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    Courrier des Lecteurs

    Morocco Inc cherche investissements

    Par L'Economiste | Edition N°:269 Le 27/02/1997 | Partager

    Des autoroutes à la production d'électricité en passant par la gestion des ports: un grand pan des services publics est ouvert à l'investissement étranger. Cependant, la privatisation limitée des télécommunications déçoit les investisseurs étrangers qui attendent toujours l'ouverture du Maroc au rating.


    Pour réaliser un taux de croissance moyen compris entre 6 et 7%, les investissements dans les infrastructures devraient atteindre 2,3 milliards de Dollars annuellement, soit 800 millions de plus que les financements qui leur sont actuellement affectés. Ce chiffre, annoncé par M. Abdelaziz Meziane, ministre des Travaux Publics, dépasse de très loin le montant des investissements étrangers reçus au cours de l'année précédente.

    Télécommunications


    Contrainte budgétaire oblige, il faudra nécessairement retrousser les manches et battre campagne pour trouver des ressources extérieures supplémentaires. Cependant, vu la tendance baissière observée durant les trois dernières années conjuguée aux besoins en investissements industriels, un véritable travail d'Hercule s'impose aux décideurs. Les discours de toutes les personnalités qui se sont succédé au podium au cours des deux journées qu'ont duré les travaux d'Euromoney peuvent être résumés en un seul message: «Venez investir, Morocco Inc est ouverte». La symphonie a été globalement bien jouée.
    Les investisseurs étrangers ont été attentifs aux propos des responsables gouvernementaux et des entreprises publiques qui ont étalé, plus particulièrement lors de la deuxième journée, les grands chantiers d'investissement ouverts au cours des dernières années. A ce titre, M. Abderrahmane Saïdi, ministre de la Privatisation chargé des Entreprises Publiques, a fait le point sur le programme mis en place, mis en relief les réalisations et donné un aperçu sur les perspectives. Il a assuré que le processus sera accéléré grâce aux modifications des procédures qui seront insérées dans la Loi de Finances en préparation. Avec des prévisions de recettes arrêtées à 5 milliards de DH en 1997, le ministre aura, autant que les investisseurs étrangers qui déplorent le manque de papier sur la place de Casablanca, besoin d'un assouplissement pour réaliser cet objectif.

    Dans son discours comme dans ses différentes interventions sont apparus des propos qui ont valeur de promesses, entre autres une ouverture beaucoup plus prononcée des privatisables à l'investissement étranger. Dans les couloirs, nombre d'investisseurs, qui reconnaissent les mérites du ministre, sont toutefois restés sur leur faim, surtout en raison du dossier des télécommunications. Grand avocat d'une large ouverture de ce secteur au privé, M. Saïdi n'a annoncé que «l'intention de donner une licence pour un second fournisseur de service GSM». Les objectifs portent sur 200.000 lignes en l'an 2000 contre 43.000 abonnés actuellement, a souligné M. Mourad Aqualay de l'ONPT, qui a reprécisé que la privatisation des télécommunications portera principalement sur les services à valeur ajoutée.
    A défaut de pouvoir mettre la main sur l'intégralité de ce secteur dont la rentabilité a été prouvée par les privatisations latino-américaines, les investisseurs peuvent se rabattre sur les autres infrastructures. Outre la production d'énergie de Jorf Lasfar et la concession de la gestion de la distribution d'eau et d'électricité de Casablanca, de grands dossiers sont actuellement ouverts.

    Rating


    Figurent sur la liste le grand programme autoroutier, la construction du Port de Tanger Atlantique, la concession de la gestion du Port de Tanger Méditerranée et la construction du port de plaisance d'Agadir pour lequel un appel d'offres sera lancé au mois de juin.
    Pour certains étrangers, la volonté d'ouverture est réelle, mais il s'agira pour le Maroc de bien cibler les projets pour ne présenter dans l'immédiat que les meilleurs. A en croire M. Luc de Wulf, économiste principal à la Banque Mondiale, les moyens de financement sont importants mais très concentrés sur un petit nombre de pays. Il faudra ainsi se battre pour séduire les investissements privés qui ont définitivement supplanté les ressources publiques. Cette bataille se fera sous la forme de l'amélioration de la crédibilité du pays. Plusieurs fois, la question du rating a été soulevée dans les interventions des investisseurs étrangers. Il faudra donc trouver une solution urgente à ce dossier de manière à repousser les limites du marché international des capitaux. M. Mohamed Kabbaj, ministre des Finances et des Investissements Extérieurs, a ainsi indiqué que JP Morgan est choisi pour conseiller le Maroc. L'annonce n'est pas récente et l'insistance des investisseurs étrangers constitue un appel pour plus de diligence dans ce dossier.

