturière a été accentuée cette année par la baisse des cours internationaux du poulpe. Ils ont baissé de 45 à 50%.

    Un plan global comprenant la préservation des ressources biologiques, le “reprofilage” de la dette, et la mise à la disposition des armateurs d'une ligne de crédits de fonctionnement particuliers, a été élaboré dans le cadre d'une commission interministérielle composée de représentants du Ministère des Finances, de celui des Pêches et de l'APAPHAM ( Association Professionnelle des Armateurs de la Pêche Hauturière au Maroc). Ce plan global d'assainissement est actuellement à l'étude au niveau gouvernemental.

    Les mesures pour la préservation des ressources biologiques ont concerné, également, le gel des investissements et le contrôle de la flotte russe. Celle-ci subira dorénavant une limitation des zones de pêche et des espèces. Un contrôle contre le piratage est devenu plus effectif. Des amendes dissuasives sont appliquées. Elles sont actuellement de 1,5 million de Dirhams et deviendraient probablement de 1,5 million de Dollars pour les étrangers en Janvier 1993. En effet, une des principales causes de la crise de la pêche hauturière citée est le piratage des eaux territoriales.

    Pour ce qui est du “reprofilage” des crédits de financement et d'une ligne particulière de crédits de fonctionnement, la position des instances gouvernementales n'est pas encore déterminée. Concernant le reprofilage des crédits, l'APAPHAM argumente sa revendication par le fait que les études prévisionnelles des investissements ont été arrêtées lorsqu'un bateau pêchait 7 tonnes/jour alors qu'actuellement la prise moyenne est d'une tonne/jour. L'Association avance également que 15% des investissements ont été financés par la ligne de crédit FAD (Fonds Arabes de Développement) qui a été contracté par l'Etat pour une durée de 20 à 25 ans. Elle estime que les armateurs, compte tenu des nouvelles données de production, devraient bénéficier d'une durée plus longue de remboursement au lieu des huit années initialement fixées.

    Aussi, pour les crédits de fonctionnement ou selon l'expression des membres du Bureau de l'APAPHAM “ les crédits de campagne ”, une ligne de crédits devrait être mise en place pour soutenir les frais d'exploitation des armateurs, à l'instar de l'agriculture. Le cycle d'exploitation dans la pêche hauturière est de trois mois à trois mois et demi.

    Enfin, l'APAPHAM met en cause les conditions d'exploitation dans les ports marocains qui restent encore différentes de ce qui existe à Las Palmas. La plupart des entreprises marocaines n'accordent pas de crédits fournisseurs. Les membres de l'APAPHAM donnent l'exemple du gazoil. Celui-ci est subventionné par l'Etat pour un équilibre entre le prix du gazoil vendu à Las Palmas et le prix du gazoil vendu à Tan-Tan ou Agadir. Cependant, les fournisseurs du gazoil se plaignent, pour leur part, d'un retard dans le règlement de la subvention et exigent un paiement cash. Le problème actuel de la pêche hauturière réside dans la commercialisation de ses produits. Les difficultés de commercialisation sont conjuguées à des baisses de prix. Pour les poulpes de référence, les prix ont baissé de 45 à 50% en un an. La tonne est actuellement écoulée à 3.000 Dollars, il y a un an, son prix était de 7.600 à 7.800 Dollars, la tonne des poulpes de petite taille vaut actuellement 1.300 Dollars alors qu'elle valait 2.800 Dollars.

    Le marché japonais, le principal débouché, est pratiquement saturé. Il absorbe annuellement 80 à 100.000 tonnes de “prises” effectuées dans les eaux marocaines. Plusieurs raisons sont avancées à ces difficultés. Les membres de l'APAPHAM mettent en cause le nombre excessif de bateaux qui pêchent dans les eaux territoriales marocaines. A l'appui de leur analyse, les armateurs marocains signalent la remontée des prises moyennes et la réapparition d'espèces disparues, depuis que la flotte russe est maîtrisée, en conformité avec les dispositions entrées en vigueur le 2 Novembre dernier.

    Par ailleurs, il existe des possibilités d'accord entre l'APAPHAM et les associations espagnoles et mauritaniennes afin de diminuer le nombre de bateaux qui prennent le large, ajoutent le professionnels.

    Pour leur part, des sociétés montées avec des agréments marocains et des moyens chinois et désirant se regrouper dans une association spécifique (l'UMAP, CF l'Economiste du 3 Décembre 1992), estiment que la crise vient de la baisse de la consommation au Japon. Ces sociétés voudraient voir se développer les intégrations vers l'aval, mais en association avec les clients japonais : “ toute épreuve de force sur le marché serait vaine ”.

    Outre les problèmes de consolidation financière du secteur et de sur-exploitation des eaux, la profession souligne les questions de profil qualitatif des prises . En effet, après un mois d'arrêt biologique en Septembre, le nombre des “juvéniles” est important. Par ailleurs, un contrôle des maillages et un contrôle à terre à Agadir et à Tan-Tan sont effectués par les autorités, afin d'éviter la prise des juvéniles. Toutefois, les responsables de l'APAPHAM regrettent que le contrôle ne soit pas effectué à Las Palmas pour les bateaux de la C.E.E. Les armateurs marocains regrettent aussi qu'a défaut de contrôle qualitatif à Las Palmas, les bateaux CEE ne viennent pas décharger dans les ports marocains

    Laïla TRIKI

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