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    Culture

    Nouveau récit sur «La guerre du Rif»

    Par L'Economiste | Edition N°:2881 Le 15/10/2008 | Partager

    . L’ouvrage retrace cette lutte sans merci pour la liberté . Les auteurs sont de fins connaisseurs du Maroc, historique et actuel «LA guerre du Rif, Maroc, 1921-1926», c’est l’intitulé d’un ouvrage paru récemment aux éditions Tallandier. Fortement documenté, ce livre est cosigné par un avocat, Vincent Courcelle-Labrousse, conduit au Maroc par sa profession, et le journaliste Nicolas Marmié, ancien correspondant de l’AP au Maghreb et ancien correspondant du Figaro à Rabat. Tous les deux sont de fins connaisseurs du Maroc, historique et actuel. Bien écrit, l’ouvrage est donc intéressant dans la mesure où il retrace, comme un reportage, cette partie de l’histoire du Maroc, qui reste peu connue. En fait, à travers ce récit, ressurgit toute l’histoire du Maroc de la période coloniale. Une histoire qui commence dès la fin du 15e siècle et qui trouve son apogée au début du 20e. Le royaume chérifien, affaibli et criblé de dettes, attise les convoitises des grandes puissances. La conférence d’Algésiras, en 1906, admet la suprématie française et le général Lyautey engage alors, depuis l’Algérie, la «pénétration pacifique» du Maroc. Le 30 mars 1912, le sultan Abd el-Hafid signe le traité instituant le protectorat de la France sur le royaume chérifien et Lyautey est nommé résident général. Le sultan est remplacé par son frère, Moulay Youssef, jugé plus souple. Neuf ans plus tard, en 1921, éclate la guerre du Rif. Mohammed Abdelkrim El Khattabi arrive à fédérer contre l’ennemi commun les hommes rudes et sobres, excellents combattants du Rif. S’opposant aux armées française et espagnole réunies, il est le héros d’une des premières guerres d’indépendance du Maghreb, déjà sanglante et sauvage. En juillet 1921, des milliers de soldats espagnols trouvent la mort dans le cadre de la bataille d’Anoual. Les Rifains récupèrent du même coup des milliers de fusils, des centaines de mitrailleuses et de canons. Très vite, la guérilla se transforme en guerre classique. Abdelkrim creuse des tranchées, s’équipe en matériel lourd. En janvier 1923, il est proclamé émir du Rif, et établit sa capitale à Ajdir, sa terre natale. Une troupe de quelque 2.000 hommes est constituée. En face, les Espagnols ne cessent d’augmenter leurs effectifs et leurs moyens matériels, n’hésitant pas à utiliser le gaz moutarde pour asphyxier leurs ennemis. Les Français attaquent aussi les Rifains à partir d’avril 1925. Le général Pétain est envoyé sur place, à la tête de près de 200.000 hommes pour combattre, avec une violence extrême, quelques dizaines de milliers de Rifains.Pour la première fois, Espagnols et Français combinent leurs opérations. Devant ce déploiement de forces, les Rifains ne peuvent pas tenir. Abdelkrim se rend en mai 1926 et est exilé à l’île de La Réunion. Sauvage et impitoyable, cette lutte sans merci pour la liberté, conflit oublié de l’histoire coloniale, éclaire encore aujourd’hui par bien des aspects les liens très spéciaux de la France et du Maroc, tout comme la sensibilité des rapports du Maroc avec l’Espagne.N. B.

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