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Montée de l’islamisme dans les grandes écoles

Par L'Economiste | Edition N°:2210 Le 09/02/2006 | Partager

. Des cours interrompus pour faire la prière. Terrains de prédilection: l’associatif et le culturel Le phénomène n’est pas nouveau, mais il amplifie d’année en année. Il s’agit de la vague d’islamisme qui frappe un milieu estudiantin pas comme les autres, celui des grandes écoles et instituts d’ingénieurs. Les proportions jugées inquiétantes du phénomène n’ont d’égal que le silence entourant ce dernier. Il suffit cependant de pénétrer dans ces milieux pour en mesurer l’ampleur. Voiles et petites barbes semblent faire partie intégrante du décor. Le phénomène est encore difficile à quantifier. Mais d’après les témoignages de plusieurs responsables de grandes écoles à Rabat, les affiliés et sympathisants de la mouvance islamiste, dont le PJD et Al Adl Wal Ihssane sont les têtes de pont, dépassent largement la moitié des effectifs. Même quand ils sont minoritaires, ils sont agissants. Le taux d’encadrement surpasse toutes les attentes. Plusieurs étudiants sont déjà dans la mouvance avant même leur arrivée à l’école. D’autres sont «encadrés» d’entrée. «Des filles commencent leurs études vêtues de manière moderne dans le mois de septembre. Deux mois après, elles mettent le foulard, évitent les garçons, font bande à part et se mettent à leur tour à recruter d’autres filles. C’est une machine infernale à laquelle il est difficile de résister», constate une jeune étudiante. Contrairement aux universités, l’action de cette mouvance est bien trop subtile pour donner lieu à une quelconque confrontation directe. Et les «revendications» se limitent à des aspects secondaires de la vie estudiantine. «Nous sommes musulmans. Et ce que nous cherchons, c’est que l’islam ait sa place, à l’école comme ailleurs», précise cet étudiant en télécommunication. «Le haut niveau intellectuel et le parcours scolaire exemplaire de cette catégorie fait que le jeu se passe en filigrane», affirme le directeur d’une grande école.Pour l’heure, les demandes se font, par exemple, autour de la rénovation et l’élargissement des mosquées, devenues le véritable centre de certaines écoles, l’interdiction de la musique dans les lieux communs comme le réfectoire… Certaines pétitions relèvent de l’anecdotique. C’est ainsi que le simple bizutage de la rentrée a fait l’objet d’un véritable tollé dans certaines écoles. Dans d’autres, certains étudiants ont milité pour avoir files séparées selon le sexe dans les restaurants des écoles. . Sensibilités politiques et idéologiquesLa vie comme les cours sont ponctués par les appels à la prière. Des conférences sont parfois suspendues, le temps d’accomplir ce devoir. Fer de lance de cette mouvance, les associations d’étudiants dont les islamistes ont le contrôle. «Quand ils demandent à nous voir, nous sommes obligés de les écouter dans la mesure où ils parlent au nom de tous les étudiants», explique un autre directeur d’école. Autre terrain de prédilection, le culturel. Que ce soit pour les pièces de théâtre, les soirées musicales, les expositions… Tout tourne autour du religieux. «Et quand des activités d’une autre nature, une fête par exemple, sont proposées ou que la qualité d’un conférencier leur déplaît, ils ne sont pas d’accord et ils le font savoir. L’islam leur sert à la fois d’argument et de couvert», ajoute-t-il. Dans ce schéma, les administrations d’écoles ne sont ni habilitées ni outillées pour les contrer, sous peine d’être étiquetées comme anti-islamiques. «On s’adapte, on essaye d’atténuer le phénomène. Mais la déferlante est là. Le ministère de l’Intérieur tente parfois de réagir. Mais là n’est pas la solution», déclare, résignée, la même source. Ceci, à une exception près, celle de l’Ecole Mohammadia des ingénieurs où le régime militaire relègue les sensibilités politiques et idéologiques au second plan. Si les débordements ne sont pas encore de mise, certaines écoles commencent à enregistrer quelques affrontements. C’était le cas cette année à l’Ecole nationale de l’industrie minière (ENIM), où la grève d’un mois organisée pour une vague histoire d’intoxication a failli se solder par une année blanche. Principaux mis en cause, les islamistes. Il aura fallu une intervention du ministère de l’Intérieur, dont des représentants se sont réunis avec le bureau de l’association des étudiants, pour y mettre fin. Une chose est sûre, cette vague n’a rien de spontané. L’ombre des structures islamistes plane sur cette montée en puissance. Pourquoi donc un tel intérêt pour les étudiants ingénieurs? Selon un directeur d’une grande école d’ingénieurs, les étudiants présentent un double avantage. Ils sont une «cible facile» pour les chasseurs de tête islamistes. Leur profil est on ne peut plus «utile». Et d’ajouter: «Les mouvements islamistes ont besoin de s’affirmer sur le terrain politique avec des élites capables de porter leurs projets. Au terrain très fertile qu’était la misère dans le passé s’est substituée une volonté de viser plus haut en tablant sur l’avenir. Et l’avenir, ce sont les grandes écoles d’aujourd’hui».Tarik QATTAB

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