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    Politique Internationale

    Paléontologie : Dinosaures: Une autre pièce s'ajoute à la collection

    Par L'Economiste | Edition N°:192 Le 10/08/1995 | Partager

    Les ossements fossilisés d'un autre animal ont été récemment découverts dans la région de Midelt. A quelques mois de l'exhumation du premier, cette trouvaille vient enrichir le patrimoine fossile du Maroc. Les chercheurs marocains ont pu identifier les deux animaux qui semblent appartenir à la même espèce. Pour le tourisme, il existe là des ingrédients pour créer un "crétacé park" au Maroc.


    Dire que des dinosaures sont enfouis dans la région de Midelt n'est pas présomptueux. La preuve: six mois après la découverte des ossements d'un premier dinosaure, il est vrai dans des circonstances bizarres, la paléontologie marocaine vient d'ajouter une nouvelle pièce à sa collection. Comme pour le premier animal, la nouvelle découverte s'est faite dans des circonstances rocambolesques. Cette fois-ci, les ossements ont été retrouvés chez un habitant de la région.
    Ce dernier, au gré de ses promenades pastorales, a buté sur les restes de l'animal fossilisé qu'il a emportés chez lui.
    Pour les géologues qui travaillent sur le terrain, ces découvertes n'ont rien d'extraordinaire. Les formations rocheuses qui affleurent généralement dans ces régions de l'Atlas datent des périodes jurassiques et crétacées de l'ère secondaire. Périodes pendant lesquelles vécurent ces animaux géants.
    Il faut rappeler que, pour la première découverte, les conjectures foisonnaient quant à l'espèce à laquelle pouvait appartenir l'animal.
    Même à l'achèvement des fouilles, les chercheurs n'arrivaient toujours pas à retrouver le crâne de l'animal. L'identification était donc rendue plus difficile et la trame toujours pas résolue.
    Par rapport à la première, la seconde trouvaille est nettement plus intéressante, puisque le crâne de l'animal a également été retrouvé. Ainsi, il a été possible de lever le voile quant à la nature des deux animaux qui se sont avérés appartenir à la même espèce. Au fur et à mesure de la remise en place du puzzle des ossements, les experts ont commencé à décrypter les informations qui y étaient recelées.
    Concernant l'âge tout d'abord, le second animal aurait 4 à 8 ans de moins que le premier. En effet, si le premier animal date du Senomano-Turonien, soit quelque 90 millions d'années, l'époque du second correspondrait au sommet du Turonien, c'est-à-dire quelque 84 millions d'années.

    Elasmosaures


    Par ailleurs, l'apport de la seconde découverte est qu'elle a permis de mieux renseigner sur le mode de vie de ces animaux. S'agissant des mensurations de l'animal, les dimensions du premier animal sont presque observées dans ce cas-ci: 5 à 6 mètres de long (contre 7 à 8 mètres pour le premier). L'animal était par ailleurs carnivore. La taille de ses dents le démontre, puisqu'elles devaient mesurer entre 2 et 10 cm de long.
    "L'animal, qui se mouvait grâce à des palettes natatoires, devait probablement se nourrir de poissons et de mollusques" précise Miloud Arar du centre de géologie de Midelt.
    Outre la taille de la tête qui mesure entre 60 et 80 cm, la physiologie de l'animal est également caractérisée par la longueur du cou. En effet, ajoute Miloud Arar, "si l'allure de l'animal fait croire qu'il appartient à la famille des crocodiliens, la longueur du cou démontre son appartenance à une autre famille". Laquelle longueur est estimée de 1,5 à 2 mètres. In fine, les chercheurs marocains en sont arrivés aux conclusions que les deux animaux, le "décapité" et son jeune "cousin" appartiennent à la famille des élasmosaures de l'ordre des plésiosaures, reptiles marins du crétacé.

    Crétacé Park


    Par les découvertes de Midelt, de nouveaux jalons viennent d'être posés dans l'histoire de la paléontologie marocaine. Toutefois, sur place un besoin se fait ressentir. Tout d'abord en matériel. Les chercheurs, loin de revendiquer de l'outillage informatique à l'instar de ce qui se fait chez leurs confrères des pays avancés, ont besoin de matériel de préparation. Surtout que les deux "mosasauriens" actuellement exposés au centre de géologie de Midelt ne se sont toujours pas débarrassés de leurs peaux de calcaire. Par ailleurs, des stages de formation sont également nécessaires aussi bien sur les méthodes de conservation des dinosaures que sur le mode de vie de ces animaux.
    L'autre enseignement à tirer à propos de ces découvertes concerne le tourisme. En effet, dans un secteur actuellement en crise, il y a là matière à inspiration dans des formes de tourisme paléontologique. L'idée est jugée bonne par les savants marocains. "Faute d'un Jurassic Park, un Crétacé Park serait bénéfique à la région de Midelt et au tourisme au Maroc", s'exclame un chercheur.
    Cette forme de tourisme est exploitée ailleurs. Le Canada a par exemple créé un musée de dinosaures en plein air, celui de Drumheller, dans la province d'Alberta. Ce musée reçoit en moyenne quelque 300.000 visiteurs par an. La région, très riche pour ses gisements de pétrole et de charbon, s'est très vite lancée dans l'exploitation de sa troisième ressource, la paléontologie.

    Mohamed BENABID.

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