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Nouvelle hausse du plafond des taux débiteurs :15,30% : Crédits: Les taux variables arrivent

Par L'Economiste | Edition N°:16 Le 13/02/1992 | Partager

Clients et banquiers doivent faire un nouvel apprentissage: celui des taux variables. Voici les premières données publiées sur cet important
changement. Les emprunteurs devront apprendre à évaluer le risque de taux, à négocier avec leur banquier et à faire leur marché.


DE 14,50% en Décembre à 14,70% en Janvier puis 15,30% en Février: le plafond des taux d'intérêt débiteurs vient de subir une nouvelle hausse, qui était du reste attendue (cf. L'Economiste du 2 Janvier 1992) en raison du resserrement des trésoreries des banques et des entreprises au cours du dernier trimestre de l'année écoulée. Les charges fiscales de début 92, notamment la cotisation minimale de Janvier, devraient accroître la pression.
Malgré son impact sur la clientèle, ce n'est pourtant pas la hausse des taux d'intérêt qui risque de faire l'événement au cours de ce début d'année 92 mais plutôt l'instauration de leur variabilité. En effet, au moment de conclure le contrat de crédit, le client aura désormais le choix entre deux options: le taux fixe et le taux variable.
La libération de la plupart des taux d'intérêts a accompagné la levée de l'encadrement du crédit le 1er Janvier 1991. De plus en plus, on s'est acheminé vers la mise en place d'un marché de l'argent, avec une montée progressive de la concurrence.
Après avoir vécu dans un système administré où «Bank Al-Maghrib gérait les comptes d'exploitation des banques«, selon la boutade d'un banquier, les banques se sont retrouvées dans un système concurrentiel avec de surcroît un resserrement de leur trésorerie (Cf. l'augmentation régulière du taux de la réserve monétaire, à titre d'exemple). Après des années de stabilité, les taux débiteurs ont été soumis à des changements semestriels, puis trimestriels et enfin, depuis Janvier 92, mensuels. Dans ces conditions, il était tout à fait naturel que les banques soient plus attentives à la maîtrise de leurs coûts et, donc, de leurs produits.

En d'autres termes, la notion de risque a refait une apparition remarquée: risque client bien sûr mais aussi risque de taux. Comment «vendre« un crédit à un taux fixe, sur une période plus ou moins longue, alors que les taux varient à un rythme mensuel et risquent et peuvent donc augmenter, comme peut augmenter le coût moyen des ressources?
Tous ces éléments rendaient inéluctable l'instauration de la variabilité des taux d'intérêt laquelle, au demeurant, contribue à renforcer l'évolution du système bancaire vers les mécanismes de marché. Sur le plan réglementaire, la variabilité des taux a fait l'objet, le 13 Janvier, d'un arrêté du ministre des Finances qui a été suivi, le 23 Janvier, d'une circulaire de Bank Al-Maghrib fixant les modalités d'application de cet arrêté. Le GPBM (Groupement Professionnel des Banques du Maroc) devait tenir ces jours-ci, une réunion consacrée à l'examen de cette question.
Autant que nous ayons pu en juger à travers nos contacts dans le milieu bancaire, l'instauration des taux variables a suscité de nombreuses interrogations. Cependant, ses grandes lignes, définies dans la circulaire de la Banque centrale, peuvent être résumées comme suit:
1. Instauration, sur option, des taux variables pour les crédits à moyen et long terme. Les clients peuvent opter soit pour les taux fixes, soit pour les taux variables.

2. Au cours de la période de durée du prêt, le client peut opter pour l'autre mode, sous réserve de l'accord de sa banque. Ce changement ne peut intervenir qu'une seule fois et n'opèrerait que pour le reliquat du prêt.

3. Les taux d'intérêt fixes doivent respecter le taux plafond calculé mensuellement (taux d'intérêt moyen pondéré servi sur les dépôts à 6 mois et un an durant le mois précédent, augmenté du tiers).

4. L'indexation des taux variables se fera sur la base d'un taux de référence qui est égal au coût moyen des dépôts et bons de caisse à 6 et 12 mois, calculé sur une période de 12 mois. La variation des taux d'intérêt (à la hausse ou à la baisse) pourra être répercutée une fois par an, «à la date anniversaire du prêt«, précise Bank Al-Maghrib, tout en restant dans les limites de deux points au maximum par an avec une amplitude maximale de 5 points si le terme du prêt est inférieur ou égal à 7 ans et une amplitude maximale de 7 points si la durée du prêt est supérieure à 7 ans.
Pour le reste, on en est réduit pour le moment aux hypothèses ou aux interrogations.
Ainsi, il est probable que les banques chercheront à «vendre« les taux variables puisqu'ils reflètent davantage l'évolution du marché et, donc, réduisent le risque de taux. C'est pourquoi il faut s'attendre à ce que les crédits à taux variables se négocient à des taux inférieurs à ceux des contrats à taux fixes. Dans ce dernier cas, les taux se rapprocheront certainement des taux plafonds (sauf dans le cas des clients ayant un fort pouvoir de négociation vis-à-vis de leurs banquiers).
Les particuliers et les PME, qui ont souvent une gestion de bon père de famille de leurs finances, auront tendance à opter pour les taux fixes même si la possibilité de changer de mode en cours de route pourrait éventuellement, à leurs yeux, atténuer le risque du recours aux taux variables. D'autre part, on peut s'interroger sur les limites de la variabilité des taux dans le cas des crédits à long terme financés par les banques sur des lignes extérieures négociées à taux fixes.
On s'attend à ce que la pratique, dès les prochains mois, clarifie une situation nouvelle qui a entraîné un bouleversement dans les départements informatiques des banques, qui va changer leurs habitudes commerciales et surtout, qui va encore faire évoluer les mentalités d'une clientèle peut habituée à négocier ses taux ou à choisir son banquier.

Nadia EL ASRI

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