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Affaires

Pays-Bas: «Marocains, criminels!»

Par L'Economiste | Edition N°:1896 Le 12/11/2004 | Partager

. Les surenchères sont en marche. Représailles contre les lieux de culte. La haine se propage dans toute l’EuropeAUX Pays-Bas, la vie n’est plus paisible comme avant. L’assassinat du réalisateur Theo van Gogh par un islamiste néerlandais d’origine marocaine a donné une autre occasion à l’extrême droite de capitaliser sur la colère contre les étrangers, qui règne actuellement au pays. Les Pays-Bas, dont la vie politique était réputée consensuelle et tranquille, assiste à l’émergence de deux courants contradictoires qui s’affrontent: les radicaux de droite et les intégristes islamistes. Eglises et mosquées, sont la cible de représailles. Pour l’instant, la situation de la communauté marocaine, évaluée à quelque 300.000 personnes (sur 16 millions d’habitants), diffère en fonction de son rapprochement ou non des zones “de danger”. A Amesterdam et à Rotterdam, les Marocains n’auraient pas subi les conséquences de ces dangereux incidents. Les actes de représailles contre les mosquées qui ont eu lieu dans différentes villes ont semé la peur mais n’auraient pas entraîné d’agressions physiques, selon les témoignages recueillis, qui signalent “quelques attaques verbales dans la rue”. “De temps à autre, on nous lance des propos indécents contre notre religion ou contre le foulard islamique”, raconte Nora, une femme au foyer habitant à Rotterdam. “Mais nous circulons et vivons librement”, ajoute-t-elle.A La Haye, le correspondant d’Assabah signale que la police mène une véritable offensive pour démanteler les groupes terroristes. Mercredi dernier, plusieurs terroristes se sont défendus à la grenade, blessant trois policiers. “La communauté marocaine se sent en danger”, prévient le correspondant, qui rapporte également d’autres incendies de mosquées et d’églises. Sur ce sujet, le Maroc a une position de principe. Une source diplomatique précise que la situation est sous contrôle et qu’il n’y a pas lieu de s’inquiéter car “les Marocains ne sont menacés par personne”. L’assassinat de Van Gogh, par où le mal est arrivé, est considéré comme “un acte isolé” qui ne concerne nullement le Royaume. Le tueur est un Néerlandais et de ce fait, il s’agit d’une affaire interne aux Pays-Bas, soutient notre source. Le problème réside dans les médias qui “cherchent à opposer des groupes religieux et culturels”. Seulement, le tueur a aussi la nationalité marocaine. Et cela a entraîné une montée en puissance d’arguments contre le Maroc au point que dans certains milieux extrémistes, la marocanité est considérée comme un facteur de crime. La classe politique néerlandaise, presse aidant, est en ébullition dénonçant ce qu’elle appelle “une conspiration terroriste”. Le gouvernement de droite est partagé sur l’approche à adopter. Craignant une dégénération, il a cependant appelé au calme et au dialogue. Mais certains ministres de la branche radicale ont trouvé dans ces événements la meilleure occasion pour rebondir et demander l’exclusion des étrangers. Ce courant, qui doit son essor à l’assassinat de son leader Pim Fortuyn en 2002, est en train de chauffer les esprits. En face, la nébuleuse islamiste élargit sa toile et recrute parmi les Marocains de deuxième génération (voir notre entretien). Selon les services de renseignements néerlandais, entre 100 à 200 extrémistes islamistes seraient actifs aux Pays-Bas et tenteraient de recruter des jeunes issus de l’immigration.Cette situation ne concerne pas uniquement le pays de Van Gogh, mais bien toute l’Europe. En France, en Belgique ou en Allemagne, les extrémistes de droite griffonnent des propos insultants sur les murs et profèrent des menaces par téléphone. On redoute que la violence passe à un niveau supérieur surtout que les sentiments d’hostilité à l’encontre des émigrés grandissent. Selon un sondage réalisé aux Pays-Bas, 47% des personnes interrogées se sont dites moins tolérantes envers les musulmans depuis l’assassinat du cinéaste. Un autre sondage montre qu’en cas d’élections cette semaine, le parti du député Geert Wilders, fervent partisan d’une interdiction de l’immigration en provenance de la Turquie et du Maroc, passerait de 1 à 19 sièges au Parlement.Nadia LAMLILI

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