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Pêche hauturière: Dix bateaux largués à Agadir

Par L'Economiste | Edition N°:74 Le 08/04/1993 | Partager

Vingt chalutiers de la pêche hauturière ont rompu leurs amarres dans la nuit du 15 au 16 mars au port d'Agadir suite à une tempête. L'autorité portuaire a donné ordre de les larguer. Une dizaine ont été perdus.

Au cours de la nuit du 15 au 16 mars, une tempête dont la vitesse des vents était de 120 km/h a entraîné la rupture des amarres d'une vingtaine de bateaux immobilisés.

L'autorité portuaire a tenu une réunion faisant intervenir les représentants de plusieurs instances gouvernementales, dont notamment les Ministères de la Pêche Maritime et de la Marine Marchande, de l'Intérieur, ainsi qu'un dirigeant de Somamer. Les bateaux de cette société avaient été les premiers à rompre leurs amarres.

Il a été décidé de larguer tout navire rompant ses amarres vu le danger qu'il représentait pour les autres navires accostés et pour les installations portuaires. Le dirigeant de la société Somamer a également signé le procès-verbal de la réunion précitée.

En effet, parmi les dangers évoqués figurait le frottement entre deux chalutiers à coque de fer qui aurait pu causer un incendie, selon les services juridiques de l'ODEP (Office d'Exploitation des Ports). De plus, dans un rapport préparé par I ' autorité portuaire, il est mentionné que les bateaux en question ont fait couler plusieurs embarcations de la pêche côtière.

L'éventualité qu'un des bateaux de la pêche hauturière coule dans le port "effrayait" les autorités portuaires. Une opération de remorquage nécessitant généralement des moyens matériels importants. Mme Malika El Othmani, directeur juridique de l'ODEP, donne l'exemple du Handy Rider qui avait chaviré dans le port de Casablanca. Son renflouement avait coûté à l'armateur 1,7 million de Dollars (C f L'Economiste du 17 septembre 1992).

"La situation la plus alarmante aurait été qu'un chalutier échoue à l'entrée du port, ce qui aurait entraîné sa fermeture pour plusieurs mois", ajoute-t-elle.

Les deux remorqueurs de I 'ODEP ont été requis pour l'opération. Néanmoins, le largage n'a pas été effectué systématiquement, des tentatives de sauvetage des bateaux ayant été entreprises, la valeur estimée de chaque navire étant de 5 millions de DH. Les deux remorqueurs ont essayé, dans un premier temps, de les faire échouer au large, mais vu la direction des vents, l'opération s'est avérée impossible. Néanmoins, huit chalutiers sur les vingt ont pu être ré-amarrés.

A ce jour, "le danger pour la navigation maritime que pouvait présenter les bateaux largués est écarté", affirme Mme El Othmani. Les navires on été localisés. Quatre ont échoué. Un bateau introuvable est supposé avoir coulé. Six autres ont été remorqués par d'autres sociétés vers des ports étrangers. En effet, tout bateau navigant sans équipage est considéré comme une épave et devient donc "la propriété de celui qui le trouve"".

La société OGMP Holding SA, dont quatre navires ont été largués, Agadir 1, 5, 10 et 13, compte intenter un procès à l'ODEP. Ses dirigeants précisent que "l'ODEP, ne disposant pas de remorqueurs adéquats pour les unités, a cru bon de larguer les chalutiers au lieu de les protéger". Ils estiment leurs pertes à 20 millions de DH. Cependant, selon M. Mohamed Aït Jafour, directeur des ports régionaux, tous les bateaux largués avaient, à leur passif, une durée de séjour variant entre 450 et 800 jours et étaient donc en situation irrégulière. En effet, l'article 20 du Dahir relatif à la police des ports maritimes de commerce du 28 avril 1961 précise qu'"aucun navire ou embarcation de servitude ou de plaisance ne peut stationner d'une façon permanente au port sans autorisation préalable du Ministère des Travaux Publics(...)".

De plus, la décision de l'autorité portuaire de largage des bateaux rompant leurs amarres a été prise, selon les services juridiques de l'ODEP, en application de l'article 17 du même Dahir: "Les navires dont la présence deviendrait une gêne ou un danger pour les autres navires ou pour la bonne exploitation du port pourront être déplacés d 'office par l'Administration, aux frais et risques du propriétaire (...)".

Déjà, au mois de décembre 1992, le ministre de la Pêche Maritime et de la Marine Marchande, lors de la cérémonie d'inauguration des élévateurs de bateaux, a constaté l'immobilisation dans le port d'une soixantaine de chalutiers. Le ministre avait alors adressé une lettre à toutes les sociétés dont des bateaux étaient immobilisés au port d'Agadir leur demandant de les déplacer à un port moins encombré. Il mentionnait également que l'ensemble des facilités leur serait accordé pour qu'ils puissent "stationner leur navire à Jorf Lasfar qui dispose d'une capacité suffisante pour l'accueil de ce type de navires".

Les services administratifs du port d'Agadir répondent le 28 janvier au Ministère des Travaux Publics en déclarant que la situation est inchangée. Ils comptabilisent 22 bateaux abandonnés, 17 saisis et 22 désarmés (1).

Préparer l'arrêt biologique

L'immobilisation de ces bateaux avait également été analysée à la fois au niveau du comité technique du port d ' Agadir et du Conseil d ` Administration de l'ODEP le 25 décembre. Ces bateaux avaient été jugés encombrants et présentant un danger pour les autres navires.

Une opération de sensibilisation des armateurs à trouver une solution avait alors été lancée par l'autorité portuaire.

Celle-ci ne recevant aucune suite, une lettre de mise en demeure avait été adressée aux armateurs dont les navires présentaient une durée de séjour variant entre 6 mois et trois années.

L'affaire est actuellement devant les juridictions de première instance d'Agadir. Pat la décision judiciaire, l'autorité portuaire espère rendre désuète la "limite de la responsabilité" prévue par l'article 24 du Dahir formant le Code du Commerce Maritime (DCCM) et effectuer le déplacement de navires immobilisés aux "frais avancés" de leurs armateurs. L'ODEP justifie sa volonté de faire accélérer les procédures d'évacuation afin de préparer le port à l'arrêt biologique du mois de mai. 

Laïla TRIKI

(1) Les bateaux désarmés ainsi que les bateaux abandonnés ne disposent d'aucun service de garde à bord. Cependant, les navires désarmés se différencient par rapport aux navires abandonnés par le fait qu'ils sont en situation régulière. Leurs armateurs sont supposés avoir entrepris les procédures requises envers la Capitainerie et la Délégation Régionale des Affaires Maritimes (DRAM).

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