×
  • Compétences & RH
  • Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs Les Grandes Signatures Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste Docs de Qualité Enquête de Satisfaction Chiffres clés Prix de L'Economiste 2019 Prix de L'Economiste 2018 Perspective 7.7 milliards Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
    Economie

    Organisé en septembre 94 : Recensement : Deux nouvelles préoccupations, le parc logements et les handicapés

    Par L'Economiste | Edition N°:117 Le 17/02/1994 | Partager

    Le prochain recensement apporte deux innovations: le dénombrement du parc de l'habitat et celui des handicapés. I1 mobilisera 42.000 agents recenseurs Le coût estimé du recensement depuis la définition de sa méthodologie jusqu'à son dépouillement est de 500 millions de DH.

    "SI le Maroc avait les moyens financiers suffisants, il recenserait sa population tous les 5 ans", explique M. Moustapha Tadili-Fariss, responsable la Direction de la Statistique. En effet, ajoute-t-il, "les transformations structurelles de la population se font à très grande vitesse. Celles-ci, à la fois démographiques et sociales, sont dues aux mouvements migratoires, à l'urbanisation, à l'amélioration du niveau d 'instruction et à la place de plus en plus importante de la femme dans le monde du travail".

    Le prochain recensement exhaustif de la population et de l'habitat aura lieu en septembre 1994. Il sera effectué sur une période de 15 à 20 jours afin d'obtenir une photographie de la population à un moment donné. Le coût de I ' opération est de 500 millions de DH, financé en totalité par le budget de l'Etat.

    Déficits en équipements

    A l'approche du recensement, les différents départements ministériels expriment leurs besoins en indicateurs. Cependant, ne seront recensés que les indicateurs qui ne peuvent pas être connus par des enquêtes pointues. En effet, il s'agit d'éviter un Questionnaire trop dense.

    Le premier objectif du recensement est de dénombrer la population légale marocaine. Le terme "légal" signifie que les résultats sont authentifiés et publiés au Bulletin Officiel, donc irrévocables.

    La population est dénombrée en fonction des localités administratives: douar, commune, province, préfecture, municipalité... La connaissance exacte de la répartition de la population permet d'apprécier si le découpage administratif est judicieux, et d'identifier le déficit en équipements de chaque région.

    En deuxième lieu, le recensement fait apparaître les caractéristiques socio-démographiques de la population. Tout d'abord son origine (urbain-rural) est déterminée. En effet, l'étude des mouvements migratoires est l'un des principaux thèmes du recensement. Il s'agit notamment d'évaluer l'incidence des migrations dans les localités urbaines a qui risquent d e ne pas être encore en mesure de recevoir des flux massifs de la population rurale principalement".

    La structure par âge, le taux de croissance ainsi que l'espérance de vie et le taux de fécondité permettront d'évaluer les besoins en écoles primaires et secondaires, en universités, en hôpitaux et en construction de logements.

    Concernant notamment la fécondité, les résultats du dernier recensement avaient révélé que le Maroc était dans sa deuxième phase de la transition démographique au cours des années 1970. Les données du prochain recensement apporteront d'autres informations sur I 'intensité de cette évolution et sur ses variations par région, par catégories socio-professionnelles et socio-culturelles. Le taux de mortalité et la table de mortalité sont utilisés, entre autres, par les compagnies d'assurances.

    Par ailleurs, de simples transpositions des résultats des enquêtes de consommation, à la population totale, donnent les consommations globales et donc les quantités de produits de première nécessité, par exemple, à assurer.

    A travers le prochain recensement, les caractéristiques socio-économiques seront également déterminées. Le niveau d'instruction ainsi que l'alphabétisation de la population seront mis en valeur par le dénombrement du dernier diplôme. Le niveau de l'emploi et la situation dans l'emploi seront désormais connus avec exactitude. Le taux de chômage sera également défini.

    Innovations

    Pour la première fois, le parc légal de logements sera recensé. Il s'agit de déterminer le type et la nature du logement: construit en terre, en tôle ou en béton, si c' est un bidonville, une villa ou un immeuble. Le questionnaire tentera de faire apparaître la superficie des différents logements ainsi que leurs équipements (cuisine, salle de bain...). Sera aussi recherché l'état de l'adduction en eau potable, de l'électrification et du réseau des égouts. Le but du recensement du parc de l'habitat est ainsi d'évaluer le déficit de logements pour tenter d'y pallier.

