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Economie

Pain: Cafouillage autour de la hausse des prix

Par L'Economiste | Edition N°:1623 Le 15/10/2003 | Partager

. Les boulangers ont appliqué l'augmentation hier . Le gouvernement tergiverse A l'heure où nous mettions sous presse, l'augmentation du prix du pain n'a pas été tranchée officiellement. Une réunion interministérielle chez Abderrazak El Mossadeq, ministre des Affaires économiques et de la mise à niveau (qui pilote la direction des prix des produits de base) a été convoquée hier après-midi (voir notre rubrique DBS). Normalement, la hausse du prix du pain devait entrer en vigueur hier mardi 14 octobre. Ce prix devait subir une augmentation variant généralement entre 10 et 50 centimes. Si jamais elle est validée, cette augmentation constituerait une charge de plus pour le panier de la ménagère à la veille de Ramadan. Surtout que des rumeurs persistantes sur la hausse des prix des autres produits de base courent toujours. Au sujet de l'augmentation du prix du pain, un accord à l'arraché a été conclu entre le Syndicat national unifié des patrons des boulangeries-pâtisseries et le gouvernement. Sur ce dossier, la confusion prime. L'Economiste a pu vérifier sur le terrain hier matin que l'augmentation a été appliquée par les boulangers. Elle concerne respectivement le pain de 200g et 400g. Pour celui de 200g, qui coûtait 1,10 DH, il a été décidé une hausse de 10 centimes par trimestre jusqu'à atteindre 1,50 DH au terme d'une année. Le gros pain de 400g, vendu à 1,70 DH, coûterait 1,90 DH. Pour ce type de pain, il n'y aurait plus d'autres augmentations car déjà les boulangers n'en produisent pas assez en raison de son coût exorbitant. Rappelons que le syndicat a observé une journée de protestation le 8 juillet dernier (www.leconomiste.com). Il avait décidé non seulement de reconduire cet arrêt, mais aussi de réactiver l'accord de modération des prix du pain signé en 1989 avec le gouvernement. Ce texte stipulait qu'en cas de hausse des ingrédients qui composent le pain, le syndicat peut recourir à “une révision automatique et libre des prix de vente”.En d'autres termes, les professionnels pouvaient opérer une augmentation, sans même avoir le OK du gouvernement. Mais vu la sensibilité de ce produit de base, rien n'a été fait. “Les intérêts du pays et le sens du civisme nous ont obligés à obtempérer”, affirme El Houssine Azaz, président du syndicatPour lui, certes, cette augmentation reste insignifiante car elle s'étale dans le temps. Mais elle est survenue après d'âpres négociations avec le gouvernement. En effet, depuis 1988, les prix sont demeurés inchangés. Et ce, même si les composants ont connu des hausses. D'après le responsable, cette disproportion s'est répercutée négativement sur l'ensemble du secteur. Des fermetures en chaîne, des arriérés d'impôts non réglés et des cotisations à la CNSS non payées. Résultat: le secteur a sombré dans une véritable léthargie. Un boulanger de l'avenue El Hank à Casablanca, n'y va pas de main morte: “Nous étions pris entre le marteau de l'accord de modération des prix et l'enclume des minoteries”. Pour ce professionnel, cette augmentation reste insignifiante. “Comment faire face à la hausse continue des matières premières? La farine de luxe, la levure, le sel, l'eau…Les charges personnelles aggravent la situation de notre trésorerie”.Pour un autre boulanger de l'avenue Zerktouni, cette augmentation arrive à point nommé. “Elle est peut-être dérisoire, mais c'est mieux que rien”.Toutefois, ce professionnel redoute les désagréments qui peuvent se produire par manque de communication avec le citoyen. En apprenant la nouvelle, un client a grogné. “Pourquoi ne pas avoir rajouté les 50 centimes d'un seul coup, au lieu de cette hausse trimestrielle? “La moindre des choses, aurait été de nous informer”, tempête-t-il, avant de reconnaître qu'“avec l'avènement du mois sacré de Ramadan il faut toujours s'attendre à une augmentation des produits de base”. En tout cas, les opérateurs du secteur de la boulangerie demeurent sur le qui-vive. Si les ingrédients qui entrent dans la fabrication du pain subissent une nouvelle hausse, ils vont réactiver l'accord de modération des prix. Par ailleurs, les boulangers disent que leur activité est loin d'être lucrative. “C'est une activité qui demande un investissement énorme. Les charges sont énormes et la marge de bénéfice est quasi nulle, voire déficitaire”. L'exemple du pain de 400 g est cité que la majorité des boulangers ont délaissé. Son coût demeure exorbitant par rapport à son prix de vente”. Pour faire face à cette situation, nombreux sont les boulangers qui se sont rabattus sur d'autres dérivés, la pâtisserie et la crémerie. Effet de levier oblige. Alors que pour d'autres, la solution était simple. Ils appliquaient déjà un prix de 1,20 DH pour une baguette normale de 1,10 DH.Mohamed EL HARRATI

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