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OMC: Le fossé entre riches et pauvres se creuse

Par L'Economiste | Edition N°:2832 Le 01/08/2008 | Partager

. L’avenir de Doha incertain. Les Africains sont les grands perdantsL’ÉCHEC des négociations à l’OMC révèle l’ampleur du fossé qui sépare pays riches et ceux en développement sur les moyens de libéraliser le commerce mondial alors que les plus grandes incertitudes pèsent sur l’avenir du cycle de Doha. Après neuf jours de discussions-marathon, les représentants des 153 pays membres se sont séparés mardi dernier sans accord, renvoyant aux calendes grecques la conclusion du cycle de Doha lancé en 2001. Les discussions se sont déroulées essentiellement au sein du «groupe des sept» principales puissances commerciales (Etats-Unis, Union européenne, Japon, Chine, Inde, Brésil, Australie), même si certains pourparlers ont eu lieu dans le cadre de la «chambre verte» rassemblant une trentaine de pays. «C’est dommage et décevant que les négociations ne soient jamais allées au-delà du groupe des sept», a déploré mercredi 30 juillet le ministre du Commerce du Lesotho, Popane Lebesa. Les Africains apparaissent comme les grands perdants car aucune des propositions de réduction des subventions agricoles des pays riches ne va entrer en application. «L’un des principaux éléments de la crise alimentaire, à savoir les subventions, va continuer de nous hanter», a ajouté Lebesa, en estimant que le «cycle de négociations de Doha doit être relancé à la première occasion». C’est cette même crise alimentaire qu’Américains et Indiens ont invoquée pour se renvoyer mercredi la responsabilité de l’échec des négociations. Les discussions ont achoppé sur le mécanisme de sauvegarde spéciale (SSM) permettant aux pays en développement d’augmenter leurs tarifs douaniers face à une subite et forte hausse des importations agricoles. Les Indiens voulaient un seuil de déclenchement très bas, les Américains beaucoup plus élevé. Apparu en 2003 lors d’un précédent échec d’une conférence de l’OMC à Cancun (Mexique), le fossé entre pays riches et en développement s’est encore creusé à Genève. Au sein du groupe des sept, c’est l’Inde au premier chef, mais aussi la Chine, qui se sont opposés aux Etats-Unis à la fois sur la question du mécanisme de sauvegarde mais aussi sur le coton. Les Chinois demandant une forte baisse, voire l’élimination, des subventions américaines sur ce produit. Le Brésil, lui, a semblé pris entre deux feux, partagé entre son appartenance au G20 avec l’Inde et la Chine et le souhait d’obtenir un meilleur accès aux marchés pour ses produits. Reste qu’il n’y a plus aucun calendrier pour la suite des négociations. Le DG de l’OMC, Pascal Lamy, a estimé qu’il «faudra laisser la situation se décanter. Il est sans doute difficile de regarder loin devant à ce stade. Les membres de l’OMC devront se demander honnêtement s’ils souhaitent recoller les morceaux et comment le faire». Synthèse L’Economiste

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