    Une autre innovation au prochain recensement de 1994 est le dénombrement des handicapés par nature de handicap (folie, handicap physique, cécité ou surdité) et par région géographique. Les caractéristiques socio-économiques des personnes concernées seront également mises en exergue. Le but est que des sondages ultérieurs puissent se baser sur ces résultats pour étudier certaines autres spécificité de ce problème telles que la réadaptation des handicapés ou leur intégration aux activités quotidiennes.

    Base des enquêtes

    Le troisième objectif du recensement est la constitution d'une banque de données pour les chercheurs et pour la Direction de la Statistique. Cette banque de données sera utilisée pour en extraire des "sous-fichiers" d'informations. Ces derniers devront servir aux analyses socio-démographiques.

    Par ailleurs, cette banque de données une fois constituée servira à déterminer les échantillons des différentes enquêtes de la Direction de la Statistique. Celles-ci portent généralement sur des indicateurs plus fins, à savoir les revenus, la consommation ou les loyers... Les questionnaires des enquêtes pointues sont généralement d'une soixantaines de pages. La méthode est différente du recensement: plusieurs questions visent la même réponse afin de permettre le recoupement.

    L'organisation du recensement

    10 à 12 questionnaires par jour

    Le report d'une année de la date du recensement ne relève pas de problèmes financiers mais des contraintes de son organisation. En effet, le Maroc a connu, depuis, un nouveau découpage administratif où le nombre des communes est passé de 800 à 1.500.

    L'année 1993 a été également l'année des élections d'où l'impossibilité de mobiliser les départements administratifs, notamment ceux du Ministère de l'Intérieur, fondamentaux pour le déroulement du recensement sur le terrain.

    La première étape du recensement est la définition de sa méthodologie. La Direction de la Statistique s'y est penchée depuis 1989. Les différents types de questionnaires ont été définis pour les urbains, les ruraux, la population à compter à part, les touristes et enfin les nomades. Le coût de l'impression des l'ensemble des questionnaires ainsi que des notes d'information est de 7 millions de DH.

    La deuxième étape est la réalisation de la cartographie afin de délimiter le "district" ou la zone qui sera affectée à chaque agent recenseur. Elle permet de repérer l'ensemble des agglomérations et de tracer avec exactitude les districts afin d'éviter qu'il y ait des logements sur une ligne de démarquage. Ceci entraînerait, en effet, un dédoublement de données.

    Pour ce recensement, "la photographie aérienne a été utilisée afin d'obtenir un découpage plus précis aussi bien niveau rural qu'urbain", précise M. Tadili-Fariss.

    Actuellement, la cartographie est terminée. Elle a délimité 27.000 districts, chacun d'eux regroupant près de 150 logements. Une fois sur le terrain, l'agent recenseur devra tout d'abord reconnaître son district en identifiant les logements qui lui sont attribués sur la base d'un carnet de tournée. Puis, il devra réaliser 10 à 12 questionnaires par jour. L'opération mobilisera près de 42.000 agents recenseurs qui seront "empruntés" au corps enseignant. La formation des agents recenseurs débutera en juillet. Elle s'effectuera par étapes. Tout d'abord, ceux sont 500 agents de la Direction de la Statistiques qui seront formés et qui à leur tour formeront 2.000 agents du corps enseignant. Ces derniers se chargeront de la formation des 40.000 restants.

    Des superviseurs statisticiens iront sur le terrain à partir du mois prochain. Ils mettront en place, en étroite collaboration avec les secrétaires généraux de provinces, "le dispositif" (recensements des agents, détermination des locaux et reconnaissance des 6.000 véhicules des services publics qui seront mis à la disposition des agents enquêteurs...).

    Le jour "J" est le 2 septembre. L'opération prendra fin le 20 du même mois. Les résultats fixant la population légale seront publiés au Bulletin Officiel entre janvier et février 1995. Une année après sera édité un rapport de synthèse "tiré sur la base 5%" qui donnera les premiers résultats du recensement. Enfin, deux à trois ans plus tard, les traitements exhaustifs seront connus par le public.

    L.T.

    • SUIVEZ-NOUS:

    • Assabah
    • Atlantic Radio
    • Eco-Medias
    • Ecoprint
    • Esjc