    Le Maroc, pays émergent: Le FMI fait le point


    «Peut mieux faire». Oui. Des efforts importants ont été consentis, mais il reste du chemin à parcourir avant que le Maroc ne fasse pleinement partie du club des pays émergents. La Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International ne manquent pas en effet une occasion pour mettre le doigt sur les goulots d'étranglement qui inhibent la progression de l'économie. Le Forum d'Euromoney n'a pas dérogé à la règle. Dans leurs interventions, MM. Luc de Wulf et Edouard Maciejewski, respectivement économiste principal à la Division Moyen-Orient et Afrique du Nord de la Banque Mondiale et directeur-adjoint au Département Moyen-Orient du FMI, tout en mettant en relief les progrès réalisés depuis le milieu des années 80, se sont appesantis sur les insuffisances et les défis que le Maroc doit surmonter. Nul nouveau ingrédient dans la recette, mais, à force de marteler sur la nécessité d'accélérer le processus des réformes, les points mis en exergue apparaissent comme de réelles conditionalités.
    De l'avis de M. Maciejewski, le Maroc doit se dépêtrer de la forte dépendance vis-à-vis de l'aléa climatique en menant une politique de diversification volontariste, augmenter les taux d'épargne et d'investissement, réduire le poids de la dette extérieure, arriver à une meilleure maîtrise des finances publiques, continuer sur la voie du désengagement de l'Etat et adapter son système éducatif aux nouveaux besoins du marché du travail. Le tout combiné à un renforcement de la stabilité économique. La liste est longue, mais «les problèmes auxquels est confronté le pays ne sont pas insurmontables», note l'expert du FMI.

    Il insiste sur le fait que, dans l'immédiat, «il est essentiel qu'au-delà de la transition politique en cours, des mesures concrètes soient mises en place sans plus de délai pour inciter le secteur privé à investir davantage» . Dans son collimateur, entre autres, la mise à niveau des procédures d'évaluation des actifs dans le domaine de la privatisation, l'amélioration des procédures administratives, la réforme du secteur judiciaire et la flexibilité sur le marché du travail. Ce point est important à souligner d'autant que M. Maciejewski avait auparavant noté que le consensus social est nécessaire mais ne doit pas servir de prétexte pour ralentir les réformes. Ce clin d'oeil montre une fois de plus combien il sera difficile aux pouvoirs publics de jouer les funambules pour concilier les exigences des investisseurs étrangers et les contraintes sociales.

    Alié Dior NDOUR.

    Vu et entendu


    · Cotations des minières
    A côté du marché officiel et du second marché qui sera réservé au PME, un troisième compartiment destiné au financement des infrastructures est prévu à la SBVC, a indiqué M. Amyn Alami, le président de la Bourse. Il a annoncé que la cotation de sociétés minières est prévue. SMI ouvrira le bal, a annoncé M. Abderrahmane Saaïdi, ministre de la Privatisation. La banque conseil devra être incessamment choisie.
    · Promo de la Bourse
    Les responsables de la Bourse devront bientôt entamer une tournée internationale qui les mènera sur les plus grandes places financières internationales, entre autres Londres et New York.
    · Forte présence d'ABN Amro
    ABN Amro Bank International est venue en force à la conférence. Outre M. Ad Rutgers, vice-président directeur général de ABN Amro Bank Maroc, elle a dépêché cinq directeurs spécialisés dans le financement des opérations internationales pour animer son work-shop. La banque hollandaise, qui est membre du consortium qui va financer les investissements ABB-CMS à Jorf Lasfar, veut faire bénéficier le Maroc de son réseau international et de son expertise dans le financement des investissements.
    · De M. Othman Benjelloun
    Evoquant l'émission de GDR de la BMCE, M. Othman Benjelloun, président de la banque, a indiqué que des banques et des entreprises locales sont prêtes à venir sur le marché international des capitaux. Il espère voir plusieurs opérations se réaliser durant cette année.
    · Maroc-Daewoo
    In Soon Chen, directeur de Daewoo au Maroc, a précisé que 70% des investissements porteront sur l'électronique et l'électroménager. La firme entend très vite arriver à un taux d'intégration très élevé de manière à exporter 80% de la production. Outre le secteur touristique, les investissements sont prévus dans les télécommunications et éventuellement dans le secteur financier. Le programme du Coréen pourrait à terme atteindre 900 millions de Dollars au lieu des 500 millions initialement prévus.
    Pour marquer la force de Daewoo, M'Soon Chen a particulièrement insisté sur le chiffre d'affaires du groupe qui monte à plus de 65 milliards de Dollars, soit environ le double du PIB du Maroc.
    · «I speak english»
    Au Forum d'Euromoney, la langue de Shakespeare a damé le pion à celle de Molière. Les travaux se sont essentiellement déroulés en anglais. La plupart des officiels se sont pliés à cette exigence ponctuelle en intervenant dans cette langue. Un bon point.
    M. Amyn Alami s'est excusé pour son intervention en français et a promis que le prochain président de la bourse s'exprimera en anglais dans une prochaine rencontre de ce genre. Des changements dans l'air.

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