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Nos retraites menacées
Une facture de 5 fois le PIB si rien n’est fait!

Par L'Economiste | Edition N°:1656 Le 05/12/2003 | Partager

. Les régimes de retraite s’orientent vers un lourd déficit . Les projections démographiques permettent de calculer avec une quasi-certitude les futures pertes. D’un régime à un autre, les difficultés s’échelonnent dans le tempsPeut-on réellement attendre? Sur le sujet des retraites la réponse paraît évidente. Les solutions le sont beaucoup moins. Certes, le rapport dont L’Economiste se fait l’écho dans cette édition et sur lequel nous reviendrons avec plus de détails prochainement, n’est pas le premier à avoir établi un check-up des systèmes de retraite au Maroc. Au cours de ces dernières années, organismes internationaux (BIT, Banque Mondiale), consultants (Bossard & Mazars) se sont tous livrés à cet exercice avec plus ou moins de détails. Ce qui semble avoir changé, en revanche, c’est la prise de conscience au niveau politique. Les réflexions qui sont en cours devraient être débattues en profondeur au cours de la grand-messe des retraites prévue la semaine prochaine. Tout le monde est d’accord sur la nécessité d’agir. Sur le comment, c’est une autre paire de manches. Ce qui est sûr, c’est qu’on ne peut pas ne rien faire, autrement les déficits se chiffreront en centaines de milliards de DH. Les simulations faites par les Finances donnent froid dans le dos.A l’horizon 2050, les déficits devraient représenter l’équivalent du PIB et en 2100, 5 fois plus!Des gouffres abyssaux qui ont de quoi inquiéter les futurs retraités que nous sommes. Encore faut-il préciser que l’on raisonne à ce niveau uniquement par rapport aux régimes généraux: CMR, CNSS, RCAR. Le cas de la CIMR reste la grande inconnue, en dépit des réformes, dont la dernière demeure suspendue à un ensemble de mesures qui n’ont toujours pas vu le jour. Alors la tentation serait de dire: 2050, 2100, c’est encore loin. C’est justement l’erreur à ne pas commettre si l’on veut maîtriser ces déficits dans des conditions confortables au lieu de le faire, forcés, dans l’urgence, avec ce que cela pourrait supposer comme coûts social, politique et financier. Etrange paradoxe: les optimistes trouveront dans la bonne santé actuelle des régimes un argument de taille pour maintenir le statu quo: excepté pour l’ONCF, la Régie des Tabacs et la CNSS, l’ensemble des régimes marocains présentent, selon les simulations des Finances un solde fortement excédentaire et ils disposent tous (à part l’ONCF et la Régie des Tabacs) de réserves encore conséquentes. Comment expliquer cette contradiction entre une situation future inquiétante et une situation actuelle relativement bonne?En réalité, les bouleversements démographiques ne plaident pas en notre faveur. La pyramide des âges de 2000 ne sera pas celle de 2020, ni celles de 2040 et 2060. Il y a deux manières d’évaluer la gravité de la situation: à travers l’explosion des cotisations pour les années à venir, ou bien à travers les énormes déficits qui s’annoncent pour les prochaines années.Mais c’est sans doute les taux de cotisations, qui résument assez bien l’importance des enjeux. La situation est particulièrement préoccupante pour la CMR et la CNSS, puisque les simulations des Finances tablent sur une multiplication en 2100 de leurs taux par respectivement 3,7 et 5,2. Ce qui correspondrait, si l’on veut viabiliser ces régimes, à des taux faramineux de 51,4% et 47,1%!! Pour le cas des caisses autonomes, c’est encore plus spectaculaire: l’OCP doit porter son taux de cotisation à 126,2% et l’ONE à 88% s’ils veulent péreniser leur système à l’horizon 2100. Concernant les mesures préconisées pour sauver nos régimes: il n’y a pas de solutions miracles. Soit l’on cotise davantage, soit l’on accepte que nos pensions soient plus modestes, soit que l’on reste au travail plus longtemps. Il est bien entendu possible de faire des combinaisons. Maintenant il faut juste savoir à quel prix et pour qui.


Nous vivrons plus longtemps

Un des aspects fondamentaux des réflexions sur la retraite concerne le volet démographique. Ce volet a bien été souligné par les simulations faites par le ministère des Finances qui prennent en compte les ajustements de la table de mortalité marocaine. Celles-ci devraient se traduire par une augmentation de l’espérance de vie à la naissance de huit ans pour les hommes et de sept pour les femmes. Soit une augmentation, approximativement, d’une année tous les 6,5 ans, ce qui semble réaliste. Des réserves sont toutefois formulées au passage. “ D’une part, l’horizon de projection est très éloigné et ce qui semble réaliste aujourd’hui pourra être considéré demain comme exagérément optimiste ou pessimiste. D’autre part, l’évolution de la mortalité se concentre essentiellement sur les âges élevés, c’est-à-dire sur l’espérance de vie à 60 ans, l’élément crucial des régimes de retraite”. Mohamed Benabid

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