×L'Editorialjustice régions Dossiers Compétences & RH Société Brèves International Brèves internationales Courrier des Lecteurs LE CERCLE DES EXPERTS Documents Lois à polémiques Docs de L'Economiste prix-de-la-recherche Prix de L'Economiste Perspective 7,7 Milliards by SparkNews Earth Beats Solutions & Co Impact Journalism Day cop22Spécial Cop22 Communication Financière
eleconomiste

Société

MRE-Citoyenneté: «Plus Français… ou plus Marocain»

Par L'Economiste | Edition N°:2337 Le 09/08/2006 | Partager

. Parcours d’un MRE oujdi qui s’est réalisé dans l’Hexagone. Devenu ingénieur, il s’étend sur les étapes franchies. Double culture, double richesse… ou double tracas?!Né au Maroc en 1980, dans le petit village d’Ahfir, situé à une quarantaine de kilomètres de Oujda, Marouane Benabid a quitté le royaume à l’âge de quatre ans en compagnie de sa mère et de sa petite sœur, pour rejoindre son père à Paris. Après un parcours scolaire bien fourni (Bac scientifique, DUT en télécoms et réseaux, diplôme d’ingénieur spécialisé dans les systèmes d’informations), il intègre le marché du travail au sein d’une société de SSII durant deux ans, avant de rejoindre une grande banque française où il est toujours en fonction. Pour meubler son temps libre, Marouane, très attaché au Maroc, décide de s’associer à l’équipe du site internet Yabiladi.com, dédié à la diaspora marocaine, «dans le but de fédérer la communauté marocaine où qu’elle se trouve», précise-t-il. En outre, il trouve le temps de participer aux activités de l’association «Maroc O Cœur» qui aide à la scolarisation d’enfants Marocains au Maroc, par le biais d’un système de parrainage.Sa réussite sociale, son engagement associatif et sa générosité débordante lui ont valu d’être invité aux festivités royales organisées lors la fête du Trône. «Il s’agissait d’une première pour moi. Je n’avais jamais assisté à une telle cérémonie autre part que devant mon petit écran. Le cérémonial était impressionnant, même si cette année les festivités ont été réduites suites aux événements tragiques au Liban», indique Marouane Benabid. Invité par la Fondation Hassan II, c’est Mohamed Ezzouak, créateur du portail Yabiladi qui lui a appris la «super nouvelle». «Je remercie les membres de la Fondation Hassan II, car non seulement j’ai pu assister à un événement exceptionnel, mais j’ai également pu rencontrer des ressortissants marocains résidant à l’étranger (MRE). Ainsi, nous avons soulever des problématiques liées à notre dispora. Il serait souhaitable que cette initiative ait une continuité», poursuit l’ingénieur informaticien. Ces… problématiques sont-elles d’ordre identitaire? . Impuissance et injusticeDu côté de sa condition de vie en France, Marouane Benabid ne cache pas son bien-être même s’il dénonce des injustices. «J’ai toujours travaillé avec des personnes ouvertes d’esprit pour qui la compétence n’a pas de patronyme ni de couleur. Néanmoins, beaucoup de jeunes «beurs» n’ont pas cette chance et rencontrent des obstacles pour décrocher un job», déplore-t-il. Injustice et impuissance, c’est également les mots qu’il emploie pour exprimer son ressentiment de la guerre au Liban et le conflit israélo-palestinnien. «Les rênes de la planète sont détenues par quelques pays qui font ce qu’ils veulent. La donne doit changer! La mondialisation doit être repensée de manière à ce qu’elle serve l’intérêt général et non celui de certaines puissances», déclare Marouane. Il regrette l’impuissance et la décrédibilisation de l’Onu alors qu’elle a été créée pour empêcher les conflits (ou du moins les pacifier). Des conflits qui se multiplient et qui fragilisent l’humanité. Alors, choc des cultures, choc des civilisations? «La fameuse théorie des chocs des cultures n’est que la fabrication d’individus pour légitimer les atrocités dont nous sommes témoins. Après la chasse au communisme et la guerre froide, il a fallu créer une nouvelle bipolarisation pour le plus grand plaisir des faucons de certaines armées», précise-t-il.Toutefois, le jeune MRE demeure optimiste «même si c’est parfois très difficile». «A mes yeux, il est important que le monde arabo-musulman réussisse se transition vers des régimes démocratiques et modernes. Il ne faut pas laisser les Américains imposer leur vision du Moyen-Orient, car elle ne serait là que pour servir leur propre intérêt», conclut Marouane Benabid.


«Voter au Maroc sera difficile»

Sigle MRE, exercice de la citoyenneté, points d’ancrage avec le Maroc… autant de questions auxquelles Marouane Benabid a répondu, y compris celle liée à son appartenance identitaire. Ayant élu domicile en France et jouissant de la nationalité française, se considère-il plus Français… ou plus Marocain?. L’Economiste: Que signifie pour vous d’être un MRE?- Marouane Benabid: La dénomination qu’on nous donne a peu d’importance. Après tout, si on regarde l’essence même de l’appellation, elle correspond à notre situation. Toutefois, il ne faut pas faire des MRE une classe de Marocains à part. Nous n’avons pas à jouir d’une attention particulière ni à être traités comme des sous-citoyens. En somme, les MRE ne doivent pas être considérés uniquement comme une source d’entrée de capitaux. Et de notre côté, la diaspora ne doit pas attendre qu’un tapis rouge soit déroulé sous ses pieds. Les échanges doivent être bidirectionnelles. Le Maroc a besoin de toutes ses composantes, où qu’elles se trouvent, pour continuer à avancer.. En qualité de citoyen, vous considérez-vous Français ou Marocain? - Je n’aime pas trop ce genre de question. Les aléas de la vie ont fait que mon identité est composite. Je me sens à la fois Français et Marocain. Aucune de ces deux composantes n’a la primauté sur l’autre. En outre, je pense qu’il est même dangereux de vouloir valoriser l’une au détriment de l’autre, car cela nous amènerait à renier une part de nous. Concernant ma citoyenneté, j’essaie de la vivre pleinement. En France, j’ai voté dès que l’occasion m’a été donnée de mettre un bulletin dans une urne. . En 2007, vous aurez la possibilité de voter au Maroc. Comptez-vous honorer votre devoir de citoyen… marocain?- Le Maroc est en pleine transition démocratique et l’échéance 2007 est annoncée comme un tournant. J’aurais tant aimé apporter un tout petit cailloux à l’édifice… Compte-tenu que des bureaux de vote ne seront pas prévus dans les pays de résidence, il me semble difficile de venir au Royaume pour voter. Ma décision n’est pas encore tranchée, je verrai en fonction des contraintes du moment. A ce jour, je ne pense pas que je ferais le déplacement.Propos recueillis par Rachid HALLAOUY

  • SUIVEZ-NOUS:

  1. CONTACT

    +212 522 95 36 00
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]
    [email protected]

    70, Bd Al Massira Khadra
    Casablanca, Maroc

  • Assabah
  • Atlantic Radio
  • Eco-Medias
  • Ecoprint
  • Esjc