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    Tribune

    Notre sens de l'organisation est déficient

    Par L'Economiste | Edition N°:23 Le 02/04/1992 | Partager

    S'il est une fonction sur laquelle chacun, du directeur à l'employé de base, donne son avis, c'est l'organisation. Contrairement à la production où à la finance, c'est la fonction du "Il n'y a qu'à" généralisé. Car les entreprises et les administrations consacrent rarement à l'organisation un département spécialisé, et la moindre amélioration sur une tâche simple, devient problématique. Des facteurs culturels, notamment la conception du temps, interfèrent sur la bonne organisation, qui n'est pourtant que l'expression du bon sens

    A plusieurs occasions dans des réunions débats, manifestations culturelles ou autres, même à un niveau supérieur dans la hiérarchie, les participants sont pleins d'intérêt et d'enthousiasme pour le sujet traité. Du coup, les propositions foisonnent à propos des solutions à apporter ou des changements à opérer. Un certain nombre de mesures est décidé et on se sépare avec une satisfaction morale plus ou moins grande selon les individus. La discussion se situe à un niveau élevé dans certains cas, et les analyses sont poussées pour aborder le maximum de points du sujet traité. Toutefois, les idées même très percutantes, et l'enthousiasme même à son apogée ne peuvent être canalisés que par une organisation méticuleuse. Il suffit de penser à la tâche la plus simple pour voir que sur le plan pratique, toute une organisation est nécessaire pour l'accomplir dans les meilleures conditions. Les problèmes et les crises, quelle que soit leur gravité engendrent une réflexion sur leurs causes et conduisent à l'adoption de solutions jugées adéquates.

    Stimulateur: l'alarme

    L'alarme est un bon stimulateur à la remise en cause d'un certain nombre d'idées et de pratiques. La réflexion prend une nouvelle dynamique à cette occasion et peut être très riche au niveau des enseignements tirés de l'état de conscience qui en résulte. Toutefois, l'esprit ne peut pas toujours ramner à la conscience les question abordées avec la même acuité et la même charte qu'à l'occasion d'un problème posé.
    Le déroulement de la vie quotidienne interpelle incessamment notre esprit pour des questions très disparates, qui méritent autant les unes que les autres notre réflexion et notre présence d'esprit. Ces considérations révèlent combien l'organisation est importante pour gérer une question dans le temps, et pour la faire venir à volonté à notre conscience. Au lieu d'aborder un sujet en bloc, et de revenir à chaque fois sur les mêmes questions, l'organisation va permettre de le gérer selon un calendrier, une répartition des tâches, et même de revoir périodiquement l'évolution réalisée, et le chemin qui reste à faire.

    Temps: facteur absent

    Il y a un avantage indéniable de l'organisation, c'est celui de la gestion du temps. Nous n'avons pas dans notre vie la notion du temps. C'est presque un facteur absent dans tout projeorganisation, sauf bien entendu à des niveaux très évolués, comme la presse, des sociétés multinationales ou des groupes nationaux suffisamment ouverts à l'innovation et aux méthodes modernes de gestion. Gérer le temps consiste à définir une organisation minutieuse à l'intérieur d'un espace de temps. Ceci nécessite que préalablement on ait pris conscience du temps nécessaire à l'exécution d'un projet. Mais même sans pouvoir le faire de façon plus ou moins précise, il est important et même primordial que l'on détermine un espace temp jugé suffisant pour ce projet. Sinon, on risque de s'éterniser, d'abandonner en cours de route en l'absence d'une échéance, et même parfois et, dirais-je souvent, on répète des actes et des erreurs.
    La gestion du temps telle que je l'ai expliquée ci-dessus, a ceci d'important. Elle permet de tester intelligemment et scientifiquement des stratégies, car celles-ci ont bénéficié des conditions d'une recherche objective, de longue haleine et surtout d'une mise en pratique selon une organisation précise. Les conclusions à ce niveau peuvent revêtir un caractère d'enseignements et de résultats concrets, et elles peuvent dicter une organisation future tout à fait crédible et pertinente. Bien sûr, on ne doit pas se frotter les mains de joie simplement parce qu'on est arrivé à l'échéance définie par l'organisation, mais il faut avoir le courage et même le devoir de soumettre les résultats à la critique instructive et à la comparaison avec des stratégies venues d'ailleurs et ayant donné leurs fruits.
    J'ai beaucoup insisté sur l'aspect pratique de l'organisation, dans la mesure où elle crée une certaine dynamique dans la réalité. Elle complète la réflexion, la planification et pousse à l'action productive.

    Banaliser les idées

    Le but recherché est d'attirer l'attention sur ce fait parfaitement évident mais jamais clair dans l'esprit: les discours, les idées, les propositions et les critiques s'ils n'engendrent pas une action organisée, orientée et responsable, restent figés, luxueux, et peuvent même subir l'usure du temps, devenir pour certains lassants et dépassés; l'Organisation rend compte de l'ampleur des tâches à effectuer, mais dans le même temps elle incite à l'exécution car elle donne conscience de la nécessité de partir des bases des éléments simples, pour obtenir un progrès d'ensemble.
    Elle banalise les idées, car celle-ci doit faire place à une action et celle-ci ne peut s'accomoder de la même profondeur que pour émettre des idées, mais elle réclame présence d'esprit, aptitude à une réaction rapide et efficacité. Elle ne fait pas intervenir le même nombre d'éléments que la réflexion, ni la même richesse de débats, mais elle nécessite vigilance, attention et dynamique.
    Il n'est pas difficile de constater avec stupéfaction et parfois avec une grande déception cette absence d'organisation, qui entraîne des conséquences parfois graves, des pertes de temps considérables, et même des malentendus, malheureux. Et je crois réellement que c'est dans nos mentalités et dans nos structures de pensée qu'il faut en chercher les causes.
    Il est certain que l'on ne peut concevoir d'évolution sans des stratégies parfaitement claires, et sans une organisation minutieuse au plan pratique.